Op. cit., t. VI, p
xxxviii INTRODUCTION.
les plus heureuses, sans négliger de tenir compte des différences plausibles que je remarquais dans d'autres leçons. Et maintenant, si l'on prend de ces éloges une occasion de nie blâmer de n'avoir pas rigoui-eusement suivi la lettre du manuscrit 8395, à l'exclusion de tous les autres, je répondrai que nul manuscrit, tel (sic) excellent qu'il soit, n'est exempt de lacunes, de légères bévues, d'erreurs palpables. Quand on a le malheur de n'avoir qu'une leçon d'un texte ancjen, il faut bien le livrer à l'impression avec toutes les fautes de cette leçon, sauf à tenter dans les notes des corrections plus ou moins vraisemblables; mais en présence de quarante leçons des Chroniques de Saint-Denis, à la suite de trois éditions gothiques, devais-je préférer le travail le plus facile, c'est-à-dire la reproduction d'un seul texte? Je ne le crois pas; j'ai cru mieux faire en établissant ma leçon sur la base constante d'une ancienne transcription, mais en préférant toujours le sens qui me paraissait le mieux autorisé 1. »
Quand on a eu l'occasion et le devoir de comparer l'édition de P. Paris avec le manuscrit français 2813, on n'est pas médiocrement surpris en lisant les explications qui précèdent. Claires peut-être tant qu'on ne cherche pas ce qu'elles veulent dire, elles sont confuses et difficiles à entendre, dès qu'on s'efforce d'en dégager la vraie pensée de l'auteur. Il y aurait bien des réserves à faire sur la façon dont un érudit, d'ailleurs très estimable, homme de savoir et homme do goût, comprenait le rùle et la mission d'un éditeur de textes histori({ues. S'arroger le th'oit de changer les mots « obscurs ou vieillis », de les remplacer par d'autres « plus intelligibles », c'est prendre avec les textes publiés de singulières libertés, bien dangereuses,