‹ Les grandes chronique de France (volume 2)Chapitre 53 sur 110 · Milon de Dormans · texte numérisé non relu

Milon de Dormans

2. Enguerran d'Eudin. Son nom est donné sous cette forme plus correcte dans les autres manuscrits.

contre la ville de Gand, soient descloses et ouvertes à la volenté de la dicte ville de Gand\ ainsi que nous chargasmes à ceulx qui derrenierement pour celle niesmes chose furent envoiez par deçà. Nostre Seigneur soit garde de vous. Escript à Gand le x* jour d'octobre.

« Phelippe Artevelle et ses compaignons. »

Quant les diz seigneurs du Conseil du Roy, qui avoient esté envoiez à Tournay par le Roy, comme dessus est dit, orent veues les lettres dessus transcriptes du dit Phelippe Artevelle et ses compaignons, ilz renvoierent derechief par devers les diz Flamens et leur rescriptrent comme ilz voulsissent envoier le dit saufconduit, car, se les diz conseillers du Roy avoient parlé aux diz Flamens, ilz creoient fermement qu'il y auroit bon appointement et bonne conclusion en la besoingne, selon ce que le Roy le vouloit et desiroit. Si renvoierent les diz Phelippe Artevelle et ses compaignons flamens derechief autres lettres, dont la teneur s'ensuit :

« Très chiers et grans seigneurs, receu par nous vostres lettres et bien entendu le contenu en icelles, sur lesquelles vous plaise savoir que en nulle manière ne povons [envoier] lettres de saufconduit, ne avoir aucune deliberacion ne advis sur ce que vous avez escript, se ce n'est que vous apportez la chose, si comme autresfoiz escript vous avons. Et, pour ce qu'il nous semble que vous n'estes pas chargié d'apporter, ainsi que autresfoiz vous a esté escript, si est il que

1. Il n'y avait plus que les garnisons de Terreraonde et d'Audenarde qui tinssent encore dressée la bannière du comte.

nous VOUS prions que de ce vous [nous] vieulliez laissier de traveillier* et en bonne paix, car autrement l'entente du commun pais n'est mie que en baillera autres lettres à aucune personne, se ce n'est que les forteresses soient descloses. Et nous semble que vous pourriez bien croire de cen que dit est, car nous tenriomes, comment que nous sommes petit et povres, aussi voulentiers cen que nous parleriomes comment feroient les grans seigneurs. Nostre Seigneur vous ait en sa saincte garde. Escript à Edelaer^ le xmi" jour d'octobre.

<r Phelippe Artevelle et ses compaignons^. »

Quant les gens du Roy estans à Tournay orent receu ces lettres, ilz se partirent et rapportèrent au Roy cen qu'il avoient trouvé es diz Flamens, et pour ceste cause le Roy ot conseil et deliberacion de laissier son voyage, qu'il avoit entrepris en Guienne, et fist sa semonce pour [aler] en Flandres, et ce pendant le duc de Berry vint de la Languedoc en France devers le Roy, pour lui dire le fait du pais de par delà. Si fist le Roy assembler son Conseil pour savoir qu'il avoit à faire^, et pour ce que aucuns dudit Conseil tenoient qu'il n'estoit pas bon que le Roy alast en sa personne en Flandres, et les autres tenoient le contraire, délibéré fut qu'il yroit jusques à Arras, et là se prendroit la conclusion de cen qu'il devroit faire^, et fut le

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