‹ Les grandes AntillesChapitre 21 sur 62 · GRANDES · texte numérisé non relu

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facultative à Cuba. Les prix de passage sur les ports haïtiens sont exactement les mêmes que pour Porto-Rico, c'est-à-dire 700 francs en première catégorie, 600 francs en deuxième et 300 en entrepont.

Les autres communications par mer dont Haïti peut bénéficier ne la relient point toujours directement à l'Europe. Voici le service de la Hamburg-Amerika Linie, ou Packet, comme on l'appelle aussi parfois, et dont ce service spécial porte plutôt le nom de Atlas Line. Celle-ci est une ancienne Compagnie particulière qui a été rachetée par la Compagnie allemande, désireuse de monopoliser de plus en plus le commerce avec cette île où les Allemands comptent une colonie importante, tout au moins par sa valeur. La Compagnie allemande assure actuellement un service régulier et hebdomadaire entre New-York et jes différents ports d'Haïti ; elle a aussi un service mensuel venant de Hambourg, et qui, alternativement, passe ou non d'abord par les États-Unis. A noter, comme révélant la mainmise que poursuit la Compagnie allemande, son rachat récent de la Cameron Line, qui reliait les Etats- Unis à Haïti pour son propre compte. A titre de renseignement, nous dirons que le prix de passage par la Hamburg-Amerika Linie, en première classe, de New-York à Port-au-Prince, est de 12 livres 10 shillings. Nous devons également mentionner le service bi-mensuel de la Koninklijke West Indische Maildienst, entre Amsterdam Haïti, puis New-York et retour, alternativement ; la première escale est New- York, et à un autre voyage Haïti.

Quelques lignes existaient jadis qui ont disparu maintenant; c'est le cas de la Compagnie anglaise Royal Mail, ou encore de la Compagnie transatlantique espagnole, de l'entreprise H errera : la suppression de tous ces services

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n'est pas pour montrer que la situation commerciale du pays soit excellente.

II. — Les chemins de fer ne jouent pas encore un rôle bien considérable dans les communications intérieures ; ils se développent néanmoins, et il est nécessaire de se rendre compte de l'état dans lequel ils se présentent actuellement. Voici des années et des années que des concessions avaient été accordées pour rétablissement de voies ferrées ; mais c'est seulement en 1901 qu'on s'est mis aux travaux de la ligne de Port-au-Prince au Lac Saumâtre ; cette ligne a un développement de 45 kilomètres ; son écartement est de 0 m. 75. Le gouvernement a garanti un intérêt de 6 pour 100 sur le capital d'établissement, limité à 16.000 dollars du kilomètre ; cette garantie est gagée sur une partie des droits d'exportation. La ligne traverse la plaine Cul-de-Sac, une des parties les plus fertiles de l'Ile, et il est certain que ce moyen de transport pourrait avoir une influence précieuse sur le développement du pays. Pour l'instant, ce sont surtout des bois que transporte le chemin de fer, une Compagnie américaine s'étant constituée qui a établi une scierie sur le lac et expédie les bois débités. On prétend que l'on prolongera quelque jour cette ligne jusqu'à Maissade. C'est la même Compagnie qui exploite les tramways de Port-au-Prince.

On a accordé la concession d'une voie ferrée de Cap Haïtien à Grand-Rivière, et on espère un jour qu'elle atteindra Port-au-Prince ; pour l'instant, elle n'a qu'une longueur construite de moins de 25 kilomètres. Cette construction se fait aux frais de l'Etat ; mais on va concéder l'exploitation à des particuliers ; ils s'engagent à établir un embranchement de Grand-Rivière à Saint-Michel, qui se trouve sur la ligne principale dont nous avons parlé, ce

qui assurerait des relations directes entre Port-au-Prince et Gap Haïti. Une concession également a été accordée pour une ligne des Gonaïvesà Hinche, et nous devons dire que là les travaux sont commencés et poussés jusqu'à La Passerelle ; cette entreprise irait avec rétablissement d'un môle aux Gonaïves. On a en ce moment des ambitions assez vastes (étant donné le peu qu'on avait fait jusqu'ici), et c'est ainsi qu'une autre concession porte sur une ligne de Aux Cayes âu Gamp Perrin. Enfin on parle encore d'une ligne de Leogane à Aux Cayes, avec embranchements sur Jérémie et Coteaux, et peut-être jonction sur / Port-au-Prince. Il existe maintenant une Compagnie natio-

nale des Chemins de fer d'Haïti, ce qui est une nouveauté qui aura, espérons-le, une influence heureuse sur le pays.

III. — Au point de vue postal, Haïti, qui fait partie de PUnion Postale, n'est pas encore magnifiquement desservi (l'absence de voies ferrées ayant sa large influence en la matière). On compte une trentaine de bureaux; une partie des transports sont effectués par un service de petits vapeurs côtiers; les taxes postales sont maintenant payables en or. Pour les communications télégraphiques, c'est seulement en 1892 (ce qui semble invraisemblable) qu'une première ligne terrestre a été posée dans l'Ile : elle relie les principales villes entre elles ; construite par des particuliers, elle a été rachetée par l'Etat. Deux câbles relient Haïti au reste du monde. L'un appartient à une Compagnie française et gagne Cuba : il part du Môle Saint-Nicolas pour arriver à Santiago ; du reste, des câbles secondaires relient le Cap Haïtien et Port-au-Prince au Môle. I En outre, du Cap part un câble s«r Puerto-Plata (c'est-à-

dire Saint-Domingue) et se dirige ensuite sur l'Amérique du Sud.

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