COMMENT JOFFRE LE POILU ÉPOUSA GUNÉDILDE, FILLE DU COMTE DE FLANDRE
ofTie le Poilu était donc comte de Barcelone par la volonté des barons, des chevaliers et du peuple catalan, mais il avait besoin du pardon et de la confirmation ilu roi de France, son suzerain et maître. Le Comte et la Comtesse de Flandre, ses protecteurs naturels, se chargèrent de plaider sa cause. Charles-le-Chauve se rendit à leurs prières, exigeant toutefois que leur protégé se présenterait en personne à la Cour pour justifier sa conduite.
Vous pensez bien que les messagers envoyés au Comte et à la Comtesse de Flandre pour leur annoncer les événements de Barcelone avaient aussi mission de demander la main de (iunédilde, leur fille, pour celui qui venait de la coiupiérir, si Ton jieul dire, à la pointe de son épée. Les négociations relatives au mariage ne traînèrent pas en longueur. Oti décida que la jeune fiancée partirait incessamment sous la conduite des amba.ssadeurs catalans (|ue .lolTre le Poilu avait eu soin de choisir parmi les |)lus brillants seigneurs de la Mar( bc d'Espagne. On leur ridjoignit des chevaliers flamands et plusieurs nobles «ianjcs, (|ui élaicnl fort belles, et le cortège |)ril la route des
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Pyrénées. La Comtesse Judilli s'alleiulril cl pleura au moment <lu départ, mais, mieux que personne, elle savait cette îîéparalion inévitable et nécessaire. I^llc avait d'ailleurs le pressentiment <jue sa lillc sérail heureuse avec son lulur époux ; c'en était assez pour la consoler.
Arrivé en vue de Barcelone, le cortège fut reçu avec les plus grands honneurs par l'évéque, par les abbés et prieurs des monastères qui étaient venus processionnellemcnl en chantant cl louant Dieu. Les chevaliers, les riches hommes, les bourgeois et le i)euple de la Marche réunis acclamaient par des cris d'admiration et de joie celte jeune princesse d'une rare beauté et que l'on savait gracieuse et bonne. Montée sur un magnifique palefroi, elle était escortée par les hauts barons. .lofTre, rayonnant de joie, marchait devant, fièrement dressé sur le i)lus beau cheval de ses écuries. Ils firent une superbe et solennelle entrée dans la Cité Comlale avec une telle pompe qu'on n'avait jamais vu la i)areille.
La célébration du mariage eut lieu le lendemain ; les tètes <Iu'on leui- fit durèicnl |)endanl huit jours; les chevaliers ei les bourgeois firent lanl et si bien (jue loul le monde en fut émerveillé.