IS£MENTS DE MERGUEE
de Suinsun et les vallées adjacentes, qui ne font qu'un toat en partie seulement, recouvert par les eaux. La plus large vallée est celle de Santa Clara ou de San José, dont la baie de San Francisco, grand bassin oblong et entouré de hauteurs, est le prolongement vers le nord. La vallée et la baie sont comprises entre deux divisions très-nettes des Goast Ranges.
A l'ouest, se trouve la chaîne qui borde immédiatement le rivage de FOcéan; elle reçoit parfois le nom de Santa Cruz Range à partir de la baie de Monterey, au sud. Elle longe la vallée de Santa Clara; puis, vers le nord, diminuant de hauteur et de largeur, forme l'arête de la péninsule effilée qui sépare la baie de San Francisco de la mer enfin plonge sous les eaux , sauf quelques cîmes formant îlots; mais émerge aussitôt, s'élevant à 779 mètres au mon Tamalpais, et se poursuit vers le nord. Cette interruption apparente de la chaîne est la seule ouverture ménagée le long de la digue naturelle ; c'est la Porte-d'Or (Golden Gate\ large seulement de i'',5 et longue de 8 kilom., entrée de la bûe de San Francisco, au sud^ et des baies de San Pablo (*) et de Suinsun, au nord.
D'autre part, à l'est de la baie de San Francisco et de la vallée de Santa Clara, et à l'ouest de la vallée du San Joaquin, se trouve la seconde chaîne des Coast Ranges, partant de la baie de San Pablo, au nord, et se dirigeant vers le sud-ouest jusqu'à SG'^So' de latitude environ ; elle est appelée Monte Diablo Range (chaîne du mont du Diable), du nom de la niontagne et du pic qui la terminent au nord« Le pic du Monte Diablo est remarquable plutôt par sa position isolée et pittoresque que par sa hauteur, qui est de 1 . 167 mètres (**). De son sommet, on jouit
(*) C'est dans la baie de San Pablo que se jette le Sacramento, ayant déjà reçu les eaux. du San Joaquin.
(«*) .Dans la même chatne, le mont Hamilton a u33s mètres, et le San Carloa 1 .ûgS mètres.
DB CALIFORNIE. 7
d'iîne Vue fort étendue; VcAl va du mont Bamiltoni an 'sud, jusqu'aux pics des bords du lac Glear, au Nord; de l'océan Pacifique, à l'ouest, jusqu'à la Sierra Nevada, à l'est : il embrasse ainsi plus de 16 millions d'hectares.
San Francisco, la jeune métropole de la côte Pacifique (*), est située à 37*48' de latitude nord, à quelques kilomètres au sud de la Porte- d'Or, sur le versant oriental de la péninsule, au bord de cette baie magnifique, port naturel, vaste et profond, facile d'accès et abrité par les hauteurs environnantes. Le climat si remarquable et si vanté de la ville et de sa banlieue est dû à l'action des courants marins et des vents de l'Océan, dont l'influence se fait sentir sur toute la côte californienne. Ces vents sont arrêtés par le rempart des Goast Ranges, et l'intérieur du pays perd en eux un rotateur de température. Passant par la Porte-d'Or, ils se répandent en brises humides dans la région adjacente à la baie de San Francisco, où le climat est (ies plus tempérés, le sol riche, les eaux abondantes, tout favorable à la végétation, où l'on trouve les vallées les mieux cultivées et les plus fertiles : c'est le jardin de la Californie. A San Francisco même, la température varie peu de l'hiver à l'été ; Thiver, sans neige et sans gelée, est la saison des pluies ; en été, pas de pluie, mais des brouillards et rarement le soleil. Certains jours de juillet, le voyageur, qui arrive de l'Est par le train transcontinental, est saisi d'étonnement, quand, après avoir descendu rapidement le versant oriental de la Sierra, aux sites pittoresques et bcHses, et passé au milieu. des grandes exploitations hydrauliques des graviers aurifères, il trouve, au travers de la grande plaine de Californie, jaunie par les moissons qui s'étendent à perte de vue, des chaleurs lourdes d'été ; puis, auprès de la baie de San Ff ancisco et à Oakiand (**) , parmi
{*} En 1876 , San FraHcisco comptait plus de 175.000 .habltanti et couvrait près de 11.000 hectares.
(^) On sait qo*Oakland est située vi»4*vis deSanFraoefsoô, sOr
.8 6ISEVERTS DE IIERGCRB
le3 yillafi et les fleurs, une brise fraîche et uu soleil g^ ^ printemps; enfin, à San Francisco même, sinon le froid, du mpii^s les brumes de rhiyen
APJîROUGÉOLOGiaUE.
La géologie des Coast Ranges est encore bien imparfaitement connue. Les formations sédimentaires, qu'on y a déterminées jusqu'à ce jour, appartiennent aux terrains crétacé, tertiaire et postérieurs; les fossiles sont rares ou font défaut ; les couches du crétacé sont souvent métamorphiques. Ces formations ont été plus ou moins relevées et plissées, le principal soulèvement du système semblant avoir eu lieu vers la fin de Tépoque pliocène. Elles ont été i'ecoupées par de nombreux dykes éruptifs et recouvertes en certaines régions par des coulées volcaniques. Nous signalerons les serpentines plus ou moins nettes, qui affleurent en abondance tout le long des Coast Ranges et au sujet desquelles règne une grande confusion : ce nom est appliqué tantôt à des roches éruptives, tantôt à des schistes métamorphiques.
Les Coast Ranges ayant été mieux étudiés au voisinage de la baie de San Francisco, nous décrirons brièvement la géologie du Monte Diablo et de ses environs.
La masse centrale de Monte Diablo est formée de roches métamorphiques et entourée de tous côtés de roches nwmales. Elle a environ 6"'",5 de long et a"'",» de large; Elis affecte la forme d'un croissant irrégulier dont la concavité est tournée vers le nord-nord-est. Le milieu du crmasant est en grès métamorphique très-dur, avec beaucoup d'épi-
la rive opposée de la baie ; c*est Tavast dernière station 4u C^trai Pacific Railroad, qui continue sur estacade jusque versée, milieu de la baie, large en ce point de mc^ns de lo kilomètres. Le débarcadère est relié à San Francisco par un service de ferry-
DB GàtIFORNIB» ^
4ote*, les ^epx pointes, qui constituent le pic nord et le pic principal du Monte Diablo proprement dit, sont en jaspes et schistes siliceux. Çà et là on rencontre, en sous-ordre, des schistes serpentineux et des micaschistes avec grenats et zircons. Le grès métamorphique du noyau central est foncé, cristallin, dépourvu de stratification. Les jaspes du pic nord s'observent clairement sur son versant nord; leur couleur varie du rouge brique au rouge vermillon ; les couches, minces et contournées, plongent vers le nord et ont une direction est^uest; en les suivant, on [les voit passer à des schistes inaltérés du terrain crétacé, avec ammonites, inoceramus, etc., dont ils dérivent sans aucun doute. Le pic principal, au sud, est formé du même jaspe, sillonné en tous sens par des veines de quartz et contenant parfois de l'épidote^ le plongement a lieu vers le nord, et la direction est à peu près est-ouest; à 3 kilomètres vers r ouest, on remarque, dans un ravin étroit, des couches minces et régulièrement plissées de jaspes alternativement rouges et verts, et plus loin, dans la môme direction, on trouve d'autres roches métamorphiques, puis les schistes inaltérés. La serpentine est fréquente au nord ainsi qu'au sud de la montagne; ainsi, sur le versant nord du pic nord, elle forme, au contact des jaspes schisteux, une lentille de 3 kilomètres de long sur 800 mètres d'épaisseur; Tintérieur du croissant, entre les deux pics, est creusé dans de la serpentine tendre et peu caractéristique. — Notons, au nord-ouest de la montagne, un énorme amas de tuf calcaire, évidemment déposé par une ancienne source chaude.
Le Monte Diablo est entouré de couches inaltérées, en général fortement relevées ; ce sont d'abord des schistes, où sont intercalés des lits minces et discontinus de marnes , et dans lesquels on trouve des fossiles caracté-> ristiques du crétacé ; sur ces schistes reposent des grès avec quelques rares fossiles du crétacé supérieur. Les
10 gisemeuts de mergube
schistes tendres ont donné lieu à des vallées entre les murs de grès plus résistants; ainsi au nord du Monte Diablo, on rencontre une vallée occupée par les schistes, puis des collines formées par les grès en assises puissantes. Plus au nordt on a exploité des bancs de lignites (i4 p. ïoo d'eau, 1 à 6 p. 100 de cendres, très-peu de soufre) dans les grès du crétacé supérieur; ces couches portent la trace de dislocations postérieures à leur dépôt.
Continuant vers le nord, on traverse des formations plus récentes. Sur les strates carbonifères susmentionnées repose une grande masse de grès avec quelques schistes siliceux interstratifiés ; ces couches, très-pauvres en fossiles et d'âge incertain, forment le passages du crétacé au tertiaire et occupent la place de l'éocène, qui fait défaut. Les formations miocène et pliocène sont développées dans cette région; le miocène est représenté surtout par des grès, qui forment des bancs très-puissants vers le bas de la série ; au-dessus, les couches du pliocène, moins épaisses» mais plus fossilifères, renferment des fossiles marins, des empreintes de feuilles et du bois fossile silicifié. Ces strates sont recouvertes par des lits stratifiés dé matières volcaniques, telles que cendres et ponces, évidemment remaniées par les eaux ; ces dépôts forment une série de collines arrondies sur le bord oriental de la vallée du San Joaquin. Au-dessus se trouvent des lits de graviers, sans doute post-pliocènes, d'épaisseur variable et considérable, passant graduellement aux dépôts modernes de la vallée. Dans cette région, toutes les couches depuis le crétacé jusqu'au post-pliocène plongent vers le nord, mais de quantités variables.
Les roches éruptives sont surtout abondantes au nord de la baie de San Francisco (*) ; nous signalerons de grandes
(*) n existe dans les Goast Ranges beaucoup de roches éruptlFos
m CAIiPOSlfXE. ti
masses de serpentines avec accompagnement éventuel de quartz résinites, et des coulées considérables de tracbytes et d'obsidiennes avec tufs et ponces, de laves basaltiques avec cendres et scories. Ces coulées, relativement récentes, forment une série presque continue de nappes depuis la baie de Suînsun vers le nord-ouest jusqu'au lac Glear, et au delà. Le point culminant de cette partie des Goast Ranges est le Mount Saint-Helena, haut de i.3o3 mètres, cratère éteint qui s'est épanché vers le sud et le sud-est. Toute cette région volcanique est encore en activité et possède d'innombrables sources thermales.
, Nous ne ferons que citer les sources de la vallée de Mapa, à l'est et au pied du mont Saint^Helena. Mais nous dirons quelques mots des «geysers », qui se trouvent au nord-ouest, dans les gorges tributaires de la vallée Busse; ils méritent à peine leur nom et ne sont pas comparables aux geysers gigantesques du Yellowstone National Park (parc national jaune), dans le Wyoming, États-Unis, contrée récemment explorée et décrite par le D' F. V.. flayden, ils offrent cependant un certain intérêt, et sont visités cbaque année par de nombreux touristes, qui traversent la baie en bateau à vapeui* de San Francisco à Yalejo (4o kilom.), remontent par le Napa Valley Railroad jusqu'à Calistoga (70 kïlom.) et achèvent le trajet en voiture (45 kilom.). Les uns sont rangés au fond d'une gorge étroite (à 5io mètres au-dessus de la mer), les autres disséminés sur le versant d'une colline. Leur débit augmente avec les pluies, mais n'est jamais considérable. Ce sont tantôt des sources ou jets d'eaux chaudes de quelques pieds de hauteur, tantôt de simples jets de vapeur. Ces eaux et vapeurs ont une température variable et n'atteignant pas
qui n'ont pas encore été signalées. Nous citerons une roche intéressante, composée, d'après M. Michel Lévy, de glaucophane, de smaragdite.et de grenat, c'est l'analogue des roches à glaucophane de i'tle de Syra et de la Nouvelle-Calédonie.
IS GISEMBHTS DC MEtCURE
»oo^ ; ellesT sont chargées d'Àydfogène sulftir$^ dVid^ sqIftnrei», etc., et tiennent en dissolution des sels de soude, d'ammoniaque, de fer, de chaux, de magnésie^ etc. Tons ces sels se déposent, ainsi que le soufre natif, sor les flancs dé la gorge : d'où des colorations vives et variées. Les roches avoisinantes, formées de grès métamorphiques ei de schistes quartzeux (crétacé), s'altèrent rapidement; il ne reste en certains points que des squelettes cte quartz.
Les environs du lac Gtear sont sillonnés de coulées voleraiques, qu^accompagnent des sources thermales» Ce lac est à une centaine de kilomètres au nord-ouest de la baid de Suinsui» et à une soixantaine à l'est de TOcéan Paciftque. II a 4o kilom. de long, son grand axe N. O.-S. E. est parallèle à la direction des couches (crétacé) de la contrée. La moitié septentrionale est circulaire et entourée de collines élevées; la moitié méridionale forme un bras étroit, n'ayant à i3 kilom. de son extrémité que i kilom. de large ; la largeur changeant brusquement vars le milieu, le lac fait un angle rentrant, qui est occupé par YUnele 5am, montagne en grès métamorphique, haute de jSo mètres et plongeant à pic dans les eaux du lac. Au sud-ouest et au sud-est, les bords sont couverts de roches volcaniques.
Au sud-ouest, le lac Glear est séparé par des colline peu élevées en obsidiennes, ponces et scories, d'une dépression occupée par un petit lac où on a trouvé du borax. Les eaux contenaient 4*»S de borax par litre; le fond du lac était recouvert d'une boue bleuâtre de o",5o d'épsdsseur avec cristaux de borax irrégulièrement disséminés {*),
(*) Ce beau gisenxent de borax, découvert en i856, fut exploité pendant une dizaine d^année; en i865, il produisit 360 tonnes; en iSyô^il fournissait journellement a,5 tonnes; mais un malen- •ontreux trou de sonde, pratiqué au fond du lac dans Tespoir de rencontrer les sources de borax, recoupa une venue considérable d^eau ordinaire, qui envahit le lao et retendit t^lmneat qu'il d»*
M CMtfMMi. tS
6«!feitALIt£S.
Le pn^rcwe se i^bcoblre à rintérieur et mx wimAge d'une JTOM êçhUîmm ^ CoaU Rangts^ d'éttndaàt sur pks de 600 kilomètres de longueur de part et d'aulre de la baie de Saû Franeieco, jusqu'aux comtés de San Lmis Obispo au sud et de Trinity au nord. Les éêrpentines apparaissent plus ou moins tout le long de cette zone, et près de tous les gisements cinabrifères (*)k La compontion et l'allure de la zone elle-même ont été rendues fort complexes par les actions métamorphiques et mécaniques. On y trouve des schistes talqueux, micacés, quartteux, des roches serpent
Tint impossible d*ea retirer le borax économiqaement, surtout depuis la dédouvérte des grands gisements du Nevada et de la Californie méridiefiale.
L*acide borique, libre ou combiné» se renoontare communémevt sur la côte Pacifique.
On en trouve plus que des traces dans les eaux de TOcéan, le long des rivages de la Qalifdrnie 'et de l'Oregoo. On en trouve au Nevada, dans les eaux alcalines des lacs Mono et Owen, au fond desquels il doit y avoir des cristaux de borax. Non loin de là, on connah et on exploite des dépôts salins, occupant de vastes étendues à la place d*ailclens lacs aij^ourd^faui desséchés; nous signaleif^tlâ le marais Golumbres, situé à 38*5 de latitude nord et 108* de longitude ouest, ayant 16 kilom. de long sur 11 de large; ces dépôts contiennent du sel ordinaire, du sulfate de soude, du borate de chaux (ulexite) et du borax; en les dissolvant à chaud et les faisant cristalliser par refroidissement, on en retire tout l'acide borique à Tétat de borax brut. On connaît enfin, au sud-^est de la Californie de vastes dépôts alcalins, renf^mant du borax en quantités variables.
San Francisco reçoit aujourd'hui plus de s.ooo tonnes de borax par an, et les expédie en majeure partie dans les états de la côte Atlantique et en Angleterre.
(*) La roche à glauoophane, déjà citée, accompagnerait égale^ ment 1^ gisements de mercure.
l4 CISEIIE1IT8 DE MERGUEB
tineuses, des argiles, des grès, des roches calcdres et dolomitiqueSf etc. Au centre, entre la bûe de San Francisco et le lac Glear, dans la région déjà signalée autour du mont Saint Helena, les dykes éruplifs, les larges affleurements de serpentine, les grandes coulées tracbytiques, basaltiques, et autres, semblent rompre la continuité de la zone schisteuse et donnent une grande irrégularité à l'apparence extérieure des collines. Les couches portent la trace d'un froissement longitudinal ; certains bancs ont été arrachés et sont enclavés dans d'autres ; l'allure devient parfois méconnaissable. On peut dire qu'au sud, les couches plongent de 60*» à 8o% et au delà, vers le nord et le nordouest ; au centre, sont presque horizontales ; au nord, plongent de 4o* environ vers le sud et le sud-est : elles forment ainsi un bassin irrégulier et oblong, au centre duquel se trouvent le mont Saint Helena et une portion du comté de Sonoma (au nord de la baie).
Toute la zone considérée est plus ou moins imprégnée de mercure, généralement à l'état de cinabre ^ parfois natif (*) aux affleurements. Le cinabre se rencontre rarement en beaux et gros cristaux (**); les cristaux sont, comme d'ordinaire, des rhomboèdres basés, sauf dans quelques échantillons, où se présente une forme nouvelle, découverte par M. E. Bertrand, savoir un prisme hexagonal allongé avec pointement rhomboédrique {***). Il existe
(*) Mines de Rattlesuake (comté de Sonoma), de VFall Street (comté de Lake}» etc.
(**) Les plus beaux échantillons viennent des mines de Phœnix et de Redington (comté de lake).
(♦♦♦) Un échantillon, provenantdela mine de Redington^ présentait du cinabre d'un rouge. vîf, en aiguilles fines et cr^tallines, sur du métacinabne noir, M. £. Bertrand a trouvé que ces aiguilles étaient formées par la combinaison du prisme hexagonal e^ qui n'avait pas encore été signalé, arec le rhomboèdre a" (R A Rzs 929 56'). Angle de la face a** et du clivage e* : raesuST, i36* 61'; calculé, i3e*36' {Zeilschrift fur Krystallographie, Groth, H, a, 1878).
DB GALIfORNIE. \i
f!kV^9 en Californie, une variété dimorphe du cinabre^ appelée mitacinabre par M. J. E. Moore (*). Enfin, on y a signalé des séléniures de mercure.
Le mercure et ses minéraux sont associés dans les Coast Ranges à des quartz calcédoines et risinites (sous diverses formes); — à des pyrites et sulfurei métalliques (souvent décomposés) et à du soufjjrel ^<— à des bitumes^ huiles mi-: nirales et substances bitumineuses (abondantes et variées; nous mentionnerons Fara^caïe (**) et la posepnyt (***), nouvelles espèces bitumineuses trouvées en Californie) ; -— à des émanations actuelles d* acide carbonique ^ d'Aydrocar-; bureSy etc. (et parfois à. des souVces thermales minérales, à des suffionis d'ecide borique, à des solfatares, etc.).
Les gisements de mercure de Californie offrent une grande complication résultant de l'irrégularité de leur allure et de la multiplicité des roches cinabrifëres. Ce sont
Les mômes aiguilles de cinabre se voient dans du quartz agathe de la mine de Phœnîx.
(*) Le métacinabre se rencontre h Redington et dans quelques autres mines de Californie. Il a la môme composition que le cinabre (HgS) et les mômes caractères au chalumeau; il en diffère par son état généralement amorphe» sa couleur gris noîre^ sa rayure noire et son éclat métallique; il est opaque, môme en plaques minces. Il se présente parfois en cristaux, mais très-petits ou fortement mâclés. Il appartient, sans dOute, au prisme oblique ou doublement oblique.
(**) L^aragotite, nouvel hydrocarbure volatil, a été trouvé par 11. Durand en écailles jaunes, dans une dolomie siliceuse de New Almaden et sur du cinabre de Redington. Il ne contient ni arsenic, ni soufre, ni aucun métal ; il est insoluble dans l'essence ordinaire, Talcool et Téther.
{^^**) M. F. Posepny a observé sur les parois intérieures de la mine de Great Western (comté de Lake), une substance bitumineuse jle couleur et consistance variables, verdfttre et assez dure, ou blanche, jaune, brune et gélatineuse. Il a montré que cette substance était un produit d'oxydation avancée, savoir un hydrocarbure analogue k la paraffine, fortement altéré; la partie oxydée, seule soluble dans Téther, a la formule définie CH'*0* : c*est à ce ^composé qu*a,été donné le nom de posepnyt, {Veràandlungen der K.K. Œster. geologiichen Reichsanstalt^ 1877, n* 8).
Dig^ized by VjOOQIC
l6 GISUlMtt M HbMCBE
fclJ^itttéHétteiit dèd gttes imprégnation dans léis teOtStA trétatléSt pakfois danâ les terrains tertiaires {*) ; ils isebibte&l d'autant plus riches que les couchés sont ][)lus schisteoœs et plus métamorphiques; ils sont plus ou moins nettement eu relation avec des serpentines, qui sont elles-mêmes imprégnées où non. Où trouve le cinàbrè le plus souvent daâs des schistes taîqueux et argileux^ fréqueinthent dicompoiis et chargés Sàùtydès de f^; d'autres fois dans des schistes quartzeux^ dans des gr^; plus tàtéïùlènt dans dëà roches Mcdires et deà eàkaites btéchiforines, etc. On rencontre te mercure natif dans certdnes roches magnésiennes prèà de la sutface. ïl n'y a pas fente nette, ni filon proprement dit. Le cinabre, avec quartz, pyrited, âubstances bitumineuses, tantôt est disséminé dans la roche en particules très-fines et en mouches ; tantôt la sillonne de veines et y occupe des nids. Leà paiiies ainsi iiùprégnéed se groupent et forment des zones riches, dont la puissance atteint parfois i5o mètres et la teneur en mercure 35 p. loo, ou planes comme des filons^ ou lenticulaires comme des amas, se conformant, pour la direction et l'inclinaison, soit à l'allure ddï couches imprégnées elles-mêmes, soit plutôt à celle de l'ensemble de la zone schisteuse. Ces zones riches, sans limite bien nette, passent graduellement à des zones pauvres, contenant depuis i/a p. loo jusqu'à des traces de mercure, parfois trés-développées, mais sans valeur pratique. Tels tont la plupart des gttes des Goast Ranges ; nous Citeronà, du sud au nord, Oceanic (comté de San Luis Obispo), New Idria (comté de Fresno), New Âlmaden et Guadalupe (comté de Santa Clara), Saint-John (comté de Solano), etc.
Les quartz risinites ou opales réstnoîdes, qui sont toujours associés au cinabre, peuvent prendre un grand développement et se présenter en masses considérables, être
(*) D*aprèfli M. V^ithûey, on trouve, danà le Sierra Nevada, le mercure dans les terf ains tl'iasiques.
DE GALtroimi. 17
imprégnés de cinabre, contemporain ou plus souyent postérieur, avec pyrites et substances bitumineuses, et former alors une catégorie spéciale de gttes; comme à Redington et Manhattan (comté de Napa) , Galifornia et Great Western (comté de Lake) , etc. Ces quartz, généralement trës-fendillés, renferment des veinules métallifères s'entre-croisant en tous sens et des druses tapissées de cristaux de cinabre. Le minerai occupe des zones capricieuses, le plus souvent au contact des terrains encaissants ; il forme des amas entrelacés, que nous comparerons aux siocktoerks de certains gisements d'étain d'Angleterre et d'Allemagne. Les quartz résinites cinabrifères accompagnent habituellement des serpentines : la relation apparaît clairement à Redington. Ces serpentines éruptives sont probablement oligocènes.
Le cinabre peut encore se rencontrer accidentellement dans des trachytest obsidiennes^ basaltes^ etc., plus ou moins décomposés, dans leurs cendres et leurs scories. Ainsi à Sulphur Bank (comté de Lake), on exploite une coulée trachytique, sans doute post-éocène, devenue cinabrifère.
Certaines geysérites et des dépôts modernes, calcaires ou siliceux, concrétionnés et provenant d'anciennes sources thermales, sont colorés par du cinabre. Enfin, il existe actuellement des geysers et sources thermales en aciivitit qui amènent au jour du cinabre; ainsi, près de la Californie, au Nevada, dans le comté de Washoe, les Steamboat Springs. Ces geysers émettent des vapeurs abondantes et déposent à la surface une silice poreuse et en partie cristalline, avec soufre et cinabre, dont la teneur n'est pas tellement basse qu'on n'en tire parti depuis quelque temps : c'est un gisement de mercure en formation et en exploitation (*).
(*} En Islande, sur les bords de la cuvette du grand gejser, M. Des Clolzeaux a recueilli du mercure coulant et de lageysérite avec géodes tapissées de cristaux de cinabre. — En Nouvelle-Zélande, aux environs de Ohaiawai, il y a également, d'après M..Liversidge, de Sydney, des sources chaudes, qui sont mercurifères et cinabrl-
i8 GisEM£irrs de mbrgure
On peut [supposer que Yire des émanations mercurielles le long des Coast Ranges a été ouverte par les éruptions de serpentines (entre Féocène et le miocène?). On peut affirmer qu'elle s'est poursuivie jusquà Vèpoque actuelle^ et que ces imanationt ont aujourd'hui même uh dernier et faibU éehoi Eïles ont trouvé accès dans les roches les plus diverses» sédimentaires avant ou après métamorphisme^ éruptives avant ou après décomposition, grâce aux fissures et crevasses des unes» grâce à la porosité des autres. Après ud premier dépôt, les minéraux du mercure peuvent avoir été sublimés de tel point dans tel autre, et, vu leiir volatilité, avoir imprégné après coup des régions fort étendues.
MINES DE NEV^ ALMADEN
New Almaden, première en date comme en importance parmi les mines de metv^ure de Californie, est à une centaine de kilomètres au S.-E. de San Francisco (les trois quarts de la distance, de San Francisco à San José, 'sont parcourus en chemin de fer). Elle se trouve, ainsi que les mines voisines d'Ënriquita et de Guadalupe, dans ime petite ramification de la Santa Gruz Range, ayant pour point culminant le mont Ghisnantuck (537 mètres). On rencontre dans ces montagnes des roches métamorphiques et sans fossile, qu'on suppose crétacées par comparaison lithologique avec d'autres roches des Coast Ranges : ainsi, les schistes siliceux et les jaspes, qui forment plusieurs sommets et, en particulier, la cime du mont Chisnantuck^ sont identiques à ceux que nous avons décrits au Monte Diablo ; le cîdcaire métamorphique, qui occupe une zone puissante et discontinue, avec ou sans stratification, est la noLême que lé calcaire, reconnu crétacé, du mont Black. On trouve quelques fossiles tertiaires, par exemple dans les grès inaltérés da
fères. — Près de Naples, à la solfatare de Pouzzoles, M. deChancourtois a trouvé, à la bouche de la principale fumerolle, une incrastation de cinabre et de réaigar.
DE CALIFORNIE. ig
mont Umanhum. On voit de nombreux affleurements de serpentines.
La colline, qui renferme les gîtes de New Almaden, est composée de couches métamorphiques, sans doute crétacées, savoir : des schistes noirs et argileux, souvent altérés et très-ocreux, des schistes blancs avec chlorite terreuse, des schistes talqueux, des schistes quartzeux et jaspes, des quartz ferrugineux, des grès gris ou verdâtres, des calcaires blancs ou noirs, des brèches calcaires, etc. Ces couches ont perdu toute stratification ou à peu près; elles sont traversées par des serpentines, parfois compactes et caractéristiques, au contact desquelles les roches sont devenues magnésiennes. Le cinabre, rarement cristallin, accompagné de pyrites et d'oxydes de fer, mais surtout de bitumes, solides ou liquides, imprègne sans loi apparente une grande diversité de roches. La gangue la plus fréquente, surtout près de la surface, est un schiste argileux, fortement décomposé et ferrugineux ; en profondeur, ce sont des schistes variés, blancs ou verdâtres, des grès, des roches calcaires, etc. La roche est fréquemment sillonnée de petites veines de calcite, avec quartz, filets serpentineux, bitumes (dans les géodes cristallines), etc. , lesquelles recoupent les veines de cinabre ou englobent ses débris. L'imprégnation forme des amas lenticulaires, et ceux-ci, dans leur ensemble, affectent généralement la forme d'un filon îrrégulier. Il y a d'habitude un toit bien défini, mais pas de mur. Les plus riclies concentrations de minerais se trouvaient au contact df toits réguliers et polis, formés de serpentines ou de schistes talqueux, non cinabrifères.
Les premiers travaux d'exploitation de New Almaden furent ouverts, en i845, près du sommet de la colline, à 5 12 mètres au-dessus de la mer : c'est à partir de ce point que l'on continue à compter les niveaux des mines. L'ancienne mine, en grande partie inabordable aujourd'hui, a une étendue en plan de 65o mètres du nord au sud et de
SO GISEIfENTS DB MEEGURE
36o mètres de Test à l'ouest, et une profondeur de t4o mètres. Elle présente une irrégularité inextricable. Les amas de minerai, sans loi entre eux» variables en direction, inclinaison et puissance, ont été t^nlevés plus ou moins complètement, et à leur place se trouvent des chambres parfois très-grandes. On distingue trois groupes principaux d'anciens travaux : sud-ouest ou de San Francisco, central et nord. Le groupe nord comprend deux branches, l'une nordouest ou de Santa Bita ^est, l'autre nord-est ou de Yelasco, lesquelles se réunissent vers le sud et sont reliées au groupe central par les travaux de Great Santa Rita. On peut dire qu'en plan les travaux du groupe nord et de Great Santa Rita ont la forme d'un T, dont les deux branches supérieures seraient tournées vers le nord-ouest et le nord-est et le jambage inférieur vers le sud. L'amas cinabrifère de Great Santa Rita est le plus grand et le plus riche qui soit relaté dans les annales de New Âlmaden. Il était lenticulaire et presque horizontal ; il avait environ 90 mètres de longueur suivant le N.-N. 0., s4 mètres de largeur et 9 mètres de puissance. Exploité de i865 à 1868, il fournit un minerai dont la teneur moyenne en mercure ne fut pas inférieure à s 5 p. 100; la teneur de certaines parties atteignit 60 p. 100 et près de 70 p. 100. Le Puils Principal de l'ancienne mine traverse verticalement le groupe central du niveau de 90 mètres à celui de 340 mètres; il est relié au jour, au niveau de 90 mètres, par la Galerie Principale^ vers le S.-E., et, au niveau de 960 mètres, par la Galerie du Jour^ vers le N.-N. E.
La baisse progressive et rapide de la production de New Almaden, de 1870 à 1874, eut pour cause l'enlèvement successif de presque tous les minerais en vue et Fabsence de travaux de recherches dans les années antérieures. Les explorations entreprises à cette époque furent d'abord infructueuses. On croyait déjà ce beau gisement épuisé sans retour, quand d'importantes découvertes prouvèrent qu'il
DE GAIIFORIflE* 9|
n'était pas confiné dans les limites, en somme restreintes, de l'ancienne mine. On trouva de nouvelles zones cinabrifères, moins riches peut-être, mais plus régulières , fort développées en direction et en profondeur, qui sont exploitées aujourd'hui avec succès et assurent encore de Icmgs jours à New Almaden.
Au niveau de i g3 mètres, une galerie, poussée à partir du puits Principal, suivit la zone cinabrifère exploitée autrefois à Santa Rîta West, et constata qu'elle se prolongeait vers l'ouest, mais en changeant de direction. Cette zone, après avoir tourné de go» en plan , devient relativement régulière et analogue à un filon, avec une direction N. E.- S. 0. et un plongeaient moyen de 4o* ; mais l'imprégnation est, comme toujours, irrégulière, formant çà et là des amas. Plusieurs ont été rencontrés par la galerie d'allongement, à 193 mètres, et ont donné, de 1871 à 1874, les riches minerais de New Santa Rita West.
Dn nouveau puits, le Puits Randol (*), a été foncé verticalement, à partir de la surface, à 54o mètres au nord et à 1 5o à l'ouest du puits Principal (son orifice est au niveau de 1 20 mètres environ) ; il a recoupé en profondeur la zone cinabrifère en question et sert à son exploitation. Une galerie en travers de 45 mètres le relie à la galerie du Jour, à 240 mètres. Les travaux inférieurs à ce niveau constituent une nouvelle mine, qui n'a pas reçu de nom spécial. On procède par étage de 3o mètres, au fur et à mesure de l'approfondissement du puits. A chaque nouvel étage, on perce une première galerie à travers bancs vers l'ouest, pour recouper la zone; arrivé au toit, on pousse de part et d'autre une galerie maîtresse d'allongement; puis revenant vers l'est par une série de galeries transversales de recherches, on explore, un peu au hasard, le gîte. Trouve-t-on une concentration suffisante de minerai ? on ouvre un chantier qui
{•) Section libre, a-,7o sur i",ao; deux coinpartlments, un pour les cages, ud pour tes échelles.
2St GISEMENTS DE MERCURE
se développe plus ou moins suivant les dimensions de Tamas \ on extrait tout ce qu'on abat : d'où la formation de grandes chambres avec ou sans boisage, le terrain étant généralement très-consistant. On relie, d'ailleurs, les divers étages par des cheminées verticales pour la ventilation , l'écoulement des eaux, etc. — A 240 mètres, on a exploité, de 1872 à 1874» les minerai^ de Victoria. Le niveau de 270 mètres s'est montré pauvre; celui de 3 00 un peu meilleur. A 33o, on a recoupé, en 1878, à 76 mètres du puits, un minerai de bonne apparence, dans lequel on a continué pendant 75 mètres; la chambre d'O'Brien exploite cet amas, le plus grand et le plus riche découvert depuis 187a : c'était, en 1876, le point le plus productif des mines de New Almaden. A la fin de cette même année, les niveaux de 36o, 390 et 420 mètres étaient déjà préparés et s'annonçaient bien. En 1877, le meilleur niveau a été celui de 420 et le puits Randol a dépassé 480 mètres. — Un autre puits vertical vient d'être ouvert à 33o mètres au nord-ouest du puits Randol (son orifice est au niveau de 240 mètres).
Au niveau de 168 mètres, une galerie, dirigée de l'ancien groupe de San Francisco vers le sud-ouest, a rencontré, en J874, à 600 mètres du puits Principal, un amas de minerai de 3o mètres d'épaisseur et 60 de longueur. Cet an as appartient à une zone cinabrifère régulière, ayant une direction N.-S., un plongement de 45* vers l'ouest et une puissance moyenne de 23 mètres. Un puits incliné suivant l'inclinaison, a été foncé, en partie dans le minerai, de 168 à 340 mètres, auquel niveau il a été relié par une galerie en travers à la galerie du Jour. Cette nouvelle mine est quelquefois appelée le Nouveau moude.
Enfin, la Galerie de la Gorge Profonde ouverte sur le versant oriental de la colline, a découvert, en 1873, une zone cinabrifère de direction N.-S. avec plongement très-raide vers l'est, laquelle est exploitée dans la nouvelle mine de Cora Blanca. Deux puits verticaux ont été foncés à partir
DE gauforhib. tt5
de la surface à l'aplomb de la galerie de la Gorge Profonde, le Puits Cora Blanca à 4so mètres à Test et à 60 au sud du puits Principal (son orifice est au niveau de 1 75 mètres), et le Puits Gray à 180 mètres plus à l'est et à 4S plus au sud. Le premier a t]:ois étages en exploitation à 180, 210 et 2 Ao mètres; en 1875, on était, à 180 mètres, dans un amas riche de i3o mètres de long et i5 d'épaisseur; depuis lors, la production a diminué, et la préparation du quatrième étage, à 470 mètres, a été ralentie par la dureté des roches; à la fin de 1876, il était question d'abandonner ce puits. Le second puits avait atteint, à la même époque, le nivBau de 3oo mètres et devait recouper prochainement la zone cinabrifère.
L'usine de Ne^y Almaden est bâtie dans la gorge d'Alamitos, au pied de, la colline des mines, à moins de d kilom. au sud-est du sommet, et. à .420 mètres en contre -bas. En 1874 fut commencée une galerie fort importante pour l'avenir rie New Almaden, la Galerie de VUsine^ destinée à mettre en communication directe l'usine et la mine de Cora Blanca; elle est ouverte au niveau de 36o mètres, c'est-à-dire à 60 mètres en contre-bas de l'usine, et dirigée au nord-ouest vers le puits Gray, qu'elle doit rencontrer au bout de 960 mètres de longueur totale. En octobre 1876, ce tunnel avait atteint 640 mètres ; il a été alors provisoirement arrêté à cause de la baisse de la production au puits Cora Blanca.
— A New Almaden ^ la richesse des minerais est aussi variable que la nature des gangues et l'allure des gisements. La teneur moyenne des minerais extraits n'est pas exactement connue. Les minerais extraits actuellement des travaux tant anciens que nouveaux, sont en grande partie scheidés et classés au jour (*). Les deux tiers environ sont rejetés, comme trop pauvres. Le tiers restant, qui est en-
(♦) Po ir plus amples renseignements, voir page 5i.
5l4 GISEMBNTS OE MERCURE
voyé à Tusine, se divise en deux classes principales. Ud tiers environ, comprenant les morceaux dont la grosseur varie de o",02 à o",a et au delà, forme le minerai dit riche. Les deux autres tiers comprennent les menw^ depuis o*,oa jusqu'à des poussières, — D'autres minerais traités à l'usine proviennent d'anciennes haldes, reprises, scheidées et classées : en minerai dit pauvre^ et en menus. — Voici maintenant quels sont les rendements eu mercure donnés à Fusine par ces diverses classes de minerais. Le rendement des menus est évalué à i p. loo. Le rendement des pauvres a été estimé à si p. loo en 1876 et i,5 p. 100 en 1876. Les riches, seuls et avec les autres classes, ont rendu :
Riches 9,68 i&,5i
Riches et pauvres. 6,99 9,3!i
Riches, pauvres et menus ». 3,33 A.69
MINE DE RËDINGTON.
Au sommet de la vallée de Napa, à une centaine de kilom. au nord de San Francisco, à une soixantaine au nord-ouest de Napa City (où passe le chemin de fer de Valejo à Calistoga), sont les mines déjà citées de Redington, Manhattan, Califomia, etc., dans des quartz résinites, associés à des serpentines (sans doute oligocènes). Le quartz résinite de Redington est exclusivement composé d'opale (variétés hydrophane et hyalitique) ; dans un échantillon, M. Michel Lévy a trouvé une intéressante structure perlitique. Ce quartz s'y trouve en masse considérable; il n'est cinabrifère et exploité qu'au contact du toit, un grès crétacé plus ou moins imprégné d'opale (des salbandes sont interposées entre le grès et le quartz) . La surface de contact est plane, avec une direction N. S.-S. E. et un pendage de 45* vers le N.-E. : telle est, du moins, son allure dans toute l'étendue de la mine, sur i5o mètres en direction et iso mètres
DE GAUFORNir.^ .,.-*. L * \.^' " aS
en profondeur. Le cinabre, accompagné d'une proportion inusitée de sulfures métalliques et de substances bitumineuses, a pénétré le quartz résinite au voisinage du toit, remplissant les fissures et crevasses sur une épaisseur variable et pouvant atteindre 60 mètres ; la plus grande richesse est au toit, mais le toit lui-même n'est pas métallifëre. La régularité des travaux résulte de celle de la zone cinabrifère. Le puits a été ouvert dans le quartz résinite; à i5o mètres de profondeur, il en est sorti pour entrer dans de la serpentine proprement dite. A chaque niveau, on perce une galerie en travers à partir du puits vers le N.-E., c'està-dire vers le toit, le long duquel on dirige ensuite une galerie maîtresse; puis on développe les travaux vers le S.-0. c'est-à-dire vers le centre de la masse quartzeuse, sans règle, enlevant tout dans les régions riches, ne faisant que traverser les plus pauvres, jusqu'à ce qu'on soit arrivé à la limite de la zone cinabrifère. — L'acide carbonique se dé* gage en abondance au sein des travaux.
A Redington, on fait simplement subir au minerai au sortir de la mine un classement sommaire ; on obtient, avec une fîxible proportion de gros, deux classes principales, celle dés morceaux da o",o6 à o'",o2, et, en dessous, celle des menus. A l'usine, on retire en mercure 1 à 3 p. 100 des minerais (*).