‹ Les gestes de Joffre d'Arria et de son fils Joffre le PoiluChapitre 14 sur 30 · DE LA FILLE DE CE COMTE · texte numérisé non relu

DE LA FILLE DE CE COMTE

audoiii était un vieil ami de JoftVe d'Arria, et son mariage avec Judith, fdle de Chailes-le-Chauvc, l'avait S. fait entrer dans la famille royale, à laquelle api)artenait la comtesse Almira; le jeune JofTre le Poilu, n'était donc pas un étranger pour eux; ils relevèrent avec les soins les plus affectueux, lui donnant toute sorte de maîtres qui trouvèrent en lui un disci|)le d'élite. Il grandit en compagnie de leur fille apj)elée (iunédilde, qui avait à peu près son âge. De fille plus belle et plus sage on n'en avait jamais vue; ([uant au jeune Poilu, il devint un merveilleux chevalier, haut de taille, fort et hardi au maniement des armes et des chevaux, et très versé aux lettres et aux sciences '.

Ce qui devait arriver arriva: un jour .loffre le Poilu et (lunédildf s'a|)er<;uient (ju'ils s'.iimaient, et ils s'ainièrcMl si bien (pic

' ilrencul. feunc rnolt «eiilil homf o «rariôn... Kou valer«)8 caviillcr e de bclla lalla /• molt Krar'iùn. «Tcrcl, Utmrl. pp. 62 et 64).

Ô4 LES GESTES DE JOFFRE d'aRRIA

la comtesse Judith, un beau matin, put constater avec une surprise mêlée d'elTroi, que sa fille était enceinte : la belle (iunédilde mit au monde un superbe garçon, et personne, à l'exception de la comtesse, n'eut connaissance de l'événement ^ L'enlant fut nourri dans le plus <,'rand secret, en dehors du palais comtal. « 11 fallait éviter la honte et le déshonneur qui pourraient s'en suivre « ; mais, à la finesse de raison la comtesse joignait une rare fermeté : « puisque le mal était fait et que le sort l'avait ainsi voulu », elle fiança les deux coupables et fil promettre sous serment au galant chevalier (pi'il épouserait sa fiancée s'il parvenait à recouvrer le gouvernement du comté de Barcelone (jue son père avait Iciui avec tant d'éclat.

Le Poilu jura loyalement sur des reliques. Cela fait, la comtesse lui annonça qu'il était libre d'aller à. Barcelone retrouver sa mère. On était alors aux premiers jours du mois de juin.

' Lo infant Ku (iriffa se enamora de una lilla que lo comte de Flandres havia, e axi maleix la donzella se enamora d'En Griffa, en tant que les amers muntaren en tant quel dit En Griffa emprenya la donzella, que no percebe nengu res sino la comlessa, sa mare, qui ho conegue (Père Tomich, ch. xxvi).

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