OBSERVATION V
Chien berger allemand : 3 ans.
Présenté le 17 décembre 1932 à la consultation.
L'on remarque sur le côté gauche de l’anus une cavité anfractueuse haute de 3 cm., large de 2 cm. 5 et profonde de 2 cm., tapissée de bourgeons charnus gris-rosé, de vilain aspect, recouverts de pus. Le propriétaire nous apprend que son chien a fait, deux mois et demi auparavant, à cette place, un abcès que le vétérinaire traitant a ponctionné largement et détergé, mais la suppuration ne s’est pas tarie malgré les injections quotidiennes d’antiseptiques variés dans la cavité qui ne manifeste aucune tendance à la cicatrisation. Le tou cher rectal, peu douloureux, d’ailleurs, permet de mesurer toute l’étendue des lésions à gauche, le côté droit restant sain avec une glande présentant ses caractères normaux à la palpation. L'état général du sujet est, malgré tout, assez satisfaisant. Parmi les antécédents pathologiques de l’animal il est intéressant de noter, ici encore, un téniasis important. L'animal est hospitalisé.
Opération : après rachianesthésie : Stovaïne, 12 cg.
Ayant remarqué à plusieurs reprises déjà les difficultés qui surviennent du fait de l’hémorragie en nappe, inévitable au
moment de l'opération, et nous trouvant en présence de grosses lésions, nous cherchons à augmenter la coagulabilité du sang du malade en administrant per os des composés pectiques 1 heure 1/2 avant l'intervention et en injection souscutanée une heure plus tard. Nous pensons avoir retiré des avantages appréciables de cette manière de faire.
Nous pratiquons la dissection aussi complète que possible du tissu fibreux réactionnel dans lequel nous avons peine à retrouver la glande anale en grande partie détruite par la “uppuration ; il en résulte un délabrement assez considérable, toutefois, rectum et sphincter sont respectés dans leur intégrité ; l’écartement des bords de la plaie ne permet pas la suture de celle-ci ; la région est recouverte par un pansement au collodion. Les jours suivants la cavité est lavée au sérum physiologique, séchée et saupoudrée de sous-gallate de bismuth ; la réparation s’annonce assez rapide. Nous nous absentons quelques jours ; les soins que réclame l’animal sont assurés pendant ce temps, et, à notre retour, nous sommes heureux de constater que la plaie est en bonne voie de guérison ; huit jours après, le sujet est rendu à son propriétaire.