‹ Les glaciers et les transformations de l'eauChapitre 44 sur 126 · Scoresby · texte numérisé non relu

Scoresby

Twdau. 9

Les seules particules salines qui existent dans cette glace, sont celles qui ont pu se trouver prises mécaniquement dans ses pores. Elles n’ont aucune part à la structure du cristal.

Cet exclusivisme , si je puis parler ainsi, des molécules d’eau ; ce rejet complet de tout élément étranger dans les édifices qu’elles construisent, est poussé à un degré surprenant. L’acide sulfurique a pour l’eau une si grande affinité, que c'est un des agents les plus énergiques employés en chimie pour dessécher l’air. Et cependant, comme l’a bien montré Faraday, quand on fait geler un mélange d’acide sulfurique et d’eau, le cristal qui se forme est absolument pur et sans acide. L’eau seule a subi l’action de la force de cristallisation.

Tous les hivers, dans les régions arctiques, la mer gèle et se couvre d’une voûte de glace d’une grande étendue et d’une énorme épaisseur. Les chaleurs de l’été et le mouvement des vagues brisent cette glace, dont les fragments sont dispersés par les vents et entraînés par les courants. Ils s’entrechoquent, s’écrasent et s’amoncèlent les uns sur les autres, constituant ainsi le danger le plus sérieux qui menace les explorateurs des mers polaires.

Mais parmi les glaçons plats ainsi entraînés, on voit flotter des masses plus énormes encore, qui ont une origine entièrement différente. Ce sont les banquises des mers arctiques. Elles s’élèvent souvent à plusieurs centaines de pieds au-dessus de l’eau, et le poids de la partie submergée est environ sept fois celui de la partie visible.

Il est rare que les premiers observateurs des grands phénomènes de la nature n’accordent pas une part plus que raisonnable à l’étonnement et à l’imagination. Mais

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