‹ Les glas; poèmesChapitre 9 sur 48 · SALOMÉ · texte numérisé non relu

SALOMÉ

La danse aux rythmes sans nombre Qui passent, me récréant De Teffort vain du néant A sauter hors de son ombre,

La danse au dénouement bref Aussi clair qu'elle est obscure, Et dont l'ultime figure Est un plat portant mon chef.

Tant pis! Et tant mieux! Va, danse, Salomé, je te bénis.

Quand tes pas seront finis, Sur la dernière cadence

Je tendrai le cou gaîment Au tranchant froid de Tépée, Pour que ma tôte coupée Te garde un sourire aimant,

Et pour que tu puisses lire Dans mon suprême regard.

Môme alors, quoique hagard, En plein amoureux délire.

Un remerciement joyeux Du beau rien multicolore Que tes pas faisaient éclorc Au ciel éteint de mes yeux!

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