CHAPITRE V
I. La fertilité du sol et ses richesses naturelles; les cultures principales. Le sucre et le développement actuel de sa production ; la transformation des centrales, les capitaux français et autres. Le coût de production du sucre. — II. Le café portoricain ; son excellence et ses qualités exceptionnelles, la crise et ses causes. — III. Le tabac, plantations et manufactures. Les forêts, et les bois. Les fruits et leur exportation. Les cultures diverses. L'élevage.
I. — Porto-Rico, sans valoir peut-être Cuba, constitue un pays très fertile, au climat particulièrement heureux, au sous-sol très riche (autant qu'on en peut juger dès maintenant) ; et ses richesses naturelles sont assez variées et importantes pour lui assurer un avenir encore plus brillant que n'a été son passé. Nous allons voir que jusqu'à présent c'est surtout des richesses végétales, et aussi animales, que Ton a tiré parti; et le sucre, le café, le tabac et l'élevage vont tenir la grande place dans ce chapitre, comme on pouvait déjà le pressentir par l'examen des chiffres que nous avons fournis sur le commerce d'exportation de l'Ile. Si nous recherchions du reste comment se répartissent les terres de l'Ile, nous trouverions plus de 180.000 hectares en cultures diverses, puis près de 500.000 hectares en pâturages, 66.000 environ de bois ou forêts, et 55.000 hectares en terres en friche ; nous devons ajouter que ces chiffres ont été malheureusement modifiés sensiblement par le terrible cyclone de 1899, et sans qu'on ait des données exactes à ce sujet : sur bien des points, les terres ont été complètement balayées, ne laissant que le roc nu à la place de plantations florissantes.
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A tout seigneur, tout honneur : et comme le sucre a supplanté en bonne partie le café, que c'est lui qui tient la première place dans les exportations du pays, que c'est par lui que s'est établi le lien le plus solide entre Porto- Rico et les États-Unis ; on nous permettra d'en parler d'abord. Il ne faut pas oublier, d'autre part, que la Conférence de Bruxelles, en abolissant les primes à l'exportation dont bénéficiaient les producteurs des sucres de betterave, a rendu bien plus facile la situation des producteurs de sucres coloniaux ; aussi bien, les sucres portoricains sont avantagés même vis-à-vis des sucres de Cuba, puisque ceux-ci sont légèrement frappés d'un droit à leur entrée aux Etats-Unis, tandis que les autres jouissent de la franchise absolue. On pourrait ajouter encore que la production à Porto-Hico trouve, au moins jusqu'à présent, et tant que les syndicats ouvriers ne deviendront pas trop exigeants, de la main-d'œuvre à un taux qui lui permet de vendre à meilleur marché que le planteur cubain. Il est bien certain que cette question de la lutte sur le marché américain, fait que les Portoricains se soucient fort peu de voir Cuba annexée complètement à la Confédération. Les Américains n'ont pas été sans faire sonner bien haut, notamment au Congrès, le cadeau qu'ils font aux Portoricains, en exemptant leurs sucres des droits de douanes; mais ils semblent oublier que ces sucres leur arrivent ainsi à bien meilleur marché, au grand avantage des consommateurs de sucre des Etats-Unis (conséquence normale du libre-échange, ou de la franchise de droits partielle).
Nous pouvons donner quelques chiffres rapides qui montreront les oscillations caractéristiques de la culture de la canne et de la production du sucre à Porto-Rico ; cette
production s'étant d'abord beaucoup développée jusque vers 1880, pour diminuer ensuite, et reprenant à l'heure présente pour les motifs que nous avons indiqués. Vers 1850, la production du sucre dans l'Ile atteignait 112 millions de livres ; elle accusait une étrange progression par rapport au commencement du siècle, où l'Ile donnait en tout 180.000 livres ; il est vrai qu'à cette époque, la consommation du sucre était bien faible partout. En 1870, on arrivait à produire à Porto-Rico plus de 190 millions de livres de sucre (livres espagnoles que nous verrons identiques à la livre anglaise). A ce moment, la valeur de la récolte était considérable, représentant près de 5.800.000 piastres. Dans la décade suivante, la production augmentait encore jusqu'à arriver à 221 millions de livres ; mais les prix baissaient beaucoup, puisque cette récolte ne valait pas plus de 3 millions de piastres ; et ce fut une des raisons pour lesquelles on commença d'abandonner la culture de la canne à Porto-Rico. Ensuite la récolte diminua formidablement, ce qui était logique, et elle tomba notamment à moins de 127 millions de livres en 1897.
Depuis lors une évolution en sens contraire s'est faite : une multitude de terres ont été livrées ou relivrées à la culture de la canne, et la production proprement dite du sucre s'est améliorée, grâce au mouvement qui a poussé vers la création de grandes centrales, achetant la récolte d'une multitude de propriétaires et la traitant, en dehors des plantations qu'elles peuvent avoir pour leur propre compte sur terres louées ou achetées ; de la sorte, on fabrique en grand, et l'on peut par conséquent adopter de meilleures méthodes, arriver à des rendements supérieurs. Nous donnerons quelques détails sur certaines des grandes sucreries qui se sont fondées dans ces conditions.
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Toujours est-il que la quantité de sucre produite a augmenté de façon remarquable. En 1905, on annonçait que cette production s'élèverait à 116.000 tonnes; et on prévoyait que la récolte suivante devait fournir 150.000 tonnes, c'était dire que le sucre assurait aux populations de Porto- Rico une recette de quelque 13 millions de dollars. Et cela, sans tenir compte de la valeur des mélasses exportées, ni de celles qui restent dans le pays pour la fabrication du rhum. Tout naturellement, cette augmentation de la productivité d'une des industries agricoles de lTle était pour profiter plus ou moins directement à tout le monde. Ce qui n'empêchait pas une bonne partie des bénéfices industriels directs des usines traitant la canne, d'aller dans les pays étrangers : les capitaux assurant l'exploitation des sucreries étant fournis en grande partie par des étrangers, ou appartenant à des capitalistes qui pratiquent l'absentéisme, et qui vivent largement au-dehors des revenus que leur donnent les sucreries où ils ont des intérêts. Nous n'avons pas l'intention de déterminer exactement le rendement de la culture de la canne à sucre ; tout au plus, en nous appuyant sur de bons documents, indiquerons-nous que la culture se fait de préférence dans un sol sablonneux et meuble, principalement dans les plaines bordant la côte,, où l'eau ne fait pas défaut. Dans ces conditions, il faut procéder à trois labours, creuser des fossés, planter les boutures de canne, sarcler et nettoyer la terre quatre fois, et enlever les feuilles sèches aux plantes. Tout cela entraîne une dépense de 25 dollars, pour l'étendue qu'où appelle une cuerda, espagnole, unité qui correspond à un peu plus d'un are anglais, autrement dit à peu près 0,45 hectare. Si le sol est dur, il faut quatre labours; et naturellement tout revient plus cher dans les divers tra-
vaux culturaux. Nous devons ajouter que la coupe des cannes sur une cuerda se paye 2,40 dollars ; d'autre part, le prix de fabrication d'un boucaut de sucre est de 6 dollars, ce boucaut pesant 1.200 livres. Durant la dernière campagne dont nous possédions la statistique, l'exportation de sucre a été de 410 millions de livres ; les Etats- Unis n'auront pas de peine à en absorber bien davantage, puisque leur consommation actuelle est évaluée à au moins 3 millions de tonnes ! On n'est pas arrivé encore à dépasser de beaucoup 255.000 tonnes pour la production totale de Porto-Rico, y compris ce que les habitants de l'Ile consomment de sucre non raffiné.
On ne peut manquer d'accroître très vite cette production dans de grandes proportions. Tout d'abord, on est convaincu que cette industrie du sucre peut assurer des bénéfices considérables à ceux qui y engagent des fonds ; on tient cela pour sûr et lucratif, au moins autant qu'on installe l'usine à sucre avec un outillage perfectionné. Il faut ajouter : « si l'on sait se mettre à l'abri des mécomptes qui atteignent inévitablement les nouveaux venus dans le pays, en s'entourant des conseils de gens déjà au courant des usages, et connaissant la valeur des terres diverses que Ton peut consacrer à la culture delà canne ».
De grands efforts sont faits à Porto-Rico pour profiter de ce marché américain, qui est tout disposé à accueillir les sucres portoricains, si abondants qu'ils soient. C'est ainsi que les capitaux français ont monté une Compagnie des sucreries de Porto-Rico, qui malheureusement a rencontré des mécomptes assez cruels, alors pourtant qu'elle avait introduit la méthode,, fort intéressante au point de vue technique, du traitement par diffusion. Tandis que les Centrales, ou plus exactement les anciennes haciendas,
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modifiaient leur installation et achetaient du matériel perfectionné, des usines considérables se sont montées de toutes pièces, en adoptant elles aussi naturellement un matériel des plus modernes, et se sont mises à produire des quantités énormes de sucre. Tel est le cas pour la Centrale d'Aguirre, ou pour celle de Guanica, qui a été montée avec des capitaux américains et de la façon la plus remarquable. Le chemin de fer a permis à ces usines de recevoir les cannes dans de très bonnes conditions, et d'arriver à produire des 20.000 tonnes de sucre et plus dans une année. Des défrichements et des déboisements môme se poursuivent coûteusement pour consacrer des terres à la culture de la canne; deux centrales ont été construites en 1906, et trois autres commencées ; des plans ont été dressés pour deux nouvelles usines, qui devaient s'élever dans le courant de 1908. Souhaitons que rien ne vienne montrer aux Portoricains qu'il est bon de ne pas se consacrer uniquement à une culture et à une industrie.
II. — Le fait est que, au fur et à mesure qu'ils s'enthousiasmaient pour le sucre, ils ont abandonné de plus en plus le café : forcés en partie à cela, il est vrai, par la situation tout artificielle que crée toujours la législation protectionniste. Il faut dire aussi que la situation admirable de l'industrie culturale du café, il y a un certain temps, a contribué à amener la crise qui sévit aujourd'hui. Les Fincas ou plantations de café, dans l'altura, ont rapporté des sommes considérables à ceux qui les avaient créées et les exploitaient (c'étaient souvent des Corses) ; mais fréquemment les gens qui gagnaient si largement leur vie se livraient à des dépenses exagérées, et ne ménageaient nullement l'avenir, En outre, la culture du café exige des
avances, en ce sens qu'une plantation n'est en rapport qu'au bout de plusieurs années, et est sujette à des aléas très marqués ; il faut donc des avances pour rétablissement de la plantation, et aussi pour parer à ces aléas divers. Et fréquemment les propriétaires apparents ne sont que des sortes de fermiers, ayant emprunté sur hypothèques pour toute la valeur de leur propriété, et à 12 pour 100 d'intérêt !
Nous ne reviendrons pas sur les pertes et dévastations causées par le cyclone de 1899, principalement dans le monde des producteurs de café, et à la suite duquel la production est tombée au cinquième de ce qu'elle était ordinairement. Les Américains en ont profité pour acheter des terres à très bon compte. Ce qui est assuré, c'est que le café Portoricain est excellent, et qu'il se présente sur les marchés européens (quand il peut les atteindre) dans les conditions les plus favorables, à cause de sa beauté et du traitement, du nettoyage soignés qu'on lui fait subir avant expédition. Les planteurs ne payent pas la main-d'œuvre trop cher, puisqu'ils peuvent aisément se procurer des travailleurs moyennant 25 à 35 cents par jour parfois, et tout au plus pour 35 à 50 cents. Cuba, l'Espagne, la France et l'Autriche sont parmi les pays qui apprécient le plus ce café. Notons que le prix de revient d'un quintal de café, prêt à être vendu, ne dépasse guère 6 à 7 dollars. Vers 1850, la récolte n'atteignait pas 12 millions de livres, mais elle a pu s'élever à près de 52 millions de livres en 1897. On est étrangement maintenant au-dessous de ces chiffres.
III — Si les Portoricains abandonnent peut-être par trop la culture de cet excellent café que peut donner le sol, ils se sont lancés dans une autre culture qui parait convenir
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parfaitement à celui-ci, et dont les produits trouvent des marchés faciles. Nous voulons parler du tabac. Il n'est pas probable que, à ce point de vue, Porto-Rico ait jamais une réputation comparable à celle de Cuba ; néanmoins, climat et sol y sont favorables à la plante. Il faut dire aussi que des procédés savants de culture ont été introduits, comme la culture sous toiles,» qui coûte sans doute fort cher, mais donne des produits excellents. Cette culture et l'industrie qui la complètent ont beau être d'introduction toute récente à Porto-Rico, c'est par bien près de 800.000 dollars que s'évalue actuellement l'exportation des tabacs plus ou moins manufacturés, rien que sur les Etats-Unis ; et l'exportation des cigares dépasse 3 millions de dollars. Cette industrie est d'autant plus intéressante que la transformation des feuilles en cigares et en cigarettes donne de l'occupation à une foule de gens, et constitue une industrie proprement dite, dans ce pays où l'agriculture est demeurée presque la seule occupation de la population.
Le développement de la culture et du traitement du tabac dans l'Ile est dû en grande partie à une puissante Compagnie, qui s'y est créée principalement avec des capitaux américains, sous l'inspiration du Trust du Tabac des Etats-Unis, et sous un nom à peu près identique. Mais trois autres Compagnies ont été formées, qui se livrent également à la culture et à la manufacture du tabac ; précisément à cause de leurs proportions et des capitaux dont elles disposent, elles peuvent pratiquer cette industrie dans d'excellentes conditions, qui promettent de gros bénéfices et livrent au consommateur de bons produits. Ces entreprises ont eu pour effet de doubler rapidement le prix des terres affectées au tabac, et aussi de faire con-
sacrer à ce genre de plantation des terrains qui avaient été considérés jusqu'ici comme sans utilisation possible.
Nous avons déjà dit que l'Ile est fort riche en bois de toutes sortes, aussi bien en excellents bois de construction qu'en précieux bois de teinture. D'une manière générale, on ne les a guère utilisés, tout simplement parce que les voies de communication manquaient, et que le coût des transports eût dépassé de beaucoup la valeur des produits. Mais il y a toutes raisons de penser que les routes nouvelles que Ton est en train d'établir, donneront de l'activité à l'exploitation de ces richesses forestières. Aussi bien, il se fait une consommation énorme de charbon de bois dans l'Ile, et les charbonniers n'ont pas été sans dévaster quelque peu les forets, partout où ils pouvaient les atteindre en demeurant en relations assez faciles avec les centres susceptibles de leur acheter le charbon.
Les fruits abondent à Porto-Rico, fruits excellents et qui poussent sans culture, au moins quand il ne s'agit pas de les produire pour une clientèle d'exportation qui réclame une qualité régulière et des quantités considérables arrivant économiquement par grosses expéditions. Nous pouvons parler de la banane, ou plus exactement des bananes, que viennent, ici aussi, chercher les Compagnies spéciales américaines. Puis ce sont les citrons : ceux-ci font l'objet dès maintenant de plantations importantes, qui trouvent à écouler leurs produits dans d'excellentes conditions sur le marché de New- York ; des milliers d'hectares sont consacrés à ces plantations de citronniers, qui sont encore bien loin d'avoir pris leur plein développement, et de rendre ce qu'on est en droit d'en attendre. Ce sont surtout des capitaux américains qui ont servi à les créer ; auparavant, les citrons exportés étaient fournis uniquement
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par les arbres sauvages ou du moins non cultivés, et à coup sûr non fumés, qui se trouvent dans les régions montueuses, du côté de Ponce, d'Aguadilla et de Mayaguez. Pour les oranges, on commence à arriver à des résultats fort intéressants : le fait est que les expéditions atteignent au moins 250.000 caisses à l'heure présente. Et cependant, il s'en faut de beaucoup que cela soit dû aux plantations d'orangers qui ont été commencées un peu de côté et d'autre ; on tire parti surtout des orangers qui, dans les plantations de café, sont destinés à donner de l'ombrage aux caféiers. A noter que les oranges de Porto- Rico ont une saveur et une douceur exquises. Certainement l'industrie fruitière pourra permettre à bien des fortunes de se faire dans le pays, si elle est sagement conduite.
Citons encore les plantations de limons, qui donneront sans doute d'excellents résultats. Pour ce qui est des cocotiers, on pourrait sans peine en tirer le meilleur parti, alors qu'ils poussent actuellement au petit bonheur. Mais il est une culture qui se recommande par l'excellente qualité des fruits qu'elle produit : c'est celle de l'ananas. Non seulement on arrive à en expédier à l'état frais sur les États-Unis (principalement la variété que Ton s'est mise à planter dans la région de Mayaguez) ; mais encore trois ou quatre usines de conserves se sont installées dans le nord et l'ouest de l'Ile, qui mettent en boîtes et en conserve les ananas un peu susceptibles, et les vendent ensuite très facilement un peu partout.
On se préoccupe d'introduire dans l'Ile la culture du chanvre sisal, qui y viendra certainement bien; on prétend aussi pousser à la culture du coton. Il est sûr que le cotonnier peut très bien prospérer dans l'Ile et y donner
une bonne fibre ; mais il semble que le résultat ne soit pas assez attrayant au point de vue pécuniaire pour détourner les habitants de cultures ou d'industries plus rémunératrices.
Enfin nous ne devons pas oublier de parler de l'élevage, qui a été une des industries agricoles tout d'abord pratiquées à Porto-Rico : cela n'est pas pour nous étonner, étant donnée la facilité de cette industrie pastorale, et aussi en présence du chiffre élevé que nous avons vu représenter l'étendue des terres portoricaines consacrées au pâturage. Ces terres de pâture sont en train de diminuer, du fait même de l'extension des cultures plus ou moins savantes ; et pourtant, les exploitations de cannes tout comme les exploitations de tabac ont encore grand besoin de bêtes de trait ou de somme, puisque le machinisme n'a pas encore fait abandonner, les animaux pour les transports.
Le bétail a été recensé, mais il y a déjà quelques années, et nous serons sans doute en dessous de la vérité en disant que File possède 310.000 bêtes à cornes, 70.000 chevaux, 13.000 à 15.000 porcs, 5.000 à 6.000 chèvres, un peu moins de 5.000 mulets, et aussi quelques ânes destinés principalement à la reproduction. C'est à peine si l'on trouve 2.000 moutons, ce qui s'explique par ce fait que cet animal ne peut guère être élevé avec profit que dans les régions où la terre n'a pas grande valeur, et où il trouve de vastes étendues à sa disposition. Ajoutons qu'un cheval vaut quelque 30 piastres : ce sont des bêtes petites, mais fort robustes. Les bêtes à cornes ne se vendent pas plus de 20 piastres; on ne peut guère les amener à un bel état d'engraissement par suite du climat. Un mulet vaut autant qu'un cheval, ces animaux étant
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précieux sur les routes, ou à plus forte raison sur les sentiers montagneux de l'intérieur.
Il nous reste à indiquer rapidement les richesses naturelles que peut renfermer le sous-sol, et aussi à signaler les quelques industries manufacturières que Ton est susceptible de rencontrer dans l'Ile.