CHAPITRE PRÉLIMINAIRE
UxN COUP D^OEIL GÉNÉRAL SUR LES ANTILLES
J. Le champ que doit embrasser ce livre : Cuba, Porto-Rico, Haïti, Saint- Domingue et la Jamaïque; étude méthodique de ces régions dans leur situation économique, commerciale, industrielle, agricole, législative en dehors des questions historiques, et au point de vue pratique. — II. L'homogénéité générale de toutes les îles de la xMéditerranée américaine. Leur caractère. Les nationalités possédant à l'heure présente ces îles; ce que réserve l'avenir. — III. Quelques mots sur la population, le commerce et les productions des Petites Antilles. — IV. Les diverses races habitant actuellement les Antilles; les langues parlées et utiles. — V. Les relations des Antilles avec les autres contrées.
I. — Les divisions de la géographie physique, et à plus forte raison celles de la géographie politique, ont toujours quelque chose d'arbitraire, quand on veut, comme nous le désirons ici, se placer au point de vue commercial et industriel; quand on désire faire connaître les productions naturelles de certains pays, montrer comment on peut les mettre en œuvre, les diriger sur des contrées de consom-
mation, en établissant des relations entre celles-ci et ceux-là; etc. Dans des territoires qui ne sont pas sous * les mêmes lois, dans des îles séparées par des bras de mer larges ou profonds, on peut rencontrer des productions presque identiques, des richesses souterraines tout à fait analogues, des champs d'activité qui s'offrent semblables à ceux qui seront tentés de les exploiter, et aussi des climats peu différents.
Mais les particularités physiques feront néanmoins que les conditions d'accès aux différentes régions considérées varieront nettement; le régime politique imposera des obligations variables elles-mêmes aux étrangers qui voudraient créer des relations avec ces régions ; également à ceux qui seraient tentés de venir s'y établir pour y apporter leurs bras, leurs capitaux, leurs efforts, etc. Les lois auront une influence considérable, elles pourront arriver à modifier complètement le milieu, au moins dans sa mise en valeur. Et c'est pour ces raisons que nous ne pouvons qu'esquisser, que nous avons cru nécessaire de partager méthodiquement notre étude par pays; peut-être en résultera-t-il quelques légères redites, mais les recherches du lecteur en seront considérablement facilitées. Et nous souhaitons de faire ici une œuvre de renseignements, non point d'érudition ni de littérature. C'est d'ailleurs pour cela que nous négligeons à peu près complètement le côté historique, si intéressant qu'il soit en réalité ; nous n'en donnerons que ce qui est strictement indispensable pour faire comprendre l'état de la législation, la situation des étrangers, les mesures douanières prises vis-à-vis de tel ou tel pays, etc.
Nous nous limitons aux Grandes Antilles, comme notre titre l'indique : c'est-à-dire à ce qui était jadis les deux