‹ Les gestes de Joffre d'Arria et de son fils Joffre le PoiluChapitre 4 sur 30 · LES SARRASINS ENVAHISSENT LE ROUSSILLON ET LE GONFLENT · texte numérisé non relu

LES SARRASINS ENVAHISSENT LE ROUSSILLON ET LE GONFLENT

l's Sarrasins avaient repris aux Chrétiens les villes de Barcelone, de Girone et d'Empories, repassé les ports des Pyrénées orientales sous la conduite de l'émir Muza- Aben-Hazin, et fait une invasion rapide et dévastatrice jusqu'aux portes de la cité de Narbonne. De jour en jour de nouvelles colonnes de cavalerie africaine débouchaient aux environs de la ville épiscopale d'Elnc et se répandaient dans le Uoussillon, à peine remis de récents pillages. Les villages furent encore incendiés, les moines dispersés ou massacrés, les récolles détruites ; les populations fuyaient, épouvantées, vers les montagnes les plus inaccessibles ; tout retentissait du cii de « la guerre Sainte »» poussé par les hordes païennes.

I^ nouvelle de cette invasion ne tarda pas à pénétrer eu (lonllent. .loffrc se trouvait alors au Château dArria avec la princesse Aimira dont la grossesse était fort avancée. Il eut lonl desuilc le sentiment très net i\u danger (jui menaçai! son |)avs ; il publia donc aussitôt sori ban de guerre. I.cs honnnes du ConflenI, sous la conduite de leurs barons, accoururent sans <lélai au rende/.-vous ; il en vint au.ssi du Rase/., du Nallesjjjr cl

18 LES GESTES DE JOHUE D AUUIA

<lc la C.crdagne ; les Ccrdans avaient le jîliis grand inlérèl à rejoindre rarméc de .lolTie, car il était visible que l'intention de l'ennemi était d'atteindre leur pays en remontant la vallée de

la Tel.

Les ordres de .lollre lurent exécutés avec la plus grande promptitude: au jour fixé, barons, cbevaliers, prélats, bourgeois et autres bonimes se tiouvaient réunis dans la plaine de Pratas, où s'éleva i)lus tard la petite ville de « Pradcs », mais où l'on ne voyait, à cette épo(pie, qu'une cellule agricole appartenant aux Bénédictins de l'abbaye de La Cirasse. Certes, ils n'étaient j)as aussi nombreux que les Sarrasins les soldats de Jofl're, mais l'amour de la liberté et l'exaltation religieuse qui les animaient décui)laient leurs forces. Tous, cavaliers et gens de ])ied, étaient excelleninient armés : ils portaient de fortes piques, de longues lances et de bonnes épées bien affilées sur un grès ; la pluj)art des piétons avaient suspendu à leur cou des liacbes au large tranchant (jui allaient abattre des hommes comme elles avaient abattu des pins et des sapins dans les épaisses forêts du ('arlit et du Canigou.

Ainsi que .lollVe l'avait prévu, les Sarrasins ne tardèrent pas à se labaltre sur le Contient. 11 lit avancer son armée jusqu'à hi plaine de Vinta où elle se déploya, les gens de pied en avant, les cavaliers en arrière ; puis elle marcha en colonnes serrées pour s'établir sur la chaîne de collines qui mar((uait la limite du Confient et du Koussillon. Cette chaîne est coui)ée, sous liodès, j)ar l'étroit défilé où coule la Tet, et, en avant de Boule, |)ar le col de TcrrdiicrcL où passe la route du Confient. C'est ici (ju'il fallait, coûte (jue coûte, arrêter et détruire l'armée de

Témir. De l'autre coté du col, celui-ci avait planté ses tentes dans la fertile et riante plaine d'ille ; du haut du rocher escarpé de Rodés, où le général catalan avait étahli une compagnie d'archers, les guetteurs apercevaient les myriades de Mores aux turbans et aux burnous blancs, caracolant ])armi les tourbillons de poussière sur leurs cavales échevelées,

JofTre distribua à ses barons le commandement des bataillons et disposa les troupes pour le combat.

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