‹ Les grandes chronique de FranceChapitre 5 sur 46 · Ibid., n° XXXVIII · texte numérisé non relu

Ibid., n° XXXVIII

d. Ibid.,n°XU.

du Dauphin ^ La figure de Marcel, avec ses yeux menaçants, sa barbe et ses cheveux roux, a été peinte visiblement dans l'intention d'émouvoir la sensibilité du lecteur. A quelques feuillets de distance, la désolation et l'angoisse se marquent avec un réalisme manifeste sur les traits des gentilshommes, des « gentilles femmes » et de leurs enfants, que les Jacques entraînent brutalement à leur suite ^.

Beaucoup d'autres particularités intéressantes à divers points de vue seraient à noter dans l'illustration de notre manuscrit. Je les ai signalées au fur et à mesure que la description des miniatures en offrait l'occasion. L'album dira ce que j'ai dû omettre, mais il ne dira pas tout ce que suggère l'examen des miniatures ellesmêmes. C'est au texte, dont elles constituent la brillante parure, qu'il faudra toujours se reporter pour les comprendre et les goûter pleinement. Les meilleures traductions du monde sont impuissantes à rendre la finesse et la saveur d'un original. Il en est de même des procédés de reproduction, à quelque degré d'exactitude et de précision qu'ils puissent atteindre. Que reste-t-il d'une miniature dépouillée de ce qui en faisait le charme et la vie? Les vers de Rostand chantent ici dans notre mémoire, car, avec l'éclat des ors et la magie de la couleur, il semble que se soit éteinte la lumière qui égayait ces gracieuses compositions :

O soleil, toi sans qui les choses Ne seraient que ce qu'elles sont^.

Page 1