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rablement. Le cacao a remplacé partiellement le café ; l'agriculture produit aussi un peu d'indigo, de vanille ; le coton a été délaissé jusqu'à ces temps derniers. Le commerce ne représente pas en tout et en moyenne 60 millions. Pour la Guadeloupe, avec ses annexes, on n'arrive pas à 40 millions. Les exportations portent principalement sur le rhum et le sucre, le campêche et la vanille. La population y approche de 200.000 âmes, comme dans l'autre colonie.
Des possessions hollandaises, la plus intéressante est Curaçao. La population n'en est pourtant que de ,'$0.000 habitants ; les productions ne sont pas variées : sel, phosphate de chaux, dividivi, pelures d'oranges. Le commerce général dépasse de beaucoup 8 millions de francs; mais le transit compte à peu près pour moitié, et sur le commerce spécial, les importations atteignent plus de 4 millions.
Parmi les possessions anglaises, la Jamaïque mise à part, nous citerons Trinidad et Tobago, qui ont une population de 250.000 âmes et un commerce total de 115 millions de francs. La production du sucre y a gardé de l'importance (50.000 tonnes par an), et le cacao y prend une place de jour en jour plus importante; à signaler l'asphalte, un certain bitter spécial, la fève de Tonka (qui vient en réalité de l'Orénoque), puis de l'élevage. La Barbade, avec sa population fantastiquement abondante de quelque 190.000 habitants (430 au kilomètre carré), est encore un centre d'affrètement ; sous son climat merveilleux, on cultive toujours fidèlement la canne à sucre, mais avec une technique agricole admirable, qui n'est pas encore suffisamment secondée par un matériel industriel perfectionné (détail intéressant à signaler aux indus-
triels spécialistes). Le commerce approche de 50 millions, partagé à peu près par moitié entre les importations et les exportations ; les sucres vont presque exclusivement aux États-Unis. Il y a beaucoup à faire dans l'installation de pêcheries sur le littoral.
Pour les Windward Islands entendues au sens anglais, et ne comprenant effectivement que des possessions anglaises, nous y trouvons Grenade, Saint-Vincent et Sainte- Lucie. Le commerce général de la première atteint quelque 15 millions, pour une population de 60.000 habitants. Les exportations portent principalement sur la muscade et le cacao, puis quelque peu le campêche et le gaïac. Comme ailleurs, on essaye de faire revivre la culture du coton. On a supprimé complètement le sucre de l'industrie agricole de ce pays, et on a ainsi évité une crise qui a sévi partout, et qui n'a été atténuée sur plusieurs points que par l'ouverture plus ou moins large du marché américain. La Grenade s'est transformée en centre d'approvisionnement pour les autres Antilles, et les fruits y sont cultivés sur une grande échelle en môme temps que les légumes. Saint-Vincent est une des Antilles qui ont le plus souffert de la concurrence du sucre de betterave ; la culture de l'arrow-root a été poussée à un moment de la façon la plus curieuse, et encore maintenant elle donne des résultats intéressants. On s'est mis au coton, au cacao, aux épices. Un cyclone, en 1898, et plus récemment une éruption volcanique, ont rudement éprouvé le pa}^s, dont le commerce, en année moyenne, est de 7 à 8 millions. Quant à Sainte-Lucie, c'est surtout une position stratégique, avec la baie magnifique de Castries, et aussi un dépôt de charbon. Ses 50.000 habitants font un commerce total de 7 millions à peu près ; les pro-
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ductions consistent principalement en sucre, cacao, campêche, café, épices.
Parmi les Iles Leeward, voici Antigua, avec ses 35.000 habitants, composés surtout de pauvres; son commerce, qui s'élève à 6 millions, est fait principalement de sucre, de phosphates et d'ananas, ces derniers à destination de la Grande-Bretagne. Saint-Christophe (ou Saint Kitts, comme on dit aussi) compte 30.000 habitants, surtout noirs, et avec ses annexes son commerce est de moins de 7 millions; on ne s'y occupe guère que de sucre, et la contrée se dépeuple peu à peu. Nous ne dirons plus qu'un mot de la Dominique, dont les 26.000 habitants font tout juste 2 millions et demi d'affaires, et où la baisse des sucres a produit une crise terrible. On s'y est rejeté sur les oranges, le cacao et môme le café.
Nous ne saurions manquer, même dans ces indications tout à fait sommaires sur les Antilles, de fournir quelques données sur les Bahamas (ou Lucayes). Leurs 14.000 kilomètres carrés ne sont pas peuplés de 50.000 habitants, en dépit d'un climat délicieux qui appelle les touristes. Le commerce y dépasse 12 millions et demi, mais les deux tiers sont en importations. L'industrie s'exerce, de même que le commerce d'exportation, sur les éponges, les huîtres perlières, les tortues à écailles, l'ambre gris, les ananas et l'henequen, plante fibreuse qui fait la fortune du Mexique, et qu'on pourrait utilement exploiter dans une grande partie des Antilles si, souvent, on n'était arrêté par la crainte de ne pas trouver là une de ces industries extrêmement rémunératrices auxquelles ont été généralement habitués les habitants des Antilles.
IV. — Nous demanderons au lecteur la permission de présenter quelques notions d'ensemble avant de finir avec
ce chapitre, qui forme comme une introduction aux études détaillées que nous avons en vue. Et d'abord, il faut se rendre bien compte des populations que l'on est appelé à rencontrer aux Antilles à l'heure actuelle. De race indigène, il ne peut plus en être question : il ne reste rien des anciens habitants des Iles du Vent, sauf peut-être des traces ethniques dans la population rurale de certaines grandes Antilles, comme Porto-Rico. Pour les Caraïbes des Iles sous le Vent, les Anglais ont permis à quelques milliers de leurs descendants de vivre isolés (et en dépérissant de jour en jour) dans certaines réserves. Point de sang indien, puisque la population de la Grande Terre, du continent américain, ne se soucie point d'immigrer dans les Iles ; mais beaucoup de sang noir, comme on le sait : ce sont les anciennes populations esclaves, qui ont été libérées à des époques variables, suivant les régions : détail qui lui aussi a bien son importance pour que l'étranger comprenne la psychologie des populations noires ou blanches des diverses îles. L'esclavage a disparu dès 1838 dans les Colonies anglaises; en 1848, dans les possessions de la France, de la Hollande ou du Danemark, et seulement en 1884, de façon définitive, à Cuba et Porto-Rico. Suivant les calculs de M. Renoz, que nous avons été particulièrement aise de pouvoir consulter à toutes sortes d'égards, les noirs, dans l'ensemble des Antilles grandes ou petites, représentent près des deux tiers de la population totale, exactement 63 pour 100. Et cela contre 25 pour 100 de blancs, le complément étant formé par 19 pour 100 environ d'Hindous et une faible proportion de Chinois, qui se trouvent presque uniquement à Cuba. Aussi bien, nous verrons que la population noire est peu abondante dans les deux
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grandes Antilles qui étaient hier encore possessions espagnoles ; alors que la proportion en atteint 99 pour 100 à Haïti, qu'elle est à peu près aussi forte dans des colonies anglaises comme Antigua, Sainte-Lucie, Saint- Vincent, et qu'elle dépasse 80 pour 100 dans les colonies danoises et françaises. La race noire convient particulièrement bien, par son tempérament, au travail agricole sous ce climat ; mais elle y répugne complètement, surtout sous l'influence du souvenir de l'esclavage. Il en résulte une difficulté de se procurer de la main-d'œuvre, qui est très utile à connaître à tous égards.
C'est du reste pour cela que Ton a eu recours à l'immigration indoue. Elle représente une population de 120.000 habitants environ, mais uniquement dans les colonies de la Grande-Bretagne et de la France, celles-ci ayant pu se procurer ces Indous dans leurs propres territoires coloniaux, ou tout au moins par une entente mutuelle. Une bonne partie de cette population devient « fixée », s'établissant à son compte une fois terminé le contrat de travail qui l'avait amenée dans le pays.
Les noirs voient d'un mauvais œil cette immigration, alors pourtant qu'il s'agit de suppléer à leur refus de travailler aux cultures. Pour les Chinois, ils ne sont plus introduits en grande masse comme jadis, et cela surtout par suite des mauvais traitements qu'on leur faisait subir; et ce ne sont guère que des cuisiniers, blanchisseurs, domestiques ou boutiquiers qu'ils deviennent maintenant. Nous en reparlerons à propos de Cuba.
Remarquons, en finissant ces indications rapides sur la population, que les blancs comprennent bon nombre d'Allemands, qui font de remarquables commerçants ; puis des Américains venant de jour en jour plus nom-
breux ; enfin que des Turcs et des Syriens maronites arrivent couramment, et fondent des entreprises commerciales qui réussissent.
A populations très mélangées, correspond fatalement un mélange de langues. Et le fait est que, dans toutes les Antilles, on parle généralement plusieurs langues. Nous pourrions citer en premier lieu le créole, dénaturation du français, qui se parle dans toutes les îles ayant appartenu même il y a longtemps à la France; c'est souvent ce que Ton parle à Haïti, bien que le français pur y soit la langue officielle. L'anglais s'impose un peu partout, surtout depuis que les Américains ont commencé de mettre la main sur les Grandes Antilles ; même dans les Iles Danoises c'est la langue populaire, le danois étant généralement ignoré de tout le monde. D'une manière analogue, le hollandais ne sert pas à grand'chose ; pourtant les fonctionnaires néerlandais le parlent! Dans ces colonies hollandaises (dont nous n'aurons pas occasion de parler), on se sert aussi d'une sorte de patois appelé papiamentu, et qui est fait à la fois, par suite d'invasions et d'immigrations, de portugais, de langue africaine, d'espagnol et de hollandais. L'espagnol est particulièrement précieux à connaître : on n'est pas près de l'abandonner dans les deux pays qui étaient encore espagnols il y a peu d'années, et où l'on a pourtant été si heureux de se débarrasser du « joug » de l'Espagne. C'est toujours une langue commerciale, même à Curaçao ; les populations de Cuba et de Porto-Rico le parlent constamment, tout en apprenant l'anglais dans les écoles ; et c'est la langue officielle de Saint-Domingue.
V. — Pour ce qui est des facilités que l'on peut avoir pour établir des relations commerciales ou personnelles avec