‹ Les glas; poèmesChapitre 8 sur 48 · SALOMÉ · texte numérisé non relu

SALOMÉ

« Oui, le dis-je, vois, regarde,

« Reconnais-moi, sois charmé,

<« Sois fou; je suis Salomé,

« Prête à danser... Mais prends garde

« Le délire aux rouges cris ' Dont ma danse est Téchansonne, « C'est toi, toi-même, en personne, « Seul, qui m'en paieras le prix.

« Car ma cruauté d'artiste

« Est plus fine désormais

« Qu'au temps où je réclamais

« Le chef de Saint Jean-Baptiste.

« Aujourd'hui poussant plus haut « Mes exigences d'esthète, « Quand j'ai dansé, c'est la tête « Du Tétrarque qu'il me faut.

« Autrement dit, c'est la tienne « Qui tantôt sera mon dû. »

Moi, sans peur, j'ai répondu :

« Danse! Et qu'à cela ne tienne 1 »

Et la danse a commencé, Où-n'est jamais assouvie Notre âpre soif de la vie, La danse aux bonds d'insensé,

La danse où d'abord s'enivre.

Sans voir pourquoi ni comment, L'être-éclair, l'être-moment.

Fondu dans l'éternel vivre,

La danse soûlant toujours Môme quand on sait ensuite De quelle éternelle fuite Est tramé le fond des jours,

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