STRUCTURE DE LA NEIGE
alors en formes d’une beauté extrême. Quand la neige se produit dans une atmosphère calme, les molécules glacées prennent la forme de belles étoiles à six rayons. Ce type est invariable, quoique, à d’autres égards, les apparences de ces étoiles neigeuses soient infiniment variées. Dans les régions polaires, ces formes exquises ont été observées par le D r Scoresby, qui en a donné de nombreux dessins. Je les ai vues au milieu de l’hiver remplir l’air, et charger les pentes des Alpes. Mais on peut les voir aussi en Angleterre, et il n’est point de paroles qui puissent les représenter aussi bien que les dessins ci-joints de quelquesunes de ces formes. Ces dessins ont été exécutés à Greenwich par M. Glaisher. (PI, II.)
Arrêtons-nous ici, et songeons un instant au travail merveilleux qui s’accomplit dans l’atmosphère, chaque fois que se forme et que tombe la neige : quel ordre dans la disposition de ces molécules, et combien les productions de l’esprit et des mains de l’homme semblent imparfaites, lorsqu’on les compare à celles des forces aveugles de la naturel
Mais comment oser dire que les forces de la nature sont aveugles ? En réalité, parler ainsi, c’est décrire notre propre condition. C’est de notre côté qu’est l’aveuglement; ce que nous devrions réellement dire et avouer, c’est que nous sommes absolument incapables de comprendre soit l’origine, soit la fin des opérations de la nature.
Cependant, tout en reconnaissant ainsi les limites qui nous sont imposées, nous devons aussi admirer les immenses progrès faits par la science dans l’étude de la nature. De siècle en siècle et de génération en génération, les faits se sont accumulés, et des lois nouvelles ont été reconnues, révélant ainsi de plus en plus la véritable mé-
thode et l’ordre de la création. Pour le faire, la science a dû combattre et détruire la superstition et l’erreur, la crédulité et l’iiriposture sous toutes leurs formes. Mais le monde produit sans cesse de3 esprits faibles et des esprits mauvais; et, tant qu'ils existeront côte à côte, comme ils le font de nos jours, les erreurs les plus grossières continueront à infester le monde.
Pôles des atomes. — J’ai parlé de pôles d'attraction et de répulsion ; quel est le sens de ces mots ? C’est à cette question que je vais essayer de répondre. Tout le monde sait que les astronomes et les géographes parlent des pôles de la terre ; tout le monde a entendu dire que les pôles d’un aimant sont les points où l’attraction et la répulsion qu’exerce l’aimant sont, en quelque sorte, concentrés.
Tout aimant a deux pôles ; et, si l’on jette un peu de limaille de fer sur un aimant, chaque parcelle de limaille acquiert aussi deux pôles. Supposons que ces parcelles, soustraites à l’action de la pesanteur, flottent dans notre atmosphère ; que se passera-t-il quand elles s’approcheront l’une de l’autre ? Evidemment les pôles qui se repoussent s’éloigneront l’un de l'autre, tandis que les pôles qui s’attirent s’approcheront et finiront par se joindre. Et, si l’on admet que chaque parcelle ait, au lieu de deux pôles, plusieurs couples de pôles situés sur des points définis de sa surface, l’on peut se les représenter, obéissant à leurs attractions et à leurs répulsions mutuelles, et s’unissant pour former des corps d’une forme et d’une structure définie.
Imaginez que les molécules d’eau, dans l’air calme et froid, possèdent des pôles de ce genre, forçant les parcelles à s’unir dans un ordre défini, et vous avez conçu