‹ Les gestes de Joffre d'Arria et de son fils Joffre le PoiluChapitre 13 sur 30 · QLT ACCOMPAGNAIENT LES COMMISSAIRES DU ROI · texte numérisé non relu

QLT ACCOMPAGNAIENT LES COMMISSAIRES DU ROI

s chevaliers catalans venaient à peine de quitter Xarbonne que l'un des chevaliers franks qui accompaijnaient les commissaires du roi interpella grossièrement le comte et marquis JofTre d'Arria, et une discussion s'éleva entre eux. <* Quoique les paroles ne soient que du vent, dit le chroniqueur, il arrive parfois qu'elles produisent un souille tellement violent qu'un chevalier né ne saurait le supporter ' » ; et les paroles du chevalier frank furent si insolentes que le comte de Barcelone dut les relever avec vivacité ; mais l'autre le prit par la barbe qu'il tira fortement et ignominieusement. Le (^omle en eut tout le sang bouleversé cl, furieux comme un sjmglier, il tira son épée hors du fourreau cl la passa au travers du corps de l'insulteur. A l'instant même, les conmiissaires royaux en prirent prétexte |)()iir dctciiir .lolfrc d'Arria comme prisonnier.

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La mission se remit en route. Comme elle approchait du Puy-Sainte-Marie, les chevaliers franks soulevèrent une nouvelle discussion ; des paroles on en vint aux coups d epée, et une efTroyable bagarre s'en suivit, au cours de laquelle Joffre d'Arria fut égorgé. Ce meurtre avait été longuement prémédité par les commissaires royaux et les chevaliers franks, tous amis de Salomon et complices de ses odieuses calomnies. Ils savaient très bien (jue devant le roi JofTre n'aurait pas de peine à se justifier, à réfuter victorieusement les accusations portées contre lui ; .lolîre était donc devenu un obstacle à leur propre sécurité ; il fallait à tout prix l'empêcher de paniître à la (^lour ; de là, le crime, l'a.s.sassinat.

Les traîtres avaient eu la précaution d'écarter le jeune Poilu dès le début de la discussion. Quand on le ramena, il trouva son père mort. D'abord saisi d'efTroi, il reprit bientôt sa tranquillité d'âme ; les larmes aux yeux, il se pencha pieusement sur le cadavre, et se dit bien en son cœur que jamais il n'aurait de joie jusqu'à ce qu'il eût tiré vengeance de ce meurtre, car sa vive intelligence avait pénétré ce qu'il y avait <le criminel dans la conduite des chevaliers franks : en un moment l'enfant était devenu homme.

Les meurtriers le conduisirent au roi Charles-le-Chauve auquel ils expliquèrent la mort du père à leur façon. Le roi fut vivement ému en apprenant que le comte de Barcelone, après avoir tué l'un de ses chevaliers franks, s'était tourné contre les commissaires royaux eux-mêmes, les menaçant de mort; mensonge infâme que personne ne pouvait démentir !

Le roi eut grand pitié de l'orphelin et le traita affectueusement.

De fait, il y avait quelque chose de vraiment poignant dans le sort de cet enfant qui venait d'assister à la mort de son père et qui se trouvait éloigné de sa mère. Charles le fit conduire chez son beau-fils Baudoin, comte de Flandre, qui fut chargé de lui donner une éducation digne de son rang*.

Salomon, qui avait armé le bras des assassins du comte JofTre d'Arria, apprit le crime avec une secrète joie ; soutenu par la cabale des courtisans, ses amis et ses sicaires, il se hâta de demander au roi, indignement trompé, la succession de la victime, et le roi la lui accorda. Quelques jours après, il quittait la Cour pour aller prendre le gouvernement du Comté de Barcelone et de la Marche de Gothie, et jouir des avantages qu'un crime heureux lui avait procurés.

' V. pr(>stament lo Rry de Franra robe lo dit infant c comaria'l al comte de Flandres, loqual rra «thm airiirh de son parf. o riiaiiali rjiio I fcs riodrir dilJK^iitmenl et nirio^a ; e axi lo infant vonc en podcr de] conilr- d»- Flatidres qui prestanient lo (rainoH a la conitcssa, sa niuller, c aqui lo dit infant se nodri VtHt: Tom«;ii. ch xxvi).

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