INTRODUCTION. XV
Lorsqu'il raconte la réintégration forcée au bout de peu de jours, — pour les nécessités du service, — de la majeure partie des fonctionnaires que les Etats avaient privés de leurs emplois, il ajoute : « Excepté les nommés vingt-deux, jasoit ce que aucuns d'iceux n'abandonnassent jamais leurs états'. » Or, nous savons que tel fut le cas du président au Parlement Pierre d'Orgemont. Le chroniqueur précise avec soin les dates de certains faits, d'ordre général sans doute, mais qui l'avaient touché de près : le 23 mars, destitution des officiers royaux ; vers la fête de la Madeleine de la même année, rappel du plus grand nombre 4'entre eux, à l'exclusion toujours des mêmes « vingtdeux », qui s'étaient attiré les inimitiés les plus vivaces. Enfin, il triomphe avec ces derniers lorsque arrive l'heure de la réparation tardive, mais d'une solennité exceptionnelle : « Le mardi 28'' jour du mois de mai (1359), le dit régent prononça par sa bouche que, à tort et sans cause raisonnable, il aA'^ait privé de leurs offices les vingt-deux personnes visées par l'ordonnance des trois États, l'an cinquante-sept, et qu'il avait toujours trouvé lesdits officiers bons et loyaux; mais l'évêque de Laon et les tyrans traîtres qui avaient entrepris le gouvernement le lui firent faire par contrainte, si comme il dit lors, et il les restitua en leurs états et renommées'^. »
Paris, les quelz l'eu povoit chascun jour veoir et avoir qui aucune chose leur vousist demander. »
1. Op. cit., t. I, p. 112 : « Exceptez les nommez xxii, jasoit ce que aucuns d'iceuls n'en laissassent onques leurs estas. »
2. Op. cit., t. I, p. 230-237 : « Le mardy, xxviii" jour du dit mois de may, le dit régent prononça par sa bouche que, à tort et sanz cause raisonnable, il avoit privé de ses offices les xxii personnes qui avoient esté privez par l'ordenance des trois Estaz,