E. Worms, op. cit., p. 115 ets
Ce que veut la Ligue avant tout, « c’est un commerce « pro,re, conduit avec ses capitaux, en son nom, pour son « compte. Ce qu’elle veut, c’est contraindre les étrangers « à ne vendre qu’à elle et à ne recevoir que d’elle.f »
Si nous joignons à ces dispositions si habiles et que rappe'le si remarquablement lacte de navigation dont Cromwell dota l'Angleterre au xvu” siècle, l’ensemble des mesures prises par la Ligue pour subvenir au recrutement de ses membres, nous ne pouvons nous étonner de la marche glorieuse qu’elle suivit si longtemps.
Le seul élément d'inquiétude, le seul point noir dans l’avenir, c'est le peu d’unité que présente, au fond, la puissante association. C’est, en eflet, par là qu'un jour elle périra; mais ce jour est encore loin. Nous sommes au xv° siècle ; et la Ligue, à son apogée, ne compte pas moins de 80 villes afliliées à sa constitution. Lubeck est le siège central de la vaste union. Les autres chefs-lieux sont Cologne, Brunswick, Dantzig.
A l'étranger, les principaux comptoirs s'appellent Bergen, Bruges et Londres.
Bergen est le grand centre d’opération sur la mer Baltique ; tout le commerce de la Norvège et de la Suède y aboutit.
Bruges est l’intermédiaire entre les Flandres, la France et l'Espagne, d’une part, et le nord de l’Europe, d'autre part.
Londres reçoit, en échange des produits déjà si variés de lindustrie et du commerce anglais, les bois et les métaux de la Suède et les blés de la Russie.
De curieux détails seraient à donner sur l’organisation de chacun de ces comptoirs, sur la division qui s’y faisait, entre de nombreux employés, des multiples opérations de commerce. Fait digne de remarque et qu’il est bon de relever, le secret était si nécessaire, il fallait si bien veiller