VIE, EXÉCRABLE MAITRESSE
0 vie, exécrable maîtresse, Goule en qui j'aime un Séraphin, Je sais quelle affreuse détresse Nos belles amours ont pour fin.
Je sais que, féroce et fantasque, Tu me caresses comme on mord, Et qu'en levant ton dernier masque On trouve une tête de mort. i
Je le sais, qu'en ton rut qui m'aime, Le néant seul veut s'apaiser.
Je le sais, puisque c'est toi-même Qui me l'as dit dans un baiser.
Mais qu'importe? Rien ne m*empêche De te voir comme un Séraphin, Puisque ta joue est une pêche Et que mes lèvres en ont faim.
C'est pourquoi jamais mon envie
Ne se lasse de tes appas, 0 masque de la Mort, ô Vie, Monstre qui, du moins, ne mens pas,
Monstre sincère qui te vantes Du crime que tu commettras, Maîtresse au front ceint d'épouvantes, Mais au corps pâmé dans mes bras,
Maîtresse aux vampires pareille, Qui me dis ton atrocité, Mais qui me la dis à l'oreille Parmi des mots de volupté,
Goule dont le poison me mange.
Mais qui m'en verses la liqueur En m'offrant, avec des yeux d'ange, La rose de ta bouche en cœur,
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Si bien que ma bouche ravie Toujours dans la tienne se fond, D'autant plus folle de la Vie Qu'elle sent mieux la Mort au fond.