PORTRAITS INTIMES
trouve être le complément indispensable des trois premières éditions. La quatrième, publiée par la maison Charpentier, en 1885, est presque un travail nouveau, tant elle a été augmentée. Les pièces omises et les noms supprimés ont repris leur place dans le texte.
Les Portraits intimes du dix-huitième siècle qui suivirent ont été disposés dans le même esprit. Ce sont, reliés par la trame presque invisible d'un récit très sobre, des pièces d'archives dont la plupart émanent de personnages de moyenne grandeur sur lesqdels n'a pas été dirigée la grande lumière des monographies. On y trouve pourtant le très précieux et très instructif mémoire (|ue le marquis de Calvière, son écuyer, écrivit sur la jeunesse de Louis XV, où il notait- — comme atTaires d'État — à l'instar des micrographes des précédents règnes, Hérouard de Vaugrineuse et Dangeau, les enfantillages du gamin royal, ses amusements, ses boutades et ses méchancetés.
C'est le seul chapitre pédant que renferme ce livre tout plein de trouvailles charmantes. P. de Saint- Victor lui a consacré, dans la Presse, un article enthousiaste, le long duquel, entre les citations, il s'en est allé semant les perles : « C'est un livre à tiroirs, en quelque sorte, quelque chose comme un de ces fins meubles rocaille, incrustés de médaillons sur émail, auxquels le Temps aurait mis ses scellés et qui nous serait parvenu intact et rempli. On l'ouvre, la clef d'argent tourne dans la serrure ciselée, il s'en échappe un trésor : amours, secrets, révélations, les lettres des sages, les billets des belles, la vérité toute nue, la passion toute frémissante, des traces de larmes, des empreintes de mains émues... »
Edmond et Jules de Concourt répondaient à cet article :
// mai {I808}.
« Mon eJicr Saint-Virtor,
« Comment vous rrmprcicr? — Nous ne le savons pas, mais nous voulons vous dire que nous sommes heureux d'être vos obligés, fiers qu'à tous ces liens d'hier, à cette sympathie de nos goiits, à cette amitié de nos esprits, à cette conspiration de nos consciences, vous ayez ajouté un lien qui met notre cœur de la partie et notre reconnaissance à vos ordres.
« Edmond et Jules dk Goncoirt. »
Ce fut une inspiration heureuse des auteurs du livre que d'en faire hommage à un fin lettré, merveilleusement préparé pour apprécier la ricliesise des découvertes et la monture des joyaux. C'est toujours hon signe que de rencontrer le nom de M. Claudius Popelin sur un livre.
La publication du premier volume avait précédé d'une année l'apparilion du second. Les éditions qui suivirent furent très remaniées. A des noms comme ceux de Watteau et de M™* du Barry qui, primitivement, n'avaient servi qu'à accrocher quelques pièces curieuses, les auteurs consacrèrent, plus tard, de longues et copieuses monographies. Tout naturellement elles avaient absorbé leur premier travail et l'embryon n'avait plus sa raison d'être à côté du travail définitif. Ainsi ont disparu des réimpressions successives les modèles qu'on retrouvera peints, suivant leurs mérites, dans d'autres parties de l'œuvre. Ils ont élé remplacés par des études sur Lagrenée l'aîné, sur Collin d'Harleville et sur la comtesse d'Albanv.