BALLADE DE L'AN QUI VIENT
Avec tous ses jours au complet Puisque la vieille année est morte, Sans chercher ce qu'elle valait, En Toubliant je vous exhorte, Dans l'ombre qui nous fait escorte, A brandir cet autre flambeau Dont la clarté nous réconforte :
" L'an qui vient sera le plus beau! )^
Car, tout pauvre oiselet qu'il est, Quoique à peine son duvet sorte, Voyez déjà comme il nous plaît!
Il gazouille de telle sorte,
De voix si^tendre, aimable, accorte, Que, dût-il devenir corbeau, On le croit rossignol, n'importe :
L'an qui vient sera le plus beau.
Le présent toujours noir et laid, Mange le, ce hideux cloporte, ^i vole, doux rossignolet.
Avec tous nos vœux en cohorte.
Vers l'avenir qui nous transporte I Certe, il va, lambeau par lambeau...
Mais en attendant qu'il avorte, L'an qui vient sera le plus beau.
Envot.
Prince, fût-ce en ouvrant la porte Lugubre de notre tombeau.
Puisque c'est du neuf qu'il apporte.
L'an qui vient sera le plus beau.