CHAPITRE IV
CONDENSATION DES VAPEURS PAR LES MONTAGNES. — STRUCTURE DE LA NEIGE. — PÔLES ATOMIQUES. — STRUCTURE DE LA GLACE DES LACS.
Condensation des vapeurs par les montagnes. — Pour compléter cette explication de la condensation des vapeurs atmosphériques, il faut tenir compte de l’action des montagnes. Supposons qu’un vent de sud-ouest souffle sur l’Atlantique dans la direction de l’Irlande. Sur son passage, il se charge de vapeurs aqueuses. Dans le sud de l’Irlande, il rencontre les monts Kerry, dont le plus élevé porte le nom de Magillicuddy's Reeks , près de Killarney. Or, la couche inférieure de ce vent de l’Atlantique est la plus chargée de vapeur. En rencontrant la base des monts Kerry, le courant rebondit et passe par-dessus. La vapeur dont il est chargé se trouve donc portée à une hauteur plus grande, se dilate en y arrivant, se refroidit par suite de cette dilatation, et retombe en pluie abondante. Telle est, en effet, l’origine de la végétation luxuriante du comté de Killarney ; c’est de là aussi que proviennent les eaux des lacs du voisinage. Les crêtes glacées des montagnes contribuent aussi, pour leur part, à la condensation des vapeurs.
Voyons les conséquences de ces faits. Au sud-ouest des Magillicuddy’s Reeks se trouve une ville appelée Caliirciveen, où l’on a noté la quantité annuelle de pluie que reçoit la ville ; et, bien plus loin au nord-est, juste sur la direction que suit le vent du sud-ouest, se trouve une autre ville, nommée Portarlington, où l’on a fait des observations de même nature. Mais, avant d’arriver à cette dernière, le vent a franchi les monts Kerry, et y a perdu une grande partie de son humidité. Qu'en résulte-t-il ? A Cahirciveen, d’après le D r Lloyd, il tombe 59 pouces (1 m. 47) de pluie par an, tandis que Portarlington n’en reçoit, dans le même temps, que 21 pouces (0 in. 52).
Dans les Alpes aussi, il peut quelquefois arriver que l’on descende le versant italien par une pluie et une neige continuelles, et qu’en arrivant dans les plaines de la Lombardie, on trouve un ciel bleu et sans nuages, tandis que le vent a soufflé tout le temps de la plaine vers les Alpes. Dans la plaine, le vent est assez chaud pour que sa vapeur reste à l’état transparent ; mais il rencontre les montagnes, est soulevé par elles, se dilate et se refroidit. Le froid des sommets les plus élevés contribue aussi à ce refroidissement de l’air. Il en résulte que la vapeur se précipite à l’état de pluie ou de neige, de sorte que le temps est mauvais sur les hauteurs, tandis que, plus bas, les plaines, que traverse le même vent, présentent un ciel serein. Les nuages qui viennent des Alpes, vont quelquefois aussi se dissoudre au-dessus des plaines de la Lombardie.
A cette explication de la formation des nuages par les montagnes l’on peut rattacher celle d’un phénomène tout à fait instructif. On voit souvent une traînée de nuages de plusieurs centaines de mètres de long qui se rattache à