‹ Les grandes chronique de France (volume 2)Chapitre 18 sur 110 · INTRODUCTION. XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXIII

de la chronique suffit à dissiper. L'histoire de Philippe de Valois est bien jusqu'au bout l'œuvre d'un religieux de Saint-Denis, naturellement fort au courant et très occupé de tout ce qui concerne son abbaye * , et qui parfois se met lui-même en scène de façon à ne laisser subsister aucun doute sur la réalité de sa profession monastique 2. A partir du règne de Jean II, un homme tient la plume, qui n'est plus un moine et attache moins de prix aux menues « incidences », où se complaisaient parfois ses prédécesseurs. Les faits de guerre ne sont pas omis, mais ils ne tiennent pas

p. 21-23, no 3099 : « Dès l'an 1340, le récit commence à se modifier, puis à partir du chapitre xxi du règne de Philippe VI (P. Paris, t. V, p. 389), il change complètement de nature. La disposition est toujours la même; l'auteur ou les auteurs suivent l'ordre chronologique en notant sous la rubrique : Incidence, les faits relatifs à l'histoire européenne, mais le caractère officiel de l'œuvre se marque de plus en plus. Cette partie vient peutêtre encore de Saint-Denis, mais on n'en saurait dire autant de la suite à dater de 1350. »

1. Les Grandes Chroniques de France, éd. de P. Paris, t. V, p. 427 (1343), 431 (1343), 455, 456, 457, 465 (1346), 485 (1347).

2. Ibid., p. 455 (1346) : « Et combien que en nostre maison de Rueil, laquelle Charles le Chauve, roy empereur, donna à nostre eglyse, il boutassent (les Anglais) le feu par pluseurs fois, toutes voies par les mérites de monseigneur saint Denis, si, comme nous avions en bonne foy, elle demoura sans estre point dommagiée. » P. 457 (même année) : « Si s'en parti le roy de Saint-Denis et passa de rechief par Paris dolent et angoisseux, et s'en vint à Antongny, oultre le Bourc-la-Royne, et ilec se loga le mercredi, et endementres le roy d'Angleterre faisoit refaire le pont de Poissi qui estoit rompu, et cil qui l'avoit 01 et veu si le tesmoigna; car nous veismes à l'eglyse de Saint-Denis, et en la salle où le roy estoit, un homme qui se disoit avoir esté pris des anemis et puis rançonné, lequel disoit appertement et publiquement, pour l'honneur du roy et du royaume, que le roy d'Angleterre faisoit faire moult diligemment le pont de Poissi, et vouloit celuy homme recevoir mort s'il ne disoit vérité, etc. »

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