ÉPITRE DANS LE GOUT ANCIEN
Et qu*0D monte la voix jusqu'au cocorico,
Quoi de mal? J'ai crié, dis-tu. Non, c'est Técho.
Ma pensée, au surplus, fut-elle outrepassée
Par les mots? Soit. Laissons les mots. Vois la pensée*
Et maintenant, ami, que tu sais mes raisons, Ne ya pas prendre à mal, et pour des trahisons Envers nos dieux, l'aveu franc que tu viens de lire. On ne peut pas toujours toucher la grande lyre. Un pelit air de douce épinelte a son prix. Me suis-je expliqué net et m'as-tu bien compris? Oui, certe! Alors cessons nos débats sans prétexte, Et relisons Shakespeare ensemble... dans le texte; Quitte, si c'est trop dur et qu'on soit fatigué, A se regaillardir avec « Ma mie, oh I gai î ».
XYIII UN FOU
Ce fou, dans les moments où son œil obscurci Retrouvait des lueurs vagues, disait ceci :
« Parfois en mon cerveau s'éteignent les idées... « Et c'est comme un pays mort, aux maisons vidées « Par la peste, d'où tout le monde en môme temps 0 S'est évadé, jusqu'aux plus pauvres habitants. « Mais ils n'ont avec eux, tout à leur épouvante, « Rien pris. Aussi la ville est-elle encor vivante « De magasins ouverts, de riches mobiliers
Et du luxe infini des objets familiers.
C'est un trésor perdu qui n'est plus à personne. ' Ainsi, quand sous mon front l'heure de peste sonne,
' L'heure où je cherche en vain un suprême habitant, « Ce morne pays mort reste peuplé pourtant. € Lesmotssontlà, qui n'ontpointsouffert de dommages. « Mon cerveau sans idée est toujours plein d'images. >^
" Hélas! et toi qui crois penser, en quoi, jusqu'où, Es-tu si différent, poète, de ce fou?