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fort élevée, 30 cents le baril d'avoine, 50 cents la paire de carafes en cristal, 50 cents la douzaine de bas de coton, 4 dollars les (50 gallons de vin ordinaire, etc. C'est une loi du 4 septembre 1905 qui a arrêté les tarifs de douanes. On y trouve un chapitre de droits d'exportation : 3 dollars par exemple les 1.000 pieds d'acajou, 2 les 100 livres de brisures de café, 3 pour le café proprement dit, 3 pour les peaux de bœufs, aux 100 livres également ; et aussi des taxes frappant le cuivre, le henequen, le plomb, l'écaillé, les bois divers, sans parler de droits de statistiques divers. Des modifications assez nombreuses ont été apportées à ces tarifs, mais toujours dans le sens d'une aggravation : c'est ainsi qu'en août 1906, on a spécifié le payement des droits d'importation en or américain ou en papier-monnaie, au change de 305 pour cent. On a établi un peu après un tarif minimum et un tarif maximum, pour faire la base des fameuses conventions commerciales, où chacun essaye de ne rien donner à l'autre contractant; et le tarif maximum est formé par majoration de 50 pour 100 du tarif de 1905. On a modifié le payement des droits en juin 1907; mais c'était pour faire peser sur les marchandises des surtaxes énormes. Et en juillet de la même année, on a élevé encore le droit d'exportation du café triage. Tout cela parce que le Gouvernement a besoin de ressources pour ses dettes croissantes. En somme, les changements, quels qu'ils soient, sont encore plus mauvais que l'élévation môme des droits, car le commerce ne trouve plus aucune stabilité. Nous pourrions ajouter que ce commerce a également souffert d'une guerre de tarifs à laquelle Haïti et l'Allemagne se sont livrés, au préjudice de chacun des pays.
Nous avons fait allusion tout à l'heure à une convention
commerciale nouvelle signée entre Haïti et la France : elle a remplacé l'accord de 1900, et elle date de janvier 1907. Le principe en est que Haïti consent, en faveur de certains de nos produits, une réduction de 33 1/2 pour 100 sur l'ensemble de ses taxes douanières, tandis que la France lui concède en retour, pour 3 années, son tarif minimum au bénéfice des cafés, des cacaos, des bois, des chocolats, et un peu de tous les produits que nous avons cités dans l'exportation de File. La réduction à notre profit porte sur une foule d'articles, aussi bien les vins, les articles militaires, la chapellerie, que la chemiserie ou la bonneterie. Les autres pays se sont beaucoup émus de cette convention, et considèrent qu'elle peut amener la prédominance de bien des articles français ; les Belges en particulier, qui espéraient prendre pied sur ce marché, en désespèrent maintenant. Mais ce n'est point cela qui augmentera les facultés d'achat du consommateur haïtien, et c'est précisément ce dont on souffre ; il suffît des taxes d'exportation et de leur variabilité incessante pour étouffer le commerce et la production.
II. — Au point de vue bancaire, l'état du pays n'est pas très avancé, mais on peut se demander s'il serait opportun, dans la situation actuelle, de modifier et d'améliorer les conditions présentes. Il existe du reste la Banque Nationale, création d'origine française qui date de 1881. Elle possède son établissement principal à Port-au-Prince, mais aussi des succursales dans les divers ports ouverts. La direction supérieure est à Paris, mais l'administration courante est faite naturellement sur place. Cette banque a la nationalité haïtienne, elle peut posséder, acquérir, recevoir de toutes manières, comme un citoyen haïtien. Elle peut émettre du papier-monnaie sous certaines conditions,
HAÏTI
elle est chargée de la frappe des monnaies haïtiennes, etc., et du service de trésorerie du Gouvernement. Notons en passant que, dernièrement, on a présenté au Parlement un projet tendant à remplacer la Banque Nationale par une Banque Agricole.
Gela ne suffira pas à faire disparaître les maux dont souffre le pays, et en particulier la si mauvaise situation monétaire, où l'instabilité se fait sentir en même temps que la déplorable qualité de la monnaie. Disons d'abord que la circulation par tête d'habitant est de 6,74 dollars nationaux, ou gourdes, qu'il ne faut pas confondre avec le dollar américain remboursable en or. La monnaie est formidablement dépréciée, et le change subit des variations qui ruinent toutes les prévisions commerciales. En 1903, on se plaignait des fluctuations qui allaient de 100 à 150 pour 100; la prime est en grande partie sous l'influence de la récolte du café. Mais il y a eu mieux, ou plutôt pire, depuis lors. On a vu le change monter à 230 et 250 pour cent; ce qui n'empêchait pas le Gouvernement d'exiger pendant un temps le payement en or des droits d'importation, et, d'autre part, d'émettre du papier-monnaie, ressource enfantine des Etats aux abois. Durant Tannée 1905, on a vu le change atteindre le taux fantastique de 700 pour 100; et Ton reprit l'émission du papier-monnaie, la Banque Nationale n'ayant pu persévérer dans les efforts qu'elle avait tentés d'abord pour arrêter cette émission. Au commencement de 1906, le change était encore à 60 pour 100 ; il est vrai qu'à la fin de l'année il s'abaissait à moins de 370, ce qu'on considérait comme fort satisfaisant. Au commencement de 1907, un retrait de 5 millions de papiermonnaie l'a fait sensiblement baisser. On avait courageusement consacré au retrait du papier-monnaie une bojtme
partie des droits d'entrée. Mais par contre, et pour y trouver un bénéfice alimentant le budget, on a émis 1 .600. 000 gourdes de pièces de nickel de 5 centimes, et un million de pièces de 10 centimes. Rien qu'en papier-monnaie, il reste actuellement en circulation dans le pays près de 8 millions de gourdes. Les finances comme la monnaie sont avariées, et cela contribue encore à arrêter la mise en valeur d'un pays très riche.