I. — Lignes de l'Inde
1° Service postal. — Départs de Londres (Tilbury Dock) (1) chaque semaine (le vendredi) pour Gibraltar, Marseille, Port-Saïd, Aden et Bombay.
Le service est assuré alternativement par les paquebots type Persia. de 8.000 tonneaux, sans transbordement, et par les paquebots de la ligne d'Australie qui transbordent à Aden leurs passagers et marchandises à destination de l'Inde, sur le paquebot-rapide Salselle, faisant le service entre ce port et Bombay.
20 Service intermédiaire. — Départs de Londres (Royal Albert Dock) toutes les deux semaines, le samedi, pour Malte, Port-Saïd, Colombo et Calcutta, par les steamers type Malla-Bornéo, de 5.000 à 6.000 tonneaux et 4.500
chevaux. .
(1) Tilbury Dock, près de l'embouchure de la Tamise, sur la rive gauche du fleuve,un peu en amont de Gravesend, est le dock avancé de Londres. Il comprend un bassin de marée de 8 hectares, une écluse de 214 mètres, un bassin à flot de 11 m. 50 de profondeur, composé d’un bassin d'évolutions de 555 m. X 183 et de 3 darses, de 480 mètres X 75 et 90 mètres de largeur d'où partent les paquebots-poste de la Peninsular and Oriental, de l'Orient Liné, de l’Atlantic Transport. En arrière sont Victoria et Albert Docks d'où partent surtout les grands cargos, les navires intermédiaires de la Peninsular and Oriental, On y établit une station de pompage pour le relèvement de 75 centimètres du niveau de l'eau. On procède actuellement à l'approfondissement du chenal de la Tamise.On a déjà dragué 2 millions de mètres cubes. La construction de deux nouveaux bassins South Albert Dock et North Albert Dock, de 1.400 et 2.230 mètres de long, sur 200 mètres de large, et 13 m. 50 de profondeur, est décidée.
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me
Il. — Ligne d'Australie.
Départs de Londres (Tilbury Dock) toutes les deux semaines, le vendredi (alternativement avec les steamers de l'Orient Line), pour Gibraltar, Marseille, Porte-Saïd, Aden, Colombo, Fremantle, Adélaïde, Melbourne et Sydney, par les paquebots type Moldavia-Maloja de 9.500 à 12.500 tonneaux.
L'embarquement des passagers a lieu généralement à Marseille, où ils arrivent par le Peninsular Express.
Quant aux dépêches, elles sont amenées par chemin de fer jusqu'à Brindisi (en 38 heures de Calais à Brindisi), d’où, tous les dimanches à minuit, les steamers rapides 7sis et Osiris, de 1.728 tonneaux et 6.500 chevaux, les transportent à Port-Saïd, en correspondance avec les paquebots se dirigeant vers Bombay et l'Australie, qui emportent ainsi les dépêches parties de Londres huit
jours après eux.
[T. — Lignes de Chine et du Japon.
1° Le service postal est assuré par les paquebots de la ligne d'Australie, et le transbordement a lieu à Colombo, pour Penang, Singapore, Hong-Kong et Shangaï, sur les paquebots type Della-Devanha, de 8.000 tonneaux et 8.000 chevaux.
2° Service intermédiaire. — Départs de Londres (Royal Albert Dock) toutes les deux semaines, le samedi, pour
Port-Saïd, Colombo, Singapore, Hong-Kong, Shangaï,
Yokohama, par les paquebots des séries $ et N, types Sicilia-Namur, de 7.000 tonneaux et 5.000 chevaux.
IV. — Ligne d'Australie, vià le Cap (Branch Line). La P. and O. ayant acquis la flotte de la Blue Anchor Line (1), assure un service sur l'Australie, viâ le Cap. Départs de Londres (Royal Albert Dock) toutes les trois semaines, par les paquebots type Ballaral, de 11.000 tonneaux et 9.000 chevaux (2).
En 1910, un service a été inauguré entre Sydney el
Auckland (Nouvelle-Zélande).
La P. and ©. organise chaque année des croisières en Norvège, Baltique, Méditerranée. Elle vient de vendre le Vectis, spécialement aménagé pour ce genre de ser-
vice, et y affectera (en 1913) le steamer Wantua.
Pendant l’année se terminant le 30 septembre 1912, la flotte de la P. and O. a parcouru 3.100.000 miles et a consommé environ 825.000 tonnes de charbon (soit 818.000 £).
Les droits payés pour le passage du canal de Suez se sont élevés à 311.000 £ (7.775.000 francs), et les salaires des équipages à 344.300 £ (8.607.000 francs) (3).
(1) Pour 275.000 £ en 1908.
(2) Ces navires sont spécialement aménagés pour le transport des émigrants.
Le nombre des émigrants anglais vers l'Australie est passé de 12.061 en 1897 à 80.770 en 1911 (Moniteur officiel du commerce, 19 décembre 1912).
(3) Les dépenses respectives des Messageries Maritimes en 19141 sont: charbon : 21.990.000 francs ; droits du canal de Suez : &,627.000 francs ; salaires des équipages : 8.704.500 francs.
Constitution financière.
La Compagnie Peninsular and Oriental fut constituée au capital de 1 million de £.
En 1911 le capital autorisé était de 3.500.000 £, dont 1.750.000 £ en actions de préférence (Preferred) et 1.750.000 £ en actions ordinaires (Deferred). Sur ce chiffre 2.320.000 £ ont été émises, dont 1.160.000 £ en actions de préférence et 1.160 000 £ en actions ordinaires.
Une nouvelle émission de 1.180.000 £ en actions de préférence a eu lieu en 1912, qui porte le capital à 3.500.000 £, dont 2.340.000 £ en actions de préférence, et 1.160.000 en actions ordinaires.
Obligations. — Le montant des obligations s'élève à la somme de 1.800 000 £, dont :
1° Debenture Stock 3 1/2 0/0 : 800.000 £. Garanti par l’acte du 17 août 1894 par une charge flotiante sur toute l'entreprise. Sur ce chiffre 500.000 £ ont élé émises en août 1894 et 300.000 £ en avril 1896.
2° Debenture Stock 3 1/20/0 : 1.000.000 £. Garanti par l’acte du 6 mai 1902, créant une seconde charge flottante sur l'entreprise et les propriétés. Sur ce chiffre 600.000 € ont été émises en mai 1902, et 400.000 £ depuis 1904 (1).
Comptes el dividendes. — Les comptes sont arrétés au
(1) La Compagnie des Messageries Maritimes esl au capital de 45 millions de francs, — Obligations : 150.000 obligations de 500 fr. 3 1/2 0/0 ; 50.000 obligations de 500 francs, 5 0/0 (1912).
Le capital social du Norddeutscher Lloyd est de 125.000.000 mks. — Obligations 4 0/0 : 50 millions de marks ; 4 1/20 /0 : 20 millions
de marks.
Me 0
30 septembre et soumis en décembre de chaque année. Un dividende intérimaire est payé sur chaque classe d'actions en Juin.
Quoique la P. and O. soit la Compagnie anglaise qui distribue depuis longtemps le dividende Île plus élevé à ses actionnaires, sa gestion a toujours élé très prudente, et elle n’a pas cessé de réserver chaque année des sommes considérables pour ses amortissements.
Déjà en 1848, elle déduisait de ses bénéfices 9 0/0 pour les assurances, 5 0/0 pour l'amortissement, 10 0/0 pour les réparations. Elle ne s’est pas départie de sa ligne de conduite, on peut en juger par les chiffres de ses amor-
tissements annuels depuis 1902:
1902 . . . . . 600.000 £ 1007 812 0e 459,778 € 1905. … . . . ‘320.000 1908 . . . . . 374.143 1904 . . . . . 500.000 1009.57 0 8150026 1905 . . . . . 336.040 1940 . . . , . 485-191 1906. 40 NN 4617097 AH ENS LES IS EPNE) 10 Re 496.161
Voici quels furent les dividendes distribués depuis
1876, aux actions ordinaires :
1816-1812 CE: D R 187 ADS ME AIT TER \ 5 4/2 0/0 STAR 70. RE M RC ERNR AUS 5 1/2 0/0 1 ASS D Las MOT STE 5 0/0 SUD EUR La 'URS UNS 7 0/0 18610 1882 IENT 2 PT RE ISSU SR Se HE ti ES 00 (88S-LSS EPS RER PR TER SEEN AE ECS TON SSL AS SNS EEE PR ee A OMS ON 1 BÉTABEO. ce MR PROD MU LÉBS ABSENCE RG 0e
(1) Economist, # mai 1912,
de 1889-1890 à 1906-1907, 10 0/0, avec un boni de 3 0/0 en 1896-1897, de 2 0/0 en 1898-1899, de 3 0/0, de 1899-1900 à 1906-1907 ; 1907-1908 à 1910-1944, , . . .. PE RNARE KE RS ts Mae 0 JE 070
Ces dividendes élevés ne peuvent être distribués que grâce à la subvention de l'Etat, mais ils n'ont pas empé-
ché la Compagnie de se constituer un fonds de réserve de 1.250.000 £.
Cours des actions ordinaires :
Plus bas Plus haut MODE Fa LP LE 214 249 DCS SAR CT 2: RATER 222 24 ONCE SRE. ee 208 226 TR en. PR 202 215 AE Er Set 204 1/2 216 ROME Mr lar — ; 205 218 PME RATS plu 22. À 218 1/2 259 1912. s se EF 300
Le tableau suivant indique les comptes des cinq derniers exercices :
Recettes. . . . 3.079.937 3.132.232 3.374.624 3.404.627 3.531.531 Dépenses . . . 2.372.142 2.456.898 2.549.378 2.562.167 2.553.099 Amortissements
(0796 PES RICE 374.444 375.917 496.751 495.042 491.161 Charges d'assu-
ee Re 20.986 19553 42,001 10.684 179.747 Balances 312.095 279.864 356.494 406.134 377.524 A ‘tissement
D Le ; » » 59.000 134.500 75.000 Réserve. . . . » » 25.000 » »
Intérêt des obli- PER s RTE 63.000 63.000 63.000 63.000 63.000 Dividendes :
Préfér. 5 0/0. 58.000 58.000 58.000 58.000 58.000
Nes ; 150.800 150.800 150.800 150 800 174.000
Balance... 40.295 8.064 694 434 149
(1) Les dividendes distribués par le Norddeutscher Lloyd ont été
68 CHAPITRE il
Le rapport relalif à l'exercice clos le 30 septembre 1912 (1), a été présenté à l'assemblée générale des aclionnaires le 10 décembre. Après inscriplion des sommes relatives aux fonds d'amortissement, de réparations, et d'assurance (qui a été, cetle année, exceptionnellement élevé en raison de la perte du Delhi et de l'Oceana), il reste un excédent de recettes sur les dépenses de 307.141 livres sterling (environ 7.678.525 francs) qui a permis de distribuer un dividende de 5 0/0 aux actions de préférence et de 15 0/0 aux actions ordinaires, soit un dividende moyen de 10 0/0 au lieu de 9 0/0 les années précédentes.
Les résultatseussent été sensiblement meilleursencore si les grèves des dockers du port de Londres n’avaient paralysé pendant plus de six semaines les opérations de quatorze navires de la Compagnie, qui perdit de ce fait 130.000 £. Huit de ces navires ont dè partir sur lest et six autres n’ont pu charger une parlie de leur cargaison qu’au prix des plus grandes difficultés et d'énormes dépenses. Néanmoins les recettes perçues sur le fret accu-
sent une augmentation de 110.000 £ par rapport à l'an
les suivants depuis 1900, 8 1/2 0/0 ; 49M, 6 0/0 ; 1902, 0 0/0. ;4903; 6 0/0 ; 4904, 2 0/0 ; 1905, 7 1/2 0/0 ; 1906, 8 1/2 0/0 ; 1907, 4 1/2 0/0 ; 1908 et 1909, O0 0/0 ; 1910, 3 0 0 ; 1911, 5 0/0.
Les Messageries Maritimes ont distribué, par action de 250 francs, 10 francs en 1903 et 4904, 12 fr. 50 en 1905, 1906, 1907, zéro depuis, quoiqu’en 1911 l'excédent des recettes sur les dépenses se soit élevé à 40.085.500 francs.
(4) Shipping Gazelte, 25 novembre 1912.
dernier (1.831 467 £ contre 1.721.600 £) (1) tandis que les recettes provenant des passagers se sont accrues de 3.000 £ (1.297.618 € contre 1.294.421 £), malgré la plusvalue exceptionnelle réalisée l'an dernier à l’occasion des fêtes du couronnement.
En revanche les dépenses continuent à augmenter, par suite de la hausse des salaires et des prix du charbon et des vivres.
Le rapport fait remarquer que, eu égard au coût de plus en plus élevé des navires nouveaux, le taux normal de 5 0/0 pour les amortissements n'est plus suffisant pour couvrir les frais de renouvellement de la flotte (2). Aussi la Compagnie y a-t-elle ajouté, chaque année depuis l'exercice 1909-1910, un amortissement extraordinaire, qui s’est élevé en 1910-1911 à 134.000 £ (3.390.000 fr.), el en 1911-1912 à 75.000 £ (1.875.000 fr.). La P. and O. a pu ainsi consacrer aux amortissements en trois ans la somme de 38 millions de francs, ce qui lui a permis de commander, dans le courant du dernier exercice, 96.000 tonneaux de navires neufs, à savoir : trois paquebots de 11.000 tonneaux, Benalla, Berrima, Borda, pour la ligne d'Australie, vià le Cap; un paque-
bot rapide de 11.500 tonneaux, Aaisar-i-hind, pour la
(1) Cette augmentation est due, en grande partie, à la ligne du Cap-Australie (Branch Line),
(2) Sir Th. Sutherland fait remarquer, dans son allocution, que les 9 paquebots de la classe M ont coûté 2.958.000 £& soit 4 million de £ de plus que les 9 navires qu'ils ont remplacés.
ligne de Bombay, et six vapeurs intermédiaires, dont quatre de 9.000 tonneaux: Æashmir, Kashgar, Khiva, Khyber, et deux de 7.000 tonneaux : Nagoya et Nellore. Dans ces conditions, la flotte de la P. and O. se renouvelle très rapidement. Son coût total au 30 septembre 1912 était de 3.296.592 £&, Ja valeur du tonneau ressortait donc à moins de 7 £6 sh., ce qui est un taux très bas (1).
Dans une alllocution très applaudie (2), sir Th. Sutherland, l’'éminent président de la P. and O., a déclaré aux actionnaires que les bruits de fusion avec une autre Compagnie étaient absolument controuvés, et qu'iln'y avait même pas eu de négociations à ce sujet.
Faisant allusion aux efforts heureux faits par la Compagnie pendant les grèves pour assurer le service postal, et aux frais considérables qu’elle dut s'imposer, il a émis le vœu que le Postmaster General tint compte de ces faits lors de la discussion prochaine du nouveau contrat postal. Le fonds d'assurance qui, depuis dix ans, subissail un prélèvement annuel de 25.000 £ en moyenne, a cette année, en raison de la perte du Delhi et de l'Oceana, subi un prélèvement de 180.000 £ Mais, ajoutà Sir Th. Sutherland, cela a pu se faire sans toucher à la réserve, et la Compagnie est dans une situation telle qu'elle peut distribuer un dividende supérieur à celui de plusieurs
années précédentes.
(1) La valeur de la flotte des Messageries maritines au 30 novembre 1941 était de 90.966.000 francs, pour 286.800 tonneaux. (2) Shipping, Gazette, 10 décembre 1912,
Le taux des frets (1) est resté constant grâce au Système de la corférence qui garantit les commerçants contre une hausse ou d’une baisse brusque des prix de transport (1).
Tout en constatant la concurrence de plus en plus grande faite par le Transsibérien et les transcontinentaux de l'Amérique du Nord, à l'endroit des voyageurs à destination de la Chine et du Japon, sir Th. Sutherland ne croit pas que la Compagnie ait lieu de craindre l’ouverture du canal de Panama (2).
À parlir de 1913, sir Th. Sutherland sera assisté, dans la direction de la Compagnie, de MM. Shields et Ritchie.
Nous ne pouvons que rendre hommage à l'inlassable activité de sir Th. Sutherland, qui a été le meilleur artisan de la prospérité de la P. and O. Entré au service de la Compagnie en 1852, à l'âge de 18 ans, membre du conseil d'administration depuis 40 ans, directeur unique depuis treize ans, c'est à lui que revient tout l'honneur d’avoir mené à bien les affaires de cette importante entreprise.
(1) Le taux du fret sur la ligne de l’Extrême-Orient est tombé de 335 francs la tonne en 1872, à 150 francs en 1882, 87 francs en 1892, 68 francs en 1906 (Conférence de M. Dal Piaz à l’Institut Maritime, 1911).
(2) La conférence ou ring consiste dans l’entente de plusieurs Compagnies qui décident d'accorder un rabais aux chargeurs qui s'engagent à faire leurs opérations exclusivement par leurs navires,ce rabais est retenu par les Compagnies, pendant 6 ou 12 mois, et n’est payé que si le chargeur n'a réellement utilisé que les navires de la conférence. Ce système a pour but de lutter contre les tramps. Sir Th. Sutherland l’a appelé « le droit de légitime défense »,
The Peninsular and Oriental Company. —