‹ Les gisements de mercure de Californie;Chapitre 3 sur 41 · I. -- Description de la uire d'âlhaden · texte numérisé non relu

I. -- Description de la uire d'âlhaden

La mine d'Almaden comprend trois gisements principaux, à peu près parallèles entre eux, sensiblement dirigés de TEst vers l'Ouest. Le plus méridional porte le nom de San Pedro y San Diego ; les deux autres, très-voisins YyLU de l'autre, s'appellent, l'un San Francisco, l'autre San Nicolas.

La coupe (PI. III, fig. i), à peu près perpendiculaire à la direction du gîte, permet de se faire une première idée de son allure.

Le cinabre imprègne certaines couches de quartzite ou de grès, presque verticales, encaissées au milieu des cou-, ches de schiste ; parfois cependant le grès cinabrique a pour épontes d'autres grès non imprégnés. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que le cinabre passe alors parfois brusquement d'un banc à l'autre, suivant la direction de cette nouvelle strate, quelles qu'en soient les inflexions. Lorsque au contraire le cinabre sort de la couche de quartzite pour passer au mur où au toit -dans le schiste, il n'y prend jamais qu'un développement extrêmement restreint.

La stérilité du schiste est telle qu'on a trouvé des morceaux de cette roche emprisonnés au milieu du cinabre, et ne contenant néanmoins aucune trace de mercure. Ce fait n'est d'ailleurs pas particulier au gisement d'Almaden ; le schiste, qui semble presque partout exister au voisinage immédiat des gîtes de mercure, est généralement trèspauvre ; il paraît avoir résisté à l'imprégnation, qui s'est par suite d'autant mieux concentrée sur les couches plus perméables aux vapeurs mercurielles.

Ainsi doBe, le cinabre imprègne à Almaden certaines couches essentiellement siliceuses qu'il suit sur des espaces beaucoup plus longs que larges ; toutefois la longizeur des gisements, i5o à 180 mètres seulement, comparée à la puissance moyenne, 9 à 10 mètres, avertit déjà que si, en raison de leur origine, ces gisements doivent recevoir le nom de filons^ ils sont bien loin de présenter les caractères ordinaires des gisements filoniens : il n'y a jamais eu ici, au moins dans la partie connue, de grandes fentes se prolongeant sur une longueur considérable, remplies en tout ou en partie, postérieurement à leur formation. On ne voit ni salbandes, ni disposition symétrique sur deux parois, ni vides centi*aux, ni gangues cristallines, ni ramifications^ croisements, failles ou autres accidents ordinaires dans la {dupart des mines métalliques.

Nous avons déjà décrit précédemment les roches de la colline d'Almaden, dans laquelle se trouvent les filons cinabriques, et n'avons que peu de chose à ajouter sur leur manière d'être au voisinage même du minerai. En marchant du Sud au Nord, à un niveau quelconque, on rencontre d'abord la frailesca, plus métamorphisée dans la mine que partout ailleurs; elle y est formée en grande partie de calcaire magnésien ; elle est très-consistaute, sans être cependaht d'une grande dureté, et présente en un^ grand nombre de points des druses tapissées de cristaux de dolomie. Le schiste que l'on rencontre ensuite a une texture assez grossière, parfois presque terreuse ; les parties les plus consistantes présentent deux systèmes de fractures, les unes longitudinales, les autres transversales, mais trèsobliques. Au contact du minerai, le schiste est très-noir, lustré, magnésien et charbonneux au point de parfois tacher les doigts.

Vient ensuite le gisement de San Pedro y San Diego. Il est formé d'un grès blanc, régulièrement imprégné de cinabre. Les minerais se distinguent par leur belle couleur

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ItlNfiS £T QSlNfiS D'AtMAOEDï. 3i

rouge vermilloû, surtout ceux^de la partie^Oaest (San Pedro) . Vers l'Est, le minerai s'appauvrit à mesure qu'on descend, et disparaît presque à la profondeur de 290 mètres. La partie riche du filon forme donc dans le filon même une colonne plongeant vers l'Ouest. En continuant, à partir de San Pedro vers le Nord, on traverse d'abord quelques mètres de schistes noirs semblables à ceux de Téponte gud, puis des quartzites avec lits alternants de schiste. Ces quartzites ont aussi été métamorphisés, comme lé montrent leur extrême dureté, les veinules de quartz qui lés traversent, les géodes de cristal de roche qu'on y rencontre.

Les deux filons suivants , San Francisco et San Nicolas, ne sont séparés l'un de l'autre que par une bande assez niince de quartzite avec schistes, semblable à ceUe qui sépare San Francisco de San Pedro et San Diego. Mais le grés qui constitue le gisement même est noir, tandis que celui de San Pedro est blanc; il est aussi plus dur, plus compact, moins régulièrement et moins puissamment imprégné de cinabre. Atssi les minerais de ces deux gisements sont-ils toujours moins beaux , plus foncés que ceux de San Pedro.

Le schiste forme de nouveau l'éponie nord de San Nicolas et se prolonge au loin vers le nord, sans renfermer aucune matière utile.

Passons maintenant à l'étude des gîtes en profondeur : les étages exploités ou tracés sont actuellement au nombre de loJLeurs profondeurs au-dessous de la bouche du puits San/ieodoro sont les suivantes :

!•' étages UlTySo

a* étage. 7/i ,5o

5* étage io3 ,38

à* Atage lûo ,79

5* étage 170 >Û7

6* étage 191 j57

7* étage. .• . . . ai5 ,o3

Ù2 MINES ET USINES DALMADEN

8* étage 237»,64

9* étage a63 ,55

. 10' étage «88 ,63

Les travaux anciens des étages supérieurs sont remblayés ou en ruines et absolument impraticables. Voici seulement les quelques renseignements que Ton peut extraire, sur l'allure du gîte dans ses parties supérieures, de l'examen des anciens plans (*).

Au 1°' étage, niveau de 44"98o, on trouva des minerais vers l'extrémité Est, correspondant au jour à la mine del Gastillo, c'est-à-dire à un puits ouvert au haut et au milieu du bourg d'Almaden. Ces minerais furent exploités par un travers-bancs dit le socavon del Ctistillo.

Les travaux du 2* étage sont peu développés, et indiquent une faible richesse. Malgré leur grande irrégularité, on peut y reconnaître le filon San Francisco, exploité ^ sous le nom de San Juan , et San Nicolas, sous le nom de GanadeSan Rafaël.

Au S'* étage, io5",58, les gîsefaents exploités sont déjà au nombre de trois : d'abord San Francisco et San Nicolas, puis plus au Sud une partie appelée San Julian, qui semble être le prolongement en hauteur du gisement désigné plus bas sous le nom de San Diego. On distingue encore d'autres travaux, appelés la Concepcion, placés peut-être sur un petit rameau spécial du filon San Diego.

Au 4* étage, i4o"',79, le filon San Diego se trouve parfaitement caractérisé. Il s'exploitait vers la partie Est sous les noms de San Carlos et de San Pablo ; sa direction dans cette partie est Est-Ouest ou plus exactement Nord i oo* Est. Vers son extrémité Ouest, on observe une interruption dans les travaux, puis on le voit reparaître fortement infléchi vers le Midi. Dne agglomération déminerai se reliant en profon-

(*) Pour une description détaillée, voir Touvrage déjà cité de MM. Bernaldez etRua Figueroa.

MINES £T USINES d'ALMADËN. 33

deur avec San Pedro (partie occideatale de San Pedro y San Diego) et connue sous le nom de Santa Clara, arrive jusqu'au 4* étage, où elle finit. Au Nord , on retrouve toujours encore San Francisco et San Nicolas , exploités surtout dans leur partie Est. Leur extrémité Ouest présente aussi Tinflexion vers le Midi déjà constatée pour San Diego.

A partir du 5* étage, les travaux sont en bon étal d'entretien , et partout accessibles; nous donnons (PI. III, fig.^h, 7) les plans de ces différents niveaux; ils sont disposés les uns au-dessous des autres de manière qu'un examen, même sommaire, permet de se faire une idée de l'allure du gîte aux diverses profondeurs. Les galeries de direction, les maçonneries et les vides occupent, d'ailleurs, la place primitivement remplie par du minerai , aujourd'hui abattu. En renvoyant le lecteur à ces plans, nous pourrons nous borner à une description sommaire, en commençant toujours par le filon le plus méridional.

5* étage. —Profondeur: i70"*,47 (PI. III, fig. 2).

Le filon San Diego a, dans sa partie Est , une direction uniforme Nord 1 lo^'Est, sur une longueur de 5o mètres environ. Sa puissance moyenne est de A^jAo» te mur et le toit sont formés de grands bancs verticaux de quartzîte blanc complètement stérile.

Son extrémité occidentale est encaissée dans le schiste ; elle s'infléchit rapidement vers le Sud ; les bancs de schiste et de grès ont subi la même déviation. Cette partie du filon Sud aurait dû recevoir le nom de San Pedro; ce n'est, en elFet, que le prolongement en hauteur du filon qui plus bas porte ce dernier nom ; mais en raison de sa puissance considérable, et de l'importance qu'ont eue pendant quelque temps les chantiers qui y étaient installés, on lui adonné le nom spécial de Santa Clara. La longueur de ce gisement n'est que de 26 mètres; sa puissance, de 7'",8o environ. Les couches de schiste entourent celles de grès à Santa Clara, et semblent s'être moulées sur elles, quoique

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la stratification du schiste ne concorde pas avec celle des grès.

Séparé de San Diego par un intervalle stérile, d'environ 26 à 3o mètres àTEst, j8 à20 mètres à TOuest, moitié de schiste, moitié de quartzite, le filon San Francisco s'étend avec une grande régularité dans la direction Nord 110' Est, parallèle à celle de San Diego sur 100 mètres de longueur, avec une puissance moyenne de 5"',9o. Vers le point où il est recoupé par le travers-bancs du puits' San Teodoro, il s'incline vers le Sud, puis disparaît tout à coup ; le minerai est rejeté de 6 mètres vers le Nord sans que les couches de quartzite participent à ce rejet. Cette partie du filon, à laquelle on a donné le nom de San Francisco Ouest, forme un arc dont la concavité, comme celle des couches encaissantes et de San Diego, est tournée vers le Sud-Est.

Le filon le plus septentrional, celui de San Nicolas, n'existe qu'à l'Ouest de la mine ; il est séparé de San Francisco par 6 mètres de schiste, et s'étend sur 3o mètres de longueur, avec une puissance moyenne de 2",9o.

Quelques travers-bancs de recherches, commencés à cet étage, ont été promptement abandonnés après 10, 20 ou 3o mètres percés dans le schiste, sans résultat. On ne voit, d'ailleurs, pas affleurer au jour d'autres bancs de quartzite, au voisinage immédiat de ceux qui sont imprégnés de cinabre : les recherches entreprises l'ont été plutôt pour montrer l'absence de ces bancs que dans l'espoir de découvrir de nouveaux gisements.

;/\ 6* étage. — Profondeur: 191 mètres (PL lil, fig. 3),

Du 5* au 6* étage, les couches plongent vers le Nord, faisant avec la verticale un angle de 20* environ.

Gomme à l'étage précédent, le filon de San Diego a dans sa partie orientale une grande régularité. Il suit, sur 80 mètres de longueur, la direction Nord 110* Est, avec une puissance moyenne de 5 mètres; ses épontes sont formées de

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quartzite à l'Est, puis de schiste dans la moitié occidentale. Il sMnfléchit ensuite, sous le nom de Santa Clara, dans la direction Nord-Sud, qu'il conserve sur 25 mètres, et prend en même temps la puissance considérable de i3 mètres. Les deux épontes de Santa Clara sont formées de schistes ; mais au Sud ce gisement devient brusquement stérile, et le quartzite qui le constitue vient buter contre la frailesca.

Le filon de San Francisco est séparé du précédent par âo mètres environ de roches stériles, en partie schisteuses, mais surtout formées de quartzite. Ces bancs s'infléchissent à l'Ouest comme le fait Santa Clara, puis viennent se perdre dans les schistes. Ceux-ci appuyés sur la frailesca, qui les limite eux-mêmes à l'Ouest, avancent vers le Nord et coupent les grès cinabriques de San Francisco et de San Nicolas, aussi bien que ceux qui séparent les deux filons Nord du filon Sud-

Le filon San Francisco est à cet étage d'une grande régularité : il s'étend sur i lo mètres, avec une puissance de 5 mètres environ, et ne slnfléchit plus que faiblement vers le Sud, à son extrémité occidentale. Il n'est plus séparé de San Nicolas que par 3 à 6 mètres de quartzites et de schistes. Ce dernier filon gagne lui-même beaucoup en régularité et en extension ; il atteint ici une longueur de 65 mèties, avec une puissance de 3">,s5. Il est borné au Nord par le schiste.

On remarque à cet étage, à l'extrémité Est du filon San Francisco, une petite masse d'une roche de la famille des mélapbyres,très<altérée; nous avons déjà signalé larelalion de ce porphyre (variété d, page h^ avec la venue du cinabre.

7* étage. — Profondeur: ai5 mètres (PL III, fig. 4).

 partir du 6* étage les gisements, devenus presque verticaux, prennent une régularité de plus en plus grande, nettement accusée déjà par le plan du 7* étage.

Appuyé au Sud sur la frailesca, le schiste forme les deux épontes du filon San Diego, qui commence ici à porter le

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nom de San Pedro y San Diego, le premier désignant spécialement la partie occidentale, le second la partie orientale du gîte. La longueur du filon atteint ici i5o mètres; la puissance moyenne est de 6 à 7 mètres. A l'Est, San Diego se trouve brusquement coupé par les couches de schistes qui se retournent de manière à devenir presque normales à celles du grès. Le fait est d'autant plus remarquable, que c'est le seul point de la mine où le gîte soit coupé brusquement à TEst; à tous les autres étages il s'appauvrit graduellement jusqu'à passer à un grès presque stérile. A l'Ouest, au contraire, le filon San Pedro diminue graduellement et finit par disparaître entièrement entre les schistes, mais sans cesser d'être en stratification concordante avec eux.

Les roches qui séparent San Pedro y San Diego de San Francisco sont, d'abord, une bande assez étroite de schistes, puis une série de couches alternantes de quartzite et de schiste où dominent les quartzites. La puissance de la zone stérile est de 20 mètres environ,

La longueur de San Francisco est de 1 55 mètres environ ;

celle de San Nicolas, de 125 mètres; les deux filons ne sont

séparés que par 5 mètres environ de quartziie et de scbista-. — ^^n

.,. Ils se stérilisent graduelle ment à leur extré mité Est|fet sont

/ au contraire lîlPùâqùemenî coupés par les schistes àl'Ouest.

/ C'est entre le 6» et le 7* étage que commence la forte

inflexion du filon San Pedro y San Diego vers le Sud. San

Pedro s'élève d'abord verticalement »ur 10 mètres, puis il

s'élargit brusquement, s'incline sur la verticale et forme

l'agglomération désignée sous le nom de Santa Clara. Il est

évident qu'une forte pression latérale agissant du Nord

vers le Sud s'est fait ressentir aux étages supérieurs qu'elle

a déformés, à une époque peut-être postérieure à la venue

du cinabre, que l'on est naturellement amené à supposer

s'être faite par une fissure à peu près rectiligne.

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