‹ Les grandes chronique de France (volume 2)Chapitre 67 sur 110 · Provoqué, défié · texte numérisé non relu

Provoqué, défié

3. Bernard et Henri Prost, Inventaires mobiliers et extraits des comptes des ducs de Bourgogne de la maison de Valois, t. n, p. 131, n° 789. « 10 juillet, offrande la duchesse (de Bourgogne) aux Chartreux et aux Cordeliers de Beaune « pour prier « pour messire Guy de la Tremoille, chambellant de Mgr, « lequel se devoit combatre briefvement devant le Roy contre « un chevalier d'Angleterre ». La duchesse « a oy la grant messe » aux Chartreux, dans la même intention.

4. La Chronographia (t. in,p. 54) indique, à tort sans doute, un autre emplacement, qui était souvent désigné pour des rencontres de ce genre : « Intrante autem Guidone de la TriraoIIa in locum pro duello aptatum, rétro monasteriura Sancti Germani de Pratis, versus portam posteriorem... »

Item, le mardi ensuivant, xiiii^ jour du dit mois de juillet, l'Anglois, premièrement comme requérant, et le dit messire Guy de laTremoille après, entrèrent es dites lisses, et y estoit le Roy présent sur un eschauffaut, et, après ce que on ot veu et après ce que on ot advisé leurs glaives, sanz qu'ilz feissent aucuns seremens, et que le connestable de France ot dit : « Laissiez les aler », se partirent chascun de sa place et vindrent l'un contre l'autre, pour faire leurs devoirs, mais le Roy, qui ne voult pas souffrir que sans occasion ou querelle aucune les diz chevaliers se combatissent , prist la besoigne en sa main, et ainsi ne se combatirent pointa

Item^ le dimenche if jour d'aoust l'an Iir IIII" et trois dessus dit, le Roy parti de Paris et ala à Saint- Denis quérir l'oriflambe^, et de là en Flandres, pour combatre les Anglois, qui là estoient venuz et estoient a siège devant Yppre, et ala droit à Arras et de là vers Therouenne. Et le derrain jour dudit mois d'aoust se ala logier le Roy à Creseques près de Therouenne^, sur une rivière appellée le Lis. Et landemain, premier jour de septembre, cuidoit le Roy veoir son ost ensemble, mais tant pour la bruyne, qui fut grande au matin, comme pour les fumées, qui furent si grandes au

1. On trouvera dans la Chronograplna (t. III, p. 54-56) quelques détails de plus sur ce duel, retardé d'abord par une pluie torrentielle de trois heures, et empêché ensuite par le Roi, qui traita très généreusement les deux champions.

2. Il s'agissait, en effet, de riposter par une croisade clémentine à la croisade urbaniste de l'évêque de Norwich et des Anglais.

3. Ancien château de la commune de Louches (Pas-de- Calais, arr. de Saint-Oraer, cant. d'Ardres).

desloi'ier (jue on ne veoit j^oute, car chascun boutoit le l'eu en son logis, et pour la grant multitude du charroy, qui y estoit, ne se pot faire. Et pour ce ne vit le dit jour fors les gens de la bataille du duc de Bourgoigne, lescjuelx il vit touz ensemble sur une montaigne près de Theroueime, touz en bataille, et estoient de VI à VII" hommes d'armes*, et estimoit on bien que en l'ost avoit bien [xx] mille que chevaliers que escuiers aux gaiges du Roy, et ainsi le disoient le connestable et les mareschaux, sans leducdeBretaigne et ses gens^.

Item, ce dit premier jour de septembre fut le premier logis en ordenance^, et furent en l'avantgarde le dit duc de Bretaigne, le conte de Flandres, les mareschaux de France et de Bourgoigne, et avoit en la dite avantgarde, si comme on disoit, vi" lances, et se loga le dit jour oultre le Lis, à une lieue près de Cassel.

Item, après estoit la bataille du Roy où estoient les ducs de Berry, de Bourgoigne, de Bourbon, de Lorraine, de Bar et pluscurs autres grans seigneurs, et disoit on qu'ilz estoient bien x" lances et plus, et furent logiez celle journée à Blandelles, à deux lieues de Cassel ou environ^.

1. Var. : « de six à ouit mille hommes d'armes » (Bibl. nat., ms. fr. 10134, fol. 306 v»).

2. Il y a de grandes divergences entre les chroniques, en ce qui touche l'effectif de cette armée. L'évaluation qu'on trouve ici est une des plus modérées et a quelque chance d'être exacte.

3. C'est-à-dire que ce fut le premier jour où, pour la marche et le logement, on observa le dispositif d'une armée en campagne.

4. Var. : « Blandelke » (Bibl. nat., rass. fr. 10134, fol. 307;

Item, en l'arrieregarde avoit pluseurs grans seigneurs, contes et autres, et le remanant des gens d'armes qui estoient en l'ost du Roy.

Celle nuit les Anglois, qui estoient à Gassel, s'en alerent et y boutèrent le feu.

Landemain, jour de mercredi ii® jour de septembre, le Roy s'ala logier à une lieue près de Gassel, et estoit l'ost presque tout ensemble, et passa cellui jour le Neuf-Fossé ^ et demoura au logis^ le mercredi et le juedi ensuivant.

Item, le vendredi mi® jour du dit mois, ala logier à Ravembergue^, et fut son corps logié en un hostel emprès la ville et son ost environ.

Item, ce jour fut assailli par les gens messires Guillaume le Bastart^, le bailly de Vitry^ et d'aucuns autres de l'avantgarde, un moustier que tenoient les Anglois, que on appelloit Nurlons®, et fut gaengnié, et tous ceulx qui estoient dedens ou mors ou pris.

Item, cellui jour fut assaillie une autre forteresse,

fr. 17267, copie de D. Coupé, fol. 22 v°). — Blandecques ou Blendecques, Pas-de-Calais, arr. et cant. de Saint-Omer.

1. Ancien fossé séparant la Flandre de l'Artois, actuellement canal de jonction de la Lys et de l'Aa.

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