E. Frignet, op. cit., p
ITALIE. 25 « le Roi de puissance à puissance et avait un grand sceau « représentant un personnage assis sur un trône et de « chaque côté une bourse ‘. »
Tandis qu’on aurait peine à trouver en France la raison sociale d’une société française, au moins au xiv° siècle, on rencontre bien « une dizaine de sociétés italiennes se « livrant en France à des opérations de banque et de « commerce *», et notamment les sociétés Anguisciola et Peruzzi. Grâce à ces puissantes compagnies, un grand commerce se faisait entre la France et lItalie. Une route passant par la Bourgogne et la Savoie reliait les deux pays. En trente-cinq jours, les marchandises de Gêères arrivaient à Paris”.
Des compagnies analogues venaient commercer en Angleterre. Nous n’en citerons pour preuve que la lettre de la compagnie des Gherardi de Florence, en date de 1284, par laquelle ces marchands annoncent leur intention d'acheter aux abbayes d'Angleterre les tontes de l’année.
En dehors des pays qui viennent d’être passés en revue, c'est-à-dire de l'Allemagne, de l'Angleterre, de la France et de l'Italie, il se trouva en Europe divers centres de commerce assez importants pour donner naissance, au moyen âge, à des associations commerciales intéressantes. Nous n'en voulons citer qu'un spécimen, cette Compagnie catalane, qui après avoir été d’abord une véritable « république de brigands » exerçant ses ravages dans le détroit des Dardanelles et dans l'archipel grec, prit les allures d'un état commercant régulier et trafiqua pacifiquement,
1. E. Boutaric, La France sous Philippe le Bel, p. 356-357 (d après une ordonnance royale du mois de mai 1295 et un sceau de la collection des Archives nalionales).
2. G. Fagniez, Etudes sur l'industrie à Paris au moyen âge, p. 116 (Bibliothèque de l'École des Hautes Études).