‹ Les glaciers et les transformations de l'eauChapitre 37 sur 126 · MORAINES, PLATEAUX, CÔNES DE SABLE ET MOULINS DES OLACIERS · texte numérisé non relu

MORAINES, PLATEAUX, CÔNES DE SABLE ET MOULINS DES OLACIERS

Moraines, plateaux de glace et cônes de sable. — Lorsque nous avons traversé pour la première fois la Mer de Glace, entre Trélaporte et le Couvercle, nous avons vu les bandes de rochers et de débris qui forment les moraines médianes présenter des crêtes qui peuvent s’élever, en quelques endroits, jusqu’à vingt ou trente pieds audessus du niveau général du glacier. Si l’on examine ces crêtes, on trouve que la couche de débris n’est que superficielle, et qu’elle repose sur une grande arête de glace qui suit toute la longueur du glacier. D’où vient le soulèvement de cette arête?

Tout le monde connaît l’expérience dans laquelle Franklin mit sur de la neige, par un jour de soleil, des morceaux de drap de différentes couleurs : ces morceaux de drap s’enfoncèrent inégalement dans la neige, et ceux de couleur foncée plus profondément que les autres.

Examinons cette expérience. Les rayons du soleil tombent d'abord sur la surface supérieure du drap et l’échauffent. La chaleur est ensuite transmise à travers le drap jusqu'à la surface inférieure, laquelle la transmet à

la neige : celle-ci fond alors sous l’influence de la chaleur. Il est évident que la quantité de neige qui est fondue dépend entièrement de la quantité de chaleur qui se transmet de la surface supérieure à la surface inférieure du drap.

Or, le drap est ce qu’on appelle un mauvais conducteur. Il ne se laisse pas traverser librement par la chaleur. Cependant, lorsque celle-ci n'a à traverser que l’épaisseur d’un seul morceau de drap, il en passe une assez grande quantité. Mais doublez, triplez ou quintuplez l’épaisseur du drap; ou encore, ce qui est plus facile, superposez-en plusieurs morceaux les uns aux autres, et vous finirez par arriver à un point où aucune quantité appréciable de chaleur ne peut arriver de la surface supérieure à la surface inférieure.

Qu’arrivera-t-il si un morceau assez épais, ou si une telle série d’épaisseurs de drap a été posée sur de la neige exposée aux rayons énergiques du soleil? La neige fond tout autour du drap ; mais celle que recouvre le drap se trouve protégée. Si l’action du soleil se prolonge assez, il en résultera inévitablement que le niveau de la neige baissera tout autour du morceau de drap, et que celui-ci restera perché sur une éminence de neige.

Si vous avez compris ce qui précède, vous savez déjà d’où viennent les reliefs des moraines. Ils ne viennent pas d’un soulèvement de la glace; mais la glace qui se trouve sous les roches et les débris étant garantie du soleil, le glacier à droite et à gauche fond, et laisse une arête de glace après lui.

C’est de la môme manière que l’on peut expliquer différentes autres curiosités que présente le glacier. Voici, par exemple, sur la Mer de Glace, des tablettes de ro-

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