Ms. : « traictiers
Au dos du rouleau sont transcrits, en deux listes distinctes, sur quatre colonnes et dans l'ordre indi([ué ci-après, les noms des conseillers appelés aux deux séances mémorables du 30 juin et du 28 décembre 1368.
A (30 juin 1368).
L'arcevesque de Senz.
L'evesque de Beauvaiz, chancelier de France.
L'evesque de Constances.
L'evesque de Chartres.
L'evesque de Nevers.
L'evesque de Paris.
L'abbé de Clugny.
Le duc de Berry et d'Auvergne.
Le duc de Bourgoigne.
Le conte d'Estampes.
Le Grant Prieur de France.
Nicolas Braque, chevalier.
Le maistre des arbalestiers.
Charles de Poitiers, chevalier.
Syraon de Bucy.
Le seigneur de Vodenay.
Le seigneur de Vinay.
Jehan de Rie, sire de Rie.
Pierre d'Orgemont.
Le conte de Tancarville.
Le conte de Monleseun.
Pierre d'Avoir, chambellan.
Bureau de la Rivière, chevalier.
Pierre d'Auraont, chevalier.
Philippe de Savoisy, chevalier.
Guillaume, sire de Dorraans.
Loys de Sancerre, maréchal.
Pierre de Villiers, chevalier.
Jaques d'Andrie.
Ancel Choquart.
Jehan des Mares.
Pierre de Chevreuse.
Le prevost de Paris.
Le doyen de Paris.
Alfons Chevrier.
François Périlleux, chevalier.
B (28 décembre 1368).
Le cardinal de Beauvaiz.
L'arcevesque de Sens.
L'arcevesque de Bourges.
L'evesque de ïherouenne.
Le conte de Tancarville.
L'abbé de Fescamp.
Le conte de Salebruche.
Messire Bureau de la Rivière.
L'evesque de Coustances.
L'evesque de Beauvaiz.
L'evesque de Paris.
L'evesque de Saint - Brieuc ,
chancelier de Bretaigne.
L'evesque d'Arraz.
L'abbé de Saint-Denys.
Le Grant Prieur de France.
Le conte d'Estampes.
Messire Symon de Bucy.
Maistre Pierre d'Orgeraont.
Le doyen de Paris.
Le seigneur de Vodenay.
Messire Pierre de Chevreuse.
Alfons Chevrier, evesque de
Lisieux.
Le chancelier de Notre-Dame
de Paris.
Maistre Jehan des Mares.
Maistre Jehan Pastourel.
Messire Guillaume de Ree-
court.
Messire Guillaume Blondel.
Maistre Bertrand de Chanac,
Messire Pierre d'Aumont.
Messire Philippe de Savoisy.
Messire Guillaume, sire de
Dormans.
Messire Loys de Sancerre.
Le senechal de Henaut.
Messire Pierre de Villiers.
Messire Nicolas Braque.
Le maistre des arbalestiers.
Ymbaut du Peschin.
Maistre Jehan le Coc.
Maistre Guillaume de S'-Ger-
main.
Maistre Jehan de Chatou.
Maistre Jehan Chalemart.
Le Prieur de Sovigny.
Maistre Jehan de Hetomesnil.
Le sire de Louppi.
Le maréchal de Blainville.
Le chancelier de Berry.
Le chancelier d'Orliens, Le Prévost de Paris.
Février-mars 1369.
La « Bille » du roi d'Angleterre. — (Arch. nat., J. 655, n^ 31 . Original, parchemin'.)
A la révérence Nostre Seigneur et pur bone pees garder, nurrir et maintenir h perpétuité entre le roi d'Engleterre,
1. La lettre originale, conservée au Trésor des chartes, sous
iiO APPENDICE.
son roialme, ses terres el subgitz, et le roi de Ffrance, son roialme, ses terres et subgitz, et pur esparnir effusion de sank christiene, et aussi pur bien de toute le commune poeple, si est avis au Conseil le roi d'Engleterre que toutes les demandes, contencions, debatz et questions, meuz et desmenez parentre les deux rois et autres, à cause de eulx, puis la paix darrenierement faite, se mettront en ordinance et bon appointement d'estre fînablement appaisez, et la dicte paix bien tenue et gardée parentre eulx à louz jours, parmy l'accomplissement des choses dessouz escrites.
Et primierenient que, là où les messages de Ffrance, pur appaiser touz les debatz de la terre de Belleville et de toutes autres terres contencieuses entre les deux rois, ont offert au roi d'Engleterre la commune paix de Roerge, le chastel de la Roche-sur-Yone, la contée de la Marche et les terres du conte d'Estampes en Aquictaine, voirs est que la dicte commune paix de Roerge, par mandement du roi de Ffrance, a esté baillé et livrée au roi d'Engleterre par la paix, et ensi le tient il et possède à présent. Si semble au dit Conseil que ele lui devra demurrer h perpétuité, sanz y estre mys aucune empeschement. Et semble aussi que le dit chastel de la Roche-sur-Yone, q'est notoirement assis dedanz la terre et le paiis de Poytou, lui devra aussi demurrer par la dite paix.
Et quant h la contée de la Marche et les terres d'Estampes, le roi d'Engleterre ne son Conseil n'en ont aucune conissance de la value, mais le Roi envoiera, pur s'en
la cote donnée ci-dessus, est écrite d'une main anglaise, et dans le dialecte franco-anglais employé par la chancellerie d'Edouard 111. Elle a été insérée dans les Grandes chroniques, mais d'après une copie contemporaine dont le texte a été ramené au dialecte de l'Ile-de-France (Arch. nat., J. 654, n" 4). La « bille » a donc été imprimée plusieurs fois, mais jamais dans sa forme première, et c'est pourquoi je n'ai pas cru inutile de la publier ici à nouveau.
enfourmer, et, si les dites terres soient de si convenable value qe ils purront auques près recompenser la terre de Belleville, selonc l'entencion du tretée de la paix, le dit Conseil pense bien que le Roi se prendra assez près de les recevoir, ou cas qe la terre de Belleville ne se purra rendre en aucune manière en propre substance. Et supposée que la dite contée de la Marche et les terres d'Estampes ne soient notablement de la dite value, si pense tout dys le Conseil du roi qe le roi de Ffrance y ordenera d'autres terres en ce cas, dont le roi d'Engleterre se tendra content pur la dite terre de Belleville, en accomplissant quant à ce tretée de la paix, et aussi les autres terres et lieux, qi restent unqores à bailler et délivrer eu paiis d'Aquictaigne, soient baillez, ou souffisant recompensacion pur ycelles, dont le Roi se purra tenir content.
Et, quant as hommages et feez de Cayheu, Hupy, Viergiers, Airaignes et autres, qi restent encores à bailler en Pontieu, et aussi la ville de Monstrell sur la meer, et oultre ce L'Angle, qi est par exprès compris dedentz les metes et boundes de Calays et de Merk, semble au dit Conseil qe toutes les dites choses tant evidentment appartiegnent au Roi, et dont il a bone et clere conissance, selonc l'effectet l'entencion de la paix susdite, qe il ne les devra par nulle voie lesser.
Et oultre ce le dit Conseil s'en ad parfoundement purpensé, par merveillant tresentierement, coment le roi de Ffrance ad receu ou volu recevoir les appealx du conte d'Armanyak, du sire de La Bret et de lour adherentz et compliz, attendu q'il estoit et est tenuz et obligez par la dite paix d'avoir baillé et délivré au dit roi d'Engleterre, ou à ses députez, toutes les terres comprises es lettres ovesqes la clause c'est a^saçoir, et, ycelles délivrées et baillées, tantost avoir renouncié expressément as resortz et souvrainetées, et ce pendant avoir sursiz de user de souvrainetée et de resort en les terres sursdites et de recevoir aucunes appellacions et de rescrivre à ycelles, si come
toutes cestes choses et autres soient assez clerement comprises es lettres devantdites. Si ad partant sursis le roi de Ffrance tanqes encea de user les dites souvrainetées et resortz, et est tout vrai qe le conte d'Armanyak et le sire de Le Bret, et touz les autres vassalx et subgitz des seignuries et terres en Aquitaigne, en ont fait hommage lige au roi d'Engleterre corne à seignur souvrain et lige, et encontre toutes les persones qi purront vivre et morir, et depuis il ont fait aussi hommage au prince, retenu et réservé par exprès la souvrainetée et le resort au roi d'Engleterre, dont par les dites causes et autres resonables semble au Conseil le roi d'Engleterre qc, considéré la forme de la dite paix, qe tant estoit honurable et profitable au roialme de Ffrance et h toute Christiantée, qe la réception des dites appellacions n'ad mye esté bien fait, ne passée si ordeniement, ne à si bon affeccion et amours, come il devoit avoir esté fait de reson, parmy l'effect et entencion de la pees et les alliances afifermez entre eulx, einz semblent estre molt préjudiciables et contraires h l'oneur et Testât du Roi et de son filz le prince et de toute la maison d'Engleterre. Et purra estre évident matire de rébellion des subgitz, et aussi doner tresgrant occasion d'enfreindre la paix, si bone remède sur ce n'y soyt mys plus hastivement. Et, come le roi d'Engleterre s'en est tout dys depuis la paix desporté de s'en appeller ou porter roi de Ffrance , par lettres ou autrement, et par meisme la manere le roi de Ffrance se deust avoir desportez de user de souvraineteez et resortz avant touchez. Nientmains, ou cas qe le roi de Ffrance veullie amiablement reparer et redrescer les ditz attemptatz, et remettre les diz appellantz ariere en la vraie obéissance du dit roi d'Engleterre, et faire expressément les renunciacions et delaissemenlz des souvrainetées et resortz, accordez affaire de sa partie, en envoiant ses lettres au roi d'Engleterre par fourme de la dite paix, la quele chose si est proprement la substance et effect de la dite paix, et sanz la quele ele ne se purra aucunement tenir, adonqes pense
bien le dit Conseil que le roi d'Engleterre ferra les renunciacions affaire de sa partie, et sur ce envoiera ses lettres au roi de Ffrance, et quanqes il est tenuz affaire selonc la forme de la paix sursdile. — B. R.'.
2, 9 et 11 mai 1369, Paris.
Assemblées solennelles tenues au Parlement de Paris, au sujet de la réception des appels de Guyenne. — (Arch. nat., X"» 1469, fol. 340 v°-342.)
Mercredi ii® jour (de mai), au conseil. Et ce jour se présentèrent le conte d'Armignac et les autres barons, villes et singuliers appellans de langue d'oc et adherens aux appellacions, faites du tluc de Guienne et ses officiers en la court de France.
Jeudi III® jour. Furent receuz les appellacions comme hier.
Mardi viii^, au conseil. Mercredi ix". Le Roy teint sa court en Parlement, et lui assistèrent les arcevesques de
1. Ce sont les deux premières lettres du nom d'un notaire anglais bien connu, Jean Branketre ou de Branketre.
Au dos de la pièce, on lit les deux notes ou cotes suivantes, l'une et l'autre du xiv" siècle :
« Iste rotulus vocatur Billa, que fuit tradita pro responsione per regem Anglie seu ejus consilium domino de Dormano, decano Parisiensi, et aliis ambassiatoribus Régis, qui fuerant missi in Angliara super certis articulis et responsionibus obtinendis, anno Domini MCCCLXVIII, et est signata signo Branquetre, in fine ultime linee. »
« Ci s'ensuit la responce du roy d'Angleterre faite aus messagers du roi de France, signée du signet au secret conseil du dit roy d'Angleterre.
« Et finablement a dict le roy d'Angleterre qu'il sent son droit si cher sur le fait de Monstereul et de Belleville que sur homme ne s'en mettra ne commissaire n'en pranra. »
Reins, de Sens, de Tours et les evesques de Coutances, d'Evreux, de Noion, d'Arras, de Trois, de Baiex, du Mans, de Paris, de Lisiex, d'Orliens, et les abbés de Fescamp, de Saint-Denis, de Tournuz, de Saint-Eloi de Noion, et plusieurs autres, la royne Jehanne, les duz d'Orliens et de Bourgoigne, les contes d'Alençon, d'Estampes, de Bologne et de Molezon (Montlezun), le Grand Prieur de France, le conte de Tanquarville, le[s] sire[s] de Lebret, de Chasteillon, et pluseurs autres barons et chevaliers.
Et là fist le Roy exposer par le cardinal de Beauvez, chancelier de France, premièrement, et tantost après plus à plain par Mons. Guillaume de Dormans, chevalier, frère du dit cardinal, les traictiez et alliences que le Roy nostre dit seigneur, et son père le roy Jehan, que Diex absoille, avoient euz au roy d'Angleterre et à ses enfans et pais, et comment il estoient venuz contre les diz traictiez et alliences, en soubstenant les compaignies ou seuffrent ou royaume de France, contre le dit traictié et alliances, et comment le Roy nostre dit seigneur avoit bien fait son devoir envers euz, et euz avoient fait au contraire, comment aussinle Roy povoit et devoit recevoir les appellacions du conte d'Armignac et des appellans du païs de Gascoingne, selon le traictié de la paiz, et ce fist il exposer aux prelas et gens d'esglise, nobles et bonnes villes, qu'il avoit pour ce mandées, et finablemenl leur requist conseil et avis sur une certaine cedule, autrement appellée bille, que le roy d'Angleterre avoit envolée au Roy, pour finable response du traictié, pourparlé dernièrement en Angleterre, entre les messagers du Roy et le Conseil du dit roy d'Angleterre, par laquele bille le roy d'Angleterre requeroit que tantost le Roy meist au néant les dites appellacions, et fustavec le roy d'Angleterre contre lez appellans, pour les remettre en son obéissance, item que le Roy ly delivrast h plain la terre de Belle Ville et un fiez en Pontieu, item les ostages, qui s'en estoient partiz d'Angleterre sens sa licence, si
comme il disoit, et ceuz de son Conseil pensoient qu'il feroient [sic) les renonciacions qu'il avoit promis de faire au nom et droit de la couronne et du royaume de France, etc. Et preist le dit cardinal son themme : Vocaçit ad se amicos suos [Hester, [^>ersicul6\ X°, capitulo [F°]), et furent leues les lettres du traictié et des alliences, et la bille dessus dite.
(Jeudi 10 mai.) Curia vacat propter festum Ascensionis.
Vendredi xi*^ jour. Le Roy teint sa court, et lui assistèrent les prelaz, la Royne, et les nobles et bonnes villes, des quiex mencion est fait mercredi précèdent, et là fu leue la bille ou cedule, dont mencion est faite ou dit jour, et la response que le Conseil du Roy avoit avisée et mis en escripture, sur la response de la dite bille, laquele response sembla bonne et convenable à tous lesassistens, et fu délibéré que tout ce soit signifié au Pape et siège de Rome, à l'Empereur, et en tous lieux et bonnes villes du royaume. Et lors le Rov, par sa bouche, dit et exposa que tout ce qui avoit esté fait en Guienne et en Pontieu s'avoit esté fait par voie de justice et selon le traictié de la paiz, et le roy d'Angleterre en Pontieu, et le prince de Gales en Guienne, procedoient par voie de guerre et de fait. Si tenoit pour certain le Rov qu'il avoit guerre, à grant tort de ses ennemis et à son bon droit. Si estoit son entencion de y porveoir et exposer corps, biens et terres, se mestier estoit, et pria les assistons de bonne persévérance en leur loyauté et lors tous offrirent au Roy [sic)...
15 juillet 1371, Melun.
Lettres de Charles V portant que la pension annuelle de cent
mille francs d'or, promise à Jean P"", comte d'Armagnac,
pour lui permettre de garder et défendre sa terre contre le
pi'ince de Galles, courra du 15 janvier 1369, date à laquelle
le prince et ses alliés commencèrent à lui faire guerre, et non du jour où ledit comte inlerjela appel devant le parle ment de Paris.
(Insérées dans d'autres lettres du duc d'Anjou, données à Montauban le 7 juin 1373 et vidimées elles-mêmes sous le sceau de la prévôté de Paris, le 24 mai 1392. — Arch. départ, de Tarn-et-Garonne, A. 30.)
Charles, par la grâce de Dieu roy de France. A touz ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. Comme, au commencement que nostre très chier et féal cousin, le conte d'Armaig^nac, appella à nous comme h souverain, pour les grans griefs et dommages que lui faisoient Ed wart d'Angleterre, [et le prince de Gales], lors duc de Guicnne, nous ;i nostre dit cousin aions promis et donné cent mil frans chascun an, pour la garde et défense de ses terres et païs, tant que le dit Edwart et ses aliez lui feront guerre pour cause du dit apel, et certain débat ait esté entre noz gens, d'une part, et nostre dit cousin, d'autre, sur le paiement de la dite pension, pour ce que nostre dit cousin disoit que le paiement d'icelle pension devoit commencer du jour qu'il apela h nous, et noz gens maintenoient que [il devoit commencer] du jour que le dit Edv\'art ou ses aliez lui firent guerre en ses pays et terres, savoir faisons que, oyes les raisons d'une partie et d'autre, nous avons declairé et déclarons que le dit Edwart et ses gens ou alliez ont fait guerre à nostre dit cousin, pour cause du dit appel, dès le xv® jour de janvier l'an M CCC LXVIII derrenier passé, et pour ce, actenduz noz promesse et don faiz à nostre dit cousin, comme dessus est dit, et eue sur ce plaine et meure deliberacion des gens de nostre Conseil, tant en nostre Chambre des comptes à Paris, comme en nostre présence, par pluseurs foiz, du consentement et volenté expresse de nostre dit cousin, avons déclaré, voulu et ordené, déclarons, voulons et ordenons par ces présentes que le paiement de la dite pension de cent mil frans commence
le XV® jour de janvier devant dit, et que de ce temps la dite pension soit comptée et paiée à nostre dit cousin, tant pour le temps avenir que pour le temps passé, par quarterons d'an, c'est assavoir le dit xv*' jour de janvier pour trois mois, xxv™ frans, et le xv® jour d'avril pour trois moys, xxv™ frans, le xv® jour de juillet pour trois moys, xxv™ frans, et le xv® jour d'octobre pour trois moys, xxv™ frans, etchascun an ensuivant ainsi, aux diz termes et quarterons. Si donnons en mandement à louz commis et ordenez, et à commettre et ordener, à paier la dite pension à nostre dit cousin, si comme h eulx et à chascun d'eulx appartendra ou pourra appartenir, que du dit xv^ jour de janvier l'an M CGC LXVIII lui comptent et paient sa dite pension, tant pour le temps passé comme avenir, par les termes et quarterons dessus diz, durant la cause dessus dite, et par la teneur de ces présentes voulons et mandons que tout ce qui du dit xv*' jour de janvier l'an M CGC LXVIII et depuis enca aura esté et sera doresenavant paie à nostre dit cousin, par rapportant de ce quictance et ces présentes, ou copie d'icelles soubz seel autentique, soit aloé es comptes de celui ou ceulx qui paie l'auront, et rabatu de leurs receptes par nozamez et feaulx gens des Comptes à Paris, ou autres à cui il appartenra, senz contredit, non obstant ordenances, mandemens ou défenses quelxconques h ce contraires. En tesmoing de ce, nous avons fait mettre nostre seel à ces présentes lettres. Donné à Meleun, le xv^ jour de juillet Tan de grâce mil GCG LX et onze, et de nostre règne le VHP.
Par le Roy, présent Monseigneur d'Anjou :
T. HociE.
l^'' avril 1372, Prague.
Mission de l'évêque de Paris, Aimeri de Maignac, auprès de l'empereur Charles IV, pour lui rappeler, au nom de
Charles V, les conditions de l'alliance, qui existe de vieille date entre les maisons de France et de Luxembourg, et solliciter son secours contre le roi d'Angleterre. — (Arch. nat., J. 432, n° 19. Original, parchemin.)
In nomine Domini iimen. Per hoc presens publicum instrunientum cunclis paleat evitlenler quod anno ejusdem Domini millesimo trecentesimo septuagesimo secundo, indictione décima, die jovis prima mensis aprilis, hora quasi prime, poutificatus sanctissimi in Christo patris et domini nostri domini Gregorii, divina providencia pape undecimi, anno secundo, reverendus in Christo pater et dominus dominus Aymericus, Dei gracia Parisiensis episcopus, illustrissimi principis et domini nostri Karoli eadem gracia régis Francorum consiliarius, ac per ipsum Regem pênes serenissimum principem dominum Karolum quartum, Dei gratia Romanorum imperalorem, ipsius domini nostri Régis avunculum, pro certis negociis ipsum dominum nostrum Regem et regnum suum tangentibus destinatum, et ipsius domini nostri Régis procura tor, ut per Hueras patentes dicti domini nostri Régis, ejus sigillo in cera alba et duplici cauda sigillatas signoque raanuali venerabilis et discreti viri magistri Johannis de Remis, ipsius domini nostri Régis secrelarii, signalas, prima facie apparebat, coram domino Imperatore tune personaliter existens, in mei notarii publici, ad ea que sequuntur audienda et in formam publicam redigenda per ipsum dominum episcopum accersiti, vocati et requisiti, et testium infra scriptorum presencia, eidem domino Imperatori dixit etexposuit, verbis latinis, distincte, plene et intelligibiliter, nomine procuratorio ipsius domini nostri Régis et pro ipso, ut dicebat, verba que secunlur, vel salteni similia in effectu.
Serenissime princeps, placuit iilustrissimo principi domino meo régi Francorum, nepoti vestro, me ad serenitatem vestram, prout alias eidem exposui, pro subsidio vestro alias vobis oretenus explicato et déclara to obtinendo,
destinare. Et, proiit eadem serenitas vestra bene novii, ipse et ejus regnum non modicum guerrariim voragine de présent! peiturbantur, ciim procul dubio Edouardus, se dicens regem Anglie, et ejus filii, cum tota eorum potencia, ad transfretandum mare versus partes gallicanas, ut notorium est, se préparent. Et ideo idem dictus meus Rex de serenilate vestra, sibi fédère sanguinis et anliquarum amiciciarum progenitorum vestrorum et suorum alligata, plusquam de alio principe mundi confidens, et in vobis spem suam firmiter adherens, ad eandem serenitatem vestra m me transmisit, ut nécessitâtes sibi et regno suo iminentes de presenti eidem ex parte ipsius detegam, vosque nomine procuratorio ipsius et pro ipso requiram quatinus de subsidio, alias per me vobis declarato, ipsum ista vice dignemini auxiliari et juvare, et, ut ad hoc facilius moveatur serenitas vestra, eidem, nomine ipsius domini mei Régis, ad memoriam reduco qualiter clare memorie princeps dominus Johannes, progenitor vester, in tractatu matrimonii, alias inter inclitissime memorie illustrissimum principem dominum Johannem, tune ducem Normannorum, demum regem Francorum, ipsius domini mei Régis genitorem, et illustrissimam dominam dominam Bonam, sororem vestram, facto et inito, ipse dominus progenitor vester clare memorie illustrissimo principi domino Philippo, quondam régi Francorum, ipsius régis Johannis progenitori, avoque dicti domini mei Régis, nepotis vestri, inter cetera promisit ipsum regem Philippum et ejus successores reges Francie, quociescumque contingeret ipsos guerram habere contra quoscumque reges et principes mundi, in qua ipsi vel alter liberorum suorum aut aliquis alius de eorum génère personaliter intéressent, et quamdiu ipsi vel eorum alter in eadem intéressent, juvare, succurrere et auxiliari per se, vos primogenitum suum, ac successores suos et vestros, in sua et vestra ac successorum predictorum personis, videlicet in bailliviiset ressortis Campanie, Viro-
ir)0 APPENDICE.
mandensis cl Ambianensis, cuni qnadring^ontis, et in aliis laleribus rej^nl Francie cum ducenlis hominibus armorum, suis herednmque et successorum suorum propriis sumptibiis et expensis. Quod dicte domine Bone, sorori vestre, in dicto tractalu matrimonii pro dote specialiter assignavit, una dunitaxat cum sexviginti milibus parvis florenis Fiorencie, que omnia, una cum certis aliis in litteris super dicto traclatu confectis conlentis, idem dominus genitor vester promisit inviolabililer adimplere, et ad lioc obligavit se, heredes et successores suos ac bona sua et terras suas heredumque et successorum suorum, ac voluit et expresse consensit quod in casu quo contra faceret vel veniret, seu heredes et successores sui facerent vel venirent, ipso facto excommunicacionis sentenciam incurreret et incurrerent, et iota terra sua et heredum et successorum suorum ecclesiastico supponeretur interdicto, volens insuper et consenciens quod ab hujusmodi sentencia non valerent absolvi nec dictum interdictuni aboleretur donec dicto régi Philippo et ejus successoribus de omnibus dampnis, deperditis, interesse et expensis, que et quas ob defectum premissorum paterentur, esset plenarie satisfactum, se quo ad hoc ei dictos suos heredes et successores ac totas suas et eorum terras jurisdicioni, cohercioni et compulsioni domini nostri Pape, ejus camere, et camerarii ac ipsius camere auditoris specialiter et expresse submittendo, prout hec in dictis litteris dicti Iractatus plenius continentur. Insuper, serenissime princeps, idem dominus progenitor vester, ex certa sciencia sua et de facto suo cerciora tus, dudum prcfato domino Régi Philippo vendidit, cessit et transtulil civitalem elcomilatum f./ucanos, cumipsoruni civitatis et comitatus juribus et pertinenciis universis, pro precio novem viginli millium [)arvorum florenorum Florencie, de quibus idem dominus progonilor vester realiter in pecunia numerata recepit ab eodem rege Philippo sexaginta mille florenos auri Florencie, et in aliis sexaginla
ÂPPKNDICE. ir.l
mille florenis restanlibus de dicta summa noveni viginti mille florenorum idem dominus genitor vester dicto domino régi Philippo tenebatur pro dote predicta, qui ppopter hoc sibi fuerunt deducti , et sic ipse dominus genitor vester fuit de dicta summa novem viginti mille florenorum auri pro dicta vendicione totaliter persolutus et de eadem se tenuit pro contente, ipsosque civitatem et comitatum Lucanos, mediante solucione predicta, promisit dicto domino régi Philippo et successoribus suis deliberare et realiter tradere, ac eciam expedire, et ipsos propter hoc ab omni evictione servare, sibique refundere omnes custus, misias, dampna, interesse et expensas, quos, que et quas ipse rex Philippus et ejus successores incurrerent occasione predictorum non completorum, se quo ad hoc heredesque et successores, et omnia bona sua, meliori forma qua fieri potuit specialiter obligando, prout in litteris vendicionis hujusmodi, super hoc confectis, de quarum vidimus seu copia serenitati vestre, si placel, faciam promptam fidem, hec et alia plenius continentur. Super quibus serenitas vestra bene novit quid fueril ordinatum, cum ipsis domino régi Philippo nec ejus successoribus, videlicet dictis domino régi Johanni et domino meo nepoti vestro, nec alicui pro ipsis usque nunc civitas et comitatus predicti nunduni fuerint liberati. Preterea, serenissime princeps, novit serenitas vestra qualitervos et dictu s dominus meus Rex sitis invicem vinculo confederacionis et amicicic alligati, cum ex vestra clemencia, ut per litteras vestras impériales innotescit, dudum sibi promiseritis et juraveritis, tactis euvangeliis sacrosanctis, ipsum dominum meum Regem contra omnes reges et principes mundi non simpliciter juvare, ymo de tota vestra potencia fortificare et auxiliari, et dare sibi auxilium et juvamen, ut in eisdem litteris plenius continetur. Ex quibus omnibus supradictis, serenissime princeps, satis perpendere potest clemencia vestra quomodo lenemini ipsum dominum meum ad resis-
tcndiini [)olencic hosliimi suoruni el ;ul ipsos debellnn- (liiin aiixiliari, consulere et juvare. Quare sereuilali vestre, ex parle ipsius domini mei Re^is, el tanquani ejus pi'ocuralor ac nomine procuralorio ipsius et [)ro ipso, supplico et eandem requiro, quanlum possum, quatinus de subsidio, per me vobis nomine ipsius petito, ad ejus evidentem necessitatem supportandum, ipsum dignemini de presenli juvare cum effectu, et omnia alia contenta in litleris suprataclis de punclo in punclum adimplere. Quibus exposicione, supplicalione et requesta per dictum dominum meum, nomine quo supra, eidem domino Imperalori sic fîiclis, idem dominus episcopus diclo domino Imperatori exhibuitet ostendit quandam cedulam in pergameno scriptam, signalam in margine inferiori signo manuali dicti domini nostri Régis per hoc nomen ; Charles, et sigillo suo secreto sigillalam, dicendo eidem domino nostro Imperalori quod hoc erat instructio et modus requeste, quam dictus dominus noster Rex, nepos suus, volebat fieri per dictum dominum episcopum diclo domino Imperatori, el eciam sibi exhibuit et ostendit litteras procuratorias de quibus superius fit mencio^, quas cedulam et litteras idem dominus imperator vidit, tenuit et palpavit, sigillaque earumdem respexit el ipsa ac signum manuale dicti domini Régis supradictum confessus est se novisse.
Que omnia et singula dicta et facta fuerunt in quadam parva caméra sive stupa 2, existente in quodam latere cujusdam camere picturale cum armis domini marquisii Moravie, ut dicebalur, in Castro Pragensi siluate, in domo seu hospicio regali Boemie, presentibus reverendissimis in Christo palribus Dei gratia dominis Johanne archiepiscopo Pragensi, Johanne episcopoOlomuscensi, cancellario ipsius
1. Arch, nat., J. 432, n° 18. « Procuratio Régis ad requirendum Imperatorem super aliquibus in quibus tenetur Régi » (Hôtel Saint-Pol, 24 lévrier 1372). La procuration esl pour l'évéquc de Paris, Aiineri, el Raoul de Louppy.