‹ Les glas; poèmesChapitre 41 sur 48 · A MA DERNIÈRE HEURE · texte numérisé non relu

A MA DERNIÈRE HEURE

0^ dernière heure où se condense Pour les autres tout le néant, Et dont je fais, moi, te créant, Une belle image qui danse,

En sorte .que, mon cœur transi Etant sûr de l'extase brève Qu'y versera mon dernier rêve, Je t'en dis d'avance merci.

YIII LA GAVE

J'irai, je n'ai pas peur de ta cave, ô mémoire !

Malgré lépais silence et l'humidité noire

Que distillent tes murs de sépulcre, et malgré

Tous les fantômes qui m'y regardent, j'irai!

Et je n'ai môme pas besoin d'une lumière;

Car je sais en quel coin, d'une main coutumière,

Trouver, sans le chercher, le nectar que je bois.

C'est dans une barrique ancienne de fin bois

Que va se dépouillant, pure de tout mélange,

La pourpre de mon cœur dont l'amour fit vendange.

0 féerique barrique ancienne de bois fin,

0 trésor dont jamais je ne verrai la fin,

El dont, à chaque fois pourtant que j'y regoûte,

Je crois sentir en moi choir la dernière goutte ;

0 vin, qui par ton seul bouquet, miraculeux,

Changes mes souterrains noirs en paradis bleus;

0 source, où dort le sang de mes plus belles fièvres,

Voici que dans la nuit funèbre ont joint leurs lèvres

Ta canelle de buis et ma tasse d'argent,

Et les fantômes sont des anges voltigeanl,

Et le silence allègrement tintinnabule,

Et par Tair mucre passe un vol léger de bulle,

Et ma mémoire en feu d'artifice soudain

Est un multicolore et riche et fou jardin

Plein de tous mes étés refleurissant sur l'heure.

Quand ton rose glouglou rit dans la chanlepleure!

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