‹ Les grandes chronique de FranceChapitre 3 sur 46 · Comte Paul Durrieu, op. cit., p · texte numérisé non relu

Comte Paul Durrieu, op. cit., p

2. Parmi les artistes, qui prenaient part à l'exécution d'un manuscrit, il faut distinguer « l'enlumineur ou miniaturiste

une longue pratique et le recours constant aux mênmes procédés, toutes les ressources de leur art. Ils en tirent un merveilleux parti. Les bordures des pages notamment sont d'une légèreté admirable* et ne paraissent jamais banales, en dépit de la similitude obligée des formes et des motifs. Les peintres ou « historieurs » sont loin de valoir les enlumineurs, non pas, il est vrai, au point de vue de la couleur; eux aussi sont le plus souvent des coloristes exquis. Mais bien des qualités leur ont manqué pour nous laisser des œuvres vraiment belles. Ils dessinent mal, ignorent la perspective^, et ne sont guère plus familiers avec l'anatomie. Les scènes qu'ils représentent pèchent par la composition ; leurs personnages, mal placés, ont des allures et des gestes parfois contraires à toute vraisemblance. Et cependant on savait dessiner et peindre au xiv® siècle. Le parement de Narbonne, qui appartient aux premières années du règne de Charles V, est un tableau achevé,

pour les bordures, les lettres ornées, les armes, etc., et le peintre ou Idstorieur pour les tableaux à pleine page ou les vignettes placées dans les colonnes... » (A. de Laborde, les Manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de saint Augustin, Paris, Rahir, 1909, 3 vol. in-fol., t. I, p. 202).

1. Elles iront s'alourdissant de plus en plus, jusqu'à jouer le rôle de cadre : nous les verrons, « à la fin du xv'^ siècle, traitées d'une façon indépendante et avec une telle largeur qu'elles écraseront la miniature qu'elles avaient la charge de faire ressortir » (A. de Laborde, op. cit., t. I, p. 210).

2. D'après l'un des interlocuteurs du Songe de Verger (le Chevalier), Paris serait la fontaine ou la source de toutes les sciences, d'où sortiraient de nombreux « ruisseaux », notamment « le ruysseau de perspective, qui soult et respond à toutes les difficultez des choses visibles » (Dupuy, Traitez des droits et libériez de l'église gallicane, édit. Brunet, Paris, 1731, in-fol., t. II, p. 205).

OÙ il y a en somme peu de chose à reprendre. A un bien moindre degré, la grande miniature, qui décore la bible de Jean de Vaudetar et dont l'attribution à Jean de Bruges est absolument certaine, se distingue aussi par des qualités qu'on ne trouve pas habituellement chez les miniaturistes de profession. N'appuyons pas trop sur les défauts de nos vieux « historieurs » . Leurs délicates compositions, — la joie des yeux, — ne sont pas faites pour être soumises à un examen trop minutieux. C'est un effet d'ensemble, un effet décoratif que leurs auteurs en voulaient obtenir, et on ne saurait nier qu'elles répondent de tous points à leur destination .

Le manuscrit français 2813 est un remarquable spécimen de cet art de l'enluminure, essentiellement français et parisien*. Il est orné de près de 200 miniatures, dont quelques-unes, à pleines pages ou presque à pleines pages, sont de petits tableaux. Nous nous occuperons exclusivement ici de celles qui illustrent les deux règnes de Jean II et de Charles V, les seules qui soient décrites et reproduites dans le présent album. Mais les observations qu'elles suggéreront pourraient être généralisées et s'appliquent à l'œuvre tout entière.

Ces miniatures, qui se rapportent à une période d'un peu moins de trente années (1 350-1 379) sont réparties de façon très inégale^. Les plus nombreuses relativement, les plus importantes, se trouvent dans la relation

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