‹ Les glaciers et les transformations de l'eauChapitre 15 sur 126 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LA SOURCE DE L’ARVF.IRON. — LE GLACIER DES BOIS. — LA MER DE GLACE ET SES SOURCES. — LA FENTE.

La source de l’Arveiron. — Le Glacier des Bois. — Nos études préparatoires sont maintenant terminées, et nous pouvons nous diriger vers les Alpes. Le village de Chamouni, en Savoie, est traversé par une rivière nommée î’Arve ; remontons cette rivière en partant de Chamouni. A quelque distance du village, la rivière se bifurque; une de ses branches conserve le nom d'Arve, et l’autre prend celui d’Arveiron. C’est ce dernier que nous remontons pour arriver à ce que l’on appelle la source de l'Arveiron (pl. III, fig. 1), à une petite heure de marche de Chamouni. Là, comme nous l’avons déjà dit pour le Rhône, on se trouve en face d une énorme masse de glace, qui forme l'extrémité d’un glacier; c’est d’une arcade de cette

LA MER DE GLACE

glace que sort l’Arveiron. Il n’est pas prudent de se risquer sous cette arcade en été : elle s’écroule quelquefois avec un bruit effrayant, et écraserait infailliblement l’imprudent qui serait au-dessous.

Observons maintenant, et jetons les yeux autour de nous. Devant la glace nous trouvons des amas et des crêtes de débris assez curieux, et plus ou moins concentriques Ce sont les moraines terminales du glacier. Nous y reviendrons plus tard.

Tournons à gauche, et gravissons la pente qui longe le gracier. A mesure que nous nous élevons, nous voyons mieux toutes choses, et nous trouvons qu’ici la glace remplit une étroite vallée. Nous arrivons à une autre crête singulière, composée de débris non pas récents comme ceux que nous avons rencontrés plus bas, mais en partie couverts d’arbres, et semblant être, à la lettre, aussi vieux que les collines. C’est là une indication précieuse. Nous reconnaissons bientôt que la crête est une ancienne moraine, et nous en concluons sans hésiter que le glacier a autrefois été bien plus grand qu’il n’est maintenant. Cette ancienne moraine s’étend tout au travers de la grande vallée, et va aboutir aux montagnes du côté opposé.

Une fois que nous avons dépassé l’extrémité du glacier, laquelle est recouverte de pierres et de débris, nous nous trouvons à côté de blocs de glace d’un aspect fort remarquable. Le glacier plonge dans une gorge escarpée, et, en chemin, se fend et se brise de la manière la plus étrange : il forme des tours, des aiguilles, des formes fantastiques, dues a l'action des éléments, et qui ressemblent à des sculptures grossières (pl. III, fig. 2). De certaines crevasses profondes du glacier sort un filet de lu- •

Planche III

Source de l’Arveyron.

Page 1