‹ Les grandes chronique de France (volume 2)Chapitre 52 sur 110 · Cf. Istore et c/ironiques de Flandre, t. II, p · texte numérisé non relu

Cf. Istore et c/ironiques de Flandre, t. II, p

terre à aucuns des subgiuz, amis ou allés du roy de France ne du roy de Castelle, et avant ce qu'ilz meftissent ou peussent mefl'aire chascun d'iceulz iroit en sa maison. Et, pour ce que les diz Anglois n'avoient aucuns vaisseaux pour culx en aler par mer, le dit roy de Castelle leur en presta, et ils promistrent et jurèrent les lui renvoier tantost qu'ilz seroient descendus en Angleterre*. Et, pour ce que en traictant les choses dessus dites, le dit conte de Gantebruge se nommoit fils du roy de France et d'Angleterre, le dit roy de Castelle ne voult passer ne accorder les lettres es (juelles le dit conte mettoit ce tiltre, et convint qu'il ostast fils du roy de France et qu'il meist seulement fils du roîj d'Angleterre.

Item, en celle saison, le Roy, qui voulentiers eust mis accort entre le conte de Flandres et les Flamens, qui estoient à siège devant la dite ville de Audenarde^,

1. Voy. Ayala, Crônicas de los reyes de Castilla, édit. Llaguno, t. II, p. 156-160.

2. Humilié et vaincu par les Gantois, Louis de Maie, imposant silence à son orgueil, se rendit en suppliant à la cour de Paris. La chute de ce prince n'y inspirait aucune commisération. « Il existait cependant de puissantes raisons politiques pour ne pas lui refuser le secours qu'il implorait. Les événements de Flandre, salués avec enthousiasme à Rouen et à Paris, semblaient menacer d'une révolution prochaine le royaume, travaillé depuis plusieurs années par un sourd mécontentement. On n'ignorait pas, d'autre part, qu'aussitôt après leur victoire les Gantois avaient envoyé, en Angleterre, des ambassadeurs à Richard II, l'avaient reconnu comme roi de France et cherchaient à le décider à un débarquement. Enfin, les Flamands étaient urbanistes... et la France, considérant la cause de Clément VII, le pape d'Avignon, comme sa propre cause, devait saisir avec empressement l'occasion d'intervenir en sa faveur. Philippe le Hardi, oncle du jeune roi

envoia messages à Tournay notables, pour traictier entre les parties, c'est assavoir l'evesque de Laon*, messire Arnault de Gorbie, premier président de parlement, et messire Enguerran de Hedin^, seigneur de Ghasteauvillain, lesquelx messages du Roy, quant ilz furent à Tournay, envoierent à Phelippe Artevelle, cappitaine des diz Flamens, lettres par les quelles il lui signifioient qu'ilz estoient venuz à Tournay, du commandement du Roy, pour parler à lui et à autres de Flandres, et qu'il leur envoiast un saufconduit pour aler parler à eulx, le quel Phelippe Artevelle leur respondit par la manière que s'ensuit :

« Très nobles et très haulx seigneurs, nous avons receu et veu vostres lettres, à nous envoiées, faisant mencion que nous vous envoiemes lettres de sauf conduit pour certaines personnes, en voz dites lettres expressées, sur lesquelles vostres tresnobletez plaise assavoir que nous envoirons très volentiers lettres de saufconduit aux dictes personnes, en telle manière que toutes les forteresses et villes, qui sont closes et fermées

Charles VI, ne manqua pas de développer devant lui toutes ces considérations. Destiné par son mariage avec Marguerite de Flandre à recueillir prochainement la succession de Louis de Maie, il souhaitait avec ardeur la fin d'une guerre qui pouvait l'entraîner plus tard dans de graves difficultés et qui, en attendant, ruinait son héritage » (Henri Pirenne, Hist. de Belgique, t. II, p. 196-197). Charles VI se fit l'instrument du duc de Bourgogne. Dès le début du mois d'octobre il était décidé à intervenir, et le 18 il allait prendre l'oriflamme Saint-Denis (Froissart, Chroniques, t. X, p. lxxiv, n. 2).

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