‹ Les gestes de Joffre d'Arria et de son fils Joffre le PoiluChapitre 2 sur 30 · LE CHATEAU D'ARRIA EX GONFLENT · texte numérisé non relu

LE CHATEAU D'ARRIA EX GONFLENT

Il j)eiit considérer le Gonflent comme l'une des contrées les plus curieuses et les plus pittoresques de nos Pyrénées d'Orient. Anciennement on l'appelait Pagiis Coiifluentis et Vallis Confluenlana : ce « Pays » est, en ellel, une « Vallée », un long couloir dominé par de hautes montagnes coupées par une infmité de gros torrents qui « confluent » avec la Tet, un maître Meuve toujours mugissant et superhe depuis sa source lointaine en terre capcinoise jusqu'au défdé de Rodés d'où il s'échappe, déjà calmé, pour entrer dans la plaine du Roussillon et aller se jeter dans la Méditerranée.

Vers le milieu de sa course le fleuve traverse un puissant contrefort i\\\ Mont (^anigou pai" la formidahir brèche (ri^mhulla, où il a profondément creusé son lit, et débouche dans le vaste cirque de Ria plein de verdure et de lumière '. Sur l'un des côtés

' \.a rommune de Ria, située à 2 kilorrn''lre8 de ia polilf ville dr l'radc» Pyr»'ni''»-«-f)rifrilalr's). anr-inin*' r^pilnip du (Ittiiflf-nt. se rrmiposf ailiiclloineiit du hameau de Sirarli, du rjuarlier dit l.a l'ont el de l.a l.hsxii qui rcprésfiilo i'anrien Arrinnnm : ou l'appelle aussi « Le Vieux Ria ». Pincé en amptii- Ihf^àlre, il Hemhle collé coiilre le rocher; avec ses rues étroites, sinueuses, r8lK»leu«ir»t f| déclive»», avec si-s toits plats d*- tuiles routes, ronn<-ps par le ««deil. el Hcs façades scinlillanteK de clarté, il forme un aniasln-s piltoresquo laiil M>H maison» H'<-Hcalad<-nl W-h unes let^ autres.

10 Li:S GESTES DE JOiFRE DAUIUA

du cirque se dresse une colline de Icinle cendrée qui s'élève à une grande hauteur par une i)enle abrupte et rai)ide, bien exposée au soleil ; au bas se groupent (luckpies touiFes d'arbres ; j)kis haut, (les vignes s'échelonnent, |)uis il n'y a plus que le roc et la terre, i)la(|uée çà et là de land)eaux d'une rare et maigre végétation qui manque de souille |)our atteindre le sommet. La colline s'allonge de l'Ouest à l'Ksl, mais bientôt elle s'afTaisse, s'arrondit et s'éj)anouit en un large éventail ; tandis que d'un côté elle se couvre de cultures étagées et d'arbres qui se groui)enl par masses, de l'autre elle se relève en un ressaut tout hérissé de rochers, formant un monticule prescjue isolé qui s'avance en manière de i)rom()ntoire entre la Tet et la rivière de (U)nat, dominant ainsi les deux vallées.

Au sommet de ce monticule escarpé les Romains conquérants du pays bâtirent un j)oste fortifié : ce fut le Castclluin ou (Aislnini de Arriniw. Augmenté plus tard et aménagé en demeure seigneuriale sous la domination des (ioths et des Franks, « le Château d'Arria », protégé par une double circonvallalion, devint l'une des |)rinci|)ales forteresses du Conllent.

Du haut de la loui' carrée du (jisiclliim romain il était facile d'observer les environs et, surtout, de surveiller la ViaConfhicnl(ina (Houte du C.onllent) cpii |)assait en bas, à une portée de llèche, pour s'enfoncer aussitôt dans le délilé d'Kmbulla, eq côtoyant la Tet. Cette Vid, — on disait aussi Stidtd au ix' siècle, — toujours bien entretenue depuis la domination romaine, était l'unique voie de communication entre le Comté de Houssillon (jui touchait la Méditerranée, et le Comté de Cerdagne qui, par létroite et sinueuse vallée du.Sègre, ouvrait l'accès de l'Espagne

intérieure. Le seigneur il'Arria tenait donc en son pouvoir la clé de l'un des principaux passages des Pyrénées catalanes.

Sur la pente du monticule que couronnait le chàteau-fort avait poussé un petit village, la Villa de Arriano, aujourd'hui « Ria ». Les habitants l'appellent La Llissa (La Lice^, et ce nom, qui ne dit rien pour eux, est un souvenir des antiques défenses du Castrum de Arriano. Vers le milieu du xvi*" siècle, les Bénédictins de l'abbaye de Saint-Michel-de-Cuxa. devenus seigneurs d'Arria, firent construire, au pied de la tour primitive, une maison fortifiée qui prit le nom de « Château d'Arria » ; ce château, quelque peu défiguré, existe encore, mais il faut bien se garder de le confondre avec le château-fort du Haut Moyen Age dont il ne leste que des vestiges à peu près insignifiants.

LE CHEVALIER .lOFERE D'ARRIA ET SES ANXÈTRES ;

IL ÉPOUSE LA PRINXESSE ALMIRA,

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