VI. — Liverpool-Havre-Montevideo-Buenos-Ayres
(Service combiné avec Chargeurs-Réunis).
Départs toutes les quatre semaines par les cargo-boats: Ontarian, Livonian, Orcadian, Hangarian, Hibernian (4.300 tonneaux).
Le tonnage total de la flotte est de 200.804 tonneaux.
Constitution financière.
Le capital aulorisé s'élève à 650.000 £g en 65.000 actions de 10 &. Sur ce chiffre 60.639 actions ont été émises et
sont entièrement libérées.
Obligations 4 0/0. — Montant autorisé : 650.000 &. Emis : 550.000 £ en obligations de 100£, garanties d’après l’acte de mars 1898 par une charge de premier rang sur le matériel naval et les autres propriétés. Remboursables en11919,11923;1996. |
La Compagnie Allan ne publie ni comptes, ni rapports.
L'origine de la Royal Mail Steam Packet Company remonte à 1838. A celte époque, M. Irving et plusieurs commerçants de la Cité proposèrent au gouvernement anglais d'établir une ligne postale, desservie par des navires à vapeur, entre l'Angleterre, les Antilles et l'Amérique centrale, moyennant une subvention annuelle de 240.000 £, excédant de 163.627 £ les dépenses des voiliers affectés jusqu'alors au même service.
Après un an d'examen, leurs offres furent acceptées etils constiluèrent la Royal West India Mail Steam Packet C° qui obtint sa charte d'incorporation le 26 septembre 1839.
La tâche de la nouvelle Compagnie était considérable, on peut en juger par l'examen du contral intervenu avec l'Amirauté brilannique le 20 mars 1840, pour une durée de dix ans.
La Compagnie s’engageait à assurer un service bimensuel entre l'Angleterre, les îles Barbades, la Grenade, St-Thomas, Haïti, Santiago de Cuba, la Jamaïque,
Savannah la Mar et la Havane (1).
(1) Le nombre d'heures d’arrêl à chaque escale était strictement
En correspondance avec la ligne transatlantique, des lignes annexes se détachaient: 1° aux Barbades, pour Tabago, les Guyanes anglaise et hollandaise ; 2 à la Grenade, pour St-Vincent, Ste-Lucie, la Martinique, la Dominique, la Guadeloupe, Antigua, Montserrat, Nevis, St-Kitts, Santa Cruz, Tortola, St-Thomas, Porto-Rico, Curaçao, Puerto Cabello, la Guayra, Trinidad, avec retour à la Grenade ; 3° à la Jamaïque pour Chagres, Carthagène, Santa Martha: 4° à la Havane, pour Vera Cruz, Tampico, Mobile et les autres ports du golfe du Mexique ; 9° à la Havane, pour Matanzas, New-York et Halifax.
Enfin {rois voiliers devaient transporter la poste de Curaçao à Carlhagène, de Nicola Mole (Haïti) aux îles Bahamas, et de Savannah la Mar à Cuba et à Belise (Honduras).
Pour desservir un tel réseau, qui n'embrassail rien
moins que toutes les Antilles el l'Amérique centrale, (684.816 miles), la Royal West India Mail Steam Packet C9, devait posséder au moins 14 vapeurs, de 400 chevaux au moins, « capables de porter des canons du plus gros calibre en usage dans la marine de guerre », et 4 voiliers de 100 tonneaux.
La Compagnie élait passible d’une amende de 500 & par période de 12 heures de retard des navires de la ligne
transatlanlique. Elle encourait encore des pénalités de
déterminé, Le paquebot ne pouvait rester plus de 6 heures aux Barbades, 12 heures à la Grenade, 24 heures à la Jamaïque, 48 heures à la Havane.
100 et 500 £ lorsqu'elle ne faisait pas réparer ses navires ou qu'elle employait des bateaux avariés.
Elle s'engageait à transporter les officiers civils et mililaires pour un prix égal aux deux tiers du tarif ordinaire.
Enfin le contrat spécifiait que la Compagnie devait suivre les progrès nouveaux dans la construction, l'équipement et la machinerie des navires.
En retour la Compagnie recevait une subvention annuelle de 240.000 £, qui devait être augmentée, si la guerre où un changement considérable dans les relations inlernalionales amenait l'accroissement du laux des assurances au-delà de 6 £ 6 sh. 0/0 par an sur les navires el de 2 £ 2 sh. 0/0 sur le combustible, ou enfin un accroissement du prix du fret de ce combustible au-delà de 1 £ 2 sh. 6 par tonne. L'augmentation de la subvention serait alors égale aux frais supplémentaires occasionnés à la Compagnie par l'élévation du laux du fret et des assurances, saus cependant pouvoir excéder 60.000 £ par an.
Le contrat stipulait enfin que l’affrètement des navires par le gouvernement serait payé à raison de 20.000 & par an, soit 500.000 francs, chiffre très élevé eu égard au coût des navires à celte époque.
Sice contrat imposail à la Royal West India Steam Packet de lourdes charges, du moins avait-il l'avantage de prévoir certains événements, comme l’augmentalion
du taux des assurances et d'envisager alors un accroisse-
176 CHAPITRE VI ment correspondant de la subvention. La Compagnie pouvait ainsi s'organiser sans crainte du lendemain.
Le gouvernement, pour lui faciliter la lâche, consenti même, en octobre 1842, à réduire de 684.816 à 592976; 4e nombre de miles à parcourir annuellement, et de 14 à 10 le nombre des vapeurs, sans cependant modifier le chiffre de la subvention. Cette concession, d’après l'estimation des directeurs, réduisait les frais de la Compagnie de 125.000 £ par an.
Ce n'est qu’au début de 1842 que le service des Indes occidentales commença à fonctionner régulièrement, Il fut inauguré par le Thames, qui partit de Falmouth Île 3 janvier 1842, bientôt suivi du Dee, du Medway, du Teviot et du Trent. C'élaient des navires à roues de 1.850 Lonneaux environ, et 400 chevaux, filant de 8 à 9 nœuds à l'heure. |
Cependant les débuts furent difficiles. La Compagnie perdit en peu de temps six de ses navires. La première année elle avait un déficit de 80.000 £. Mais dès 1843 ses bénéfices s’élevèrent à 94.210 £, et en 1844 à 147.740 £&.
En 1846, elle organisa le premier service de {ransit à travers l'isthme de Panama, au moyen de mulets et de canots, ce qui permit bientôt d'acheminer par Panama la poste des ports sud-américains du Pacifique, d'accord avec la Pacific Steam Navigation C°. C'était un service comparable à celui de la P. and O. à travers l'isthme de
Suez. Le chemin de Panama fut pris, en 1848, par un