‹ Les Grandes Compagnies de Navigation AnglaisesChapitre 30 sur 61 · ENT · texte numérisé non relu

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grand nombre de chercheurs d’or qui se rendaient en Californie (1).

Le contrat de 1840 étant arrivé à expiration en 1850, un nouveau contrat de dix ans fut signé, qui portait la vitesse de la ligne des Antilles de 8 à 10 nœuds à l'heure, avec deux départs par mois, créail un service mensuel sur le Brésil et imposait la construction de cinq nouveaux paquebots de 2.250 tonneaux et 800 chevaux, moyennant une subvention annuelle de 270 000 £, soit une augmentation de 30.000 # seulement.

Le nombre des miles à parcourir annuellement passait ainsi de 392.976 à 547.296, et le taux de la subvention par mile baissait de 12 sh. 3 d. à 9 sh, 10.

D'importants changements étaient introduits dans l'itinéraire des paquebots des Indes occidentales : St-Thomas devenait le point d'arrivée de la ligne transatlantique, et des lignes annexes en parlaient pour la Havane et Tampico, Porto-Rico et la Jamaïque, les Antilles françaises et la Barbade, es Guyanes et le Vénézuéla, le Honduras.

La nouvelle ligne du Brésil passait par Lisbonne, Madère, Ténériffe, St-Vincent du Cap Vert, Pernambuco, Bahia, pour aboutir à Rio-de-Janeiro, relié à Buenos- Ayres par une ligne annexe (2).

(1) Une Compagnie s'étant formée pour l'établissement d’un che: min de fer à travers l'isthme de Panama, en 1850 la Royal Mail Steam Packet lui avança une somme de 125.000 dollars. Le chemin de fer fut terminé au début de 1855.

(2) Un service français analogue fut établi en vertu de la conven- M: — 12

La clause du contrat de 1840, relative à l'augmentation possible de la subvention en cas d’accroissement du taux des assurances ou du prix de fret du charbon, reparut dans le contrat de 1850, et la somme maximum garantie par l'Etat fut de 75.000 £ au lieu de 60.000 £

Le gouvernement se réservait le droit d'acheter ou de Jouer les navires de la Compagnie à des prix évalués par des arbitres, et il stipulail que dix grands navires de 400 chevaux seraient construits en bois. On craignait les ravages pouvant être causés par les boulets dans les coques en fer. Une expérience faite sur l « Excellent » avait paru concluante.

Le service du Présil fut inauguré, en janvier 1851, par le paquebot leviot, bientôt suivi du Tay el du Medway. La Compagnie faisait construire en même temps D navires de 2.250 Lonneaux et 800 chevaux, comme son contrat l'y obligeait: Amazon, Orinoco, Demerara, Magdalena et Parana, en bois el à roues. L'Amazon el le Demerara s'élant bientôt perdus, furent remplacés par La Plala et l’À tralo.

Le meilleur, La Plata, filait 11 n. 1/4 el mettait 2 jours pour atteindre Saint-Thomas. Les autres filaient 10 nœuds et jaugeaient environ 3.000 tonnes. Mais ces navires ayant des coques trop lourdes, subissaient de fréquents relards.

Des protestations énergiques eurent lieu, réclamant la

tion de 1857 avec la Compagnie des Messageries Impériales (Messageries Maritimes) (vitesse : 9 n. 5).

résiliation du contrat. Un Comité, nommé par le gouvernement, fil une enquêle en 1853 et conclut qu'à l’avenir Ja Compagnie fût tenue de remplir avec rigueur ses tnSagements ou de résilier son contrat, faisant entrevoir une diminution possible de la subvention. Des offres furent même faites pour l'établissement de services rivaux par M, Cunard et par la South American Co. Le Comité ajourna la décision à prendre à cet égard.

Les services de la Royal Mail Steam Packet ne tardèrent pas d’ailleurs à donner toute satisfaction. Elle avait expérimenté les nouveaux progrès sur des navires de petite dimension : l'hélice en 1849 sur PEsk, de 232 tonneaux, la construction en fer en 1851 sur le Prince,de 446 tonneaux. Elle lança en 1854 son premier grand navire en fer, l’Atrato, de 3.467 tonneaux et en 1858 son premier grand navire à hélice l’'Oneida, de 2.284 tonneaux, suivi bientôt du T'asmanian, du Douro, du Rhône, de 2.445 à 2,800 ton neaux. Enfin à partir de 1854 elle ne construisil plus de navires en bois (1).

Après avoir eu plusieurs de ses navires: Orinocco, Trent, Medway, Severn, Tamar, Magdalena, Thames, affrétés par le gouvernement anglais pour transporter des troupes en Crimée en 1854-1855, la Royal Mail Steam Packet C° vit, le 1e juillet 1858, son contrat modifié de singulière façon, par l'obligation qui lui était imposée

(1) Les Messageries Maritimes construisirent en 1858, pour la ligne

d'Amérique du Sud, la Guienne, à roues, de 93 m. X 11 m, 73, 3.200 tonneaux, 1.500 chevaux, 11 nœuds.

de s'entendre avec l'European and Australian Mail C° pour le transport mensuel des dépêches d'Australie, par l'Egypte, moyennant un subside annuel de 185.000 £ et une indemnité de 6.000 £ par mois en cas de déficit. Mais cet arrangement ne dura que huit mois par suile de la disparition de l'European and Australian Mail Ce.

En 1863 on accéléra le transport de la poste entre l’Angleterre el Rio de Janeiro, et la Royal Mail fut invitée à ajouter à sa flotte trois nouveaux paquebots de 3.000 tonneaux et 800 chevaux pour le service des Indes occidentales, et quatre de moindres dimensions pour le service annexe de Rio de Janeiro à la Plata.

Puis en 1864 un nouveau contrat vint réduire la subvention annuelle à 172.914 £, tout en exigeant, pour la ligne des Antilles, un service toutes les deux semaines à la vitesse de 10 nœuds 1/2 à l'heure.

Mais cela n’empécha pas la Royal Mail d'étendre le champ de ses opérations et de développer ses services. Le ? juin 1868 ia ligne transatlantique aboutissant jusqu’alors à St-Thomas fut prolongée Jusqu'à Colon, et l’escale de Cherbourg fut créée. Enfin, à parlir de juin 1869,les paquebots de la ligne du Brésil, qui s'arrêtaient à Rio de Janeiro et transbordaient sur une annexe les passagers de l'Argentine, continuérent jusqu'à Buenos- Ayres, et ce service devint bi-mensuel en 1872.

En même temps le malériel continuait à être renouvelé régulièrement. Chaque année de nouveaux navires

entraient en service. En 1872 ce furent, entre autres, la

Moselle etle Tagus, de 3.252 tonneaux et 600 chevaux, qui alteignirent une vitesse moyenne de 14næuds 9, sur la ligne des Antilles. La même année le Tasmanian fut doté de machines compound qui lui permirent d'effectuer le trajet de Southampton à St-Thomas en 14 jours 2? heures, gagnant 11 heures sur les précédentes traversées. Il fit même, en 1872, la traversée des Barbades à Plymouth en 11 jours 8 heures.

Le contrat postal fut renouvelé en 1874, mais par suite d'une forte compétition, les directeurs de la Royal Mail durent subir une diminulion considérable de leur subvention, qui fut ramenée, pour le service postal des Indes Occidentales, au chiffre de 84.790 £ soit environ le tiers de la subvention primitive. Une somme de 2.000 £ par an élait ajoutée pour le débarquement de la poste à Plymouth, au retour.

Quant au service postal du Brésil et de la Plala, ilne fut plus subventionné à partir de 1875. La rémunération postale fut basée sur le poids réel des dépêches transportées (1). Les départs eurent lieu toutes les deux semaines à parlir de 1876.

Le contrat pour le service postal des Indes occidentales fut renouvelé pour 5 ans, à partir de 1880. La subvention réduite alors à 80.000 £, monta à 90.000 £ en 1885 et baissa de nouveau à 85.000 £ en 1890. En 1893 elle revint à 80.000 £, et en 1902 à 85.000 £, pour

(1) La Royal Mail reçoit de ce fait environ 2? millions de francs annuellement.

disparaître en 1905 et reparaître enfin en 1911 (1). Nous examinerons plus loin ce dernier contrat. Dans l’intervalle, de 1905 à 1911 la Compagnie recevait 1/2 d. (0 fr. 05) par lettre transportée, ce qui faisait environ 20.000 £ par an, y compris les contributions coloniales el les sommes versées par les administrations étrangères pour le transport de leurs dépèches.

La Royal Mail a encore des contrats postaux avec des colonies britanniques et certains gouvernements élrangers.

Des contrats sont intervenus pour des services côtiers avec les colonies de Ste-Lucie (contrat du 11 mars 1892, renouvelé en 1897, 1902, 1907), de la Grenade (contrat du 24 mai 1892, renouvelé en 1902 et 1907), de la Dominique (contrat de 1902, renouvelé en 1909), de Trinidad et Tabago (contrat de 1901, renouvelé en 1906;. Elle reçoit enfin une subvention de 25.000 £ pour le service intercolonial des Antilles {contrat du 29 août 1907). Conjointement avec l'Orient Line, elle signa en 1905 un contrat avec le Commonwealth australien, pour un service toutes les deux semaines, moyennantune subvention de 120.000 & portée à 124,000 & en 1907.

En 1875, la Royal Mail signa un contrat renouvelé en

1885, 1890, 1895 avec le gouvernement de Costa-Rica,

(1) Le rapport pour l’année 1910 déclarait que le service postal n'avait pas été satisfaisant pendant plusieurs années, et qu'il avait occasionné des pertes sérieuses à la Compagnie,

LA

pour l’escale de Port-Limon (avec une subvention annuelle de 1.200 £), puis en 1877 avec le Brésil et l'Argentine, pour le transport de la poste, d'après le poids des dépêches. Mais, depuis 1888 pour l'Argentine et 1900 pour le Brésil, les paiements ont cessé el la Compagnie transporte gratuitement la poste de.ces pays pour l'Europe. De 1875 à 1898, la Royal Mail reçut du gouvernement brésilien une subvention annuelle de 2.500 £ pour une escale mensuelle à Maceio (1).

Tout en développant son réseau, el malgré une diminulion de sa subvention, la Royal Mail Steam Packet C° ne cessa pas de renouveler sa flotte pendant ces trente dernières années.

En 1882, elle lançait son paquebot La Plata de 4.464 tonneaux et 5.000 chevaux-vapeur. C'élail pour l'époque le navire le plus rapide des lignes de l'Amérique du Sud. Il mesurait 128 mètres de longueur, 13 m. 70 de largeur, 9 m. 80 de creux.

Pour un tel service, des difficultés d'aménagement intérieur se posaient. Il s'agissait, en effet, non plus de garantir les passagers contre le froid, comme sur la ligne de New-York, mais au contraire d’atlénuer dans la mesure du possible, les effets de la grande chaleur qui se faisait sentir pendant une grande partie du voyage.

(1) Pendant la guerre du Transvaal (4899-1902), les paquebots

Tagus, Nile, Orlona, Severn, Minho, Ibro furent affrétés par le gouvernement pour transporter des troupes au Cap.

De 1886 à 1900, la Royal Mail fit entrer en service neuf navires destinés à sa ligne d'Amérique du Sud et spécialement aménagés pour la navigation dans les mers tropicales.

Ce furent successivement Orinoco, Atralo, Magdalena, Clyde, Thames, Nile, Danube, Trent et Tagus (1).

L’Orinoco,de 4.572 Lonneaux et 5.860 chevaux- vapeur, ne mesurait que 124 mètres de longueur, 13 m. 50 de largeur et 10 m. 50 de creux. Les paquebots Atralo, Magdalena, Clyde, Thames, encore en service, construits chez Napieret Sons, ontles dimensions suivantes : longueur, 128 à 133 mètres : largeur, 15 mètres ; creux, 10 m. 50; tonnage, 5 350 à 5.620 lonneaux ; puissance, 6.800 chevaux.

Des quatre autres navires, le Mile et le Danube sont les plus grands specimens ; construits dans les chantiers Thomson sur la Clyde en 1893, ils ont une longueur de 132 mètres, une largeur de 15 m. 90 et un creux de 10 m.80. Leur tonnage est de 5.860 tonneaux, et leur puissance de 8.000 chevanx leur permet d'atteindre une vitesse de 17 nœuds. Ils sont pourvus d'une machine à

triple expansion, dont les cylindres ont pour diamètres

(1) La convention de 1886, ayant imposé une vilesse en service de 14 nœuds, la Compagnie française des Messageries Maritimes, après avoir construit en 1887-1888, les paquebots Brésil el Plata, de {% mètres sur 14 m. 104, 5.500 tonneaux, 5.500 chevaux, 15 nœuds, fit entrer en ligne, en 4895-1896, Chili el Cordillère, de 6.000 tonneaux, 6.000 chevaux, el en 1900 l'Atlantique, à 2 hélices, 148 mètres sur 15 m, 60, 6.500 tonneaux, 7,500 chevaux, 17 nœuds,

sm

es

respectifs : 0 m.965, 1 m.524 et 2 m.388, avec une course de 1! m. 676. La vapeur est fournie par quatre chaudières de 4 m. 57 de diamètre et 5 m. 79 de longueur. La surface totale de chauffe est de 1.607 mètres carrés.

Ces navires, ainsi que le Trent et le Tagus, construits chez Napier en 1900 et légèrement moins grands, peuvent recevoir 215 passagers de 1"° classe, 86 de seconde et 390 de troisième. d

Pour les services intercoloniaux, plusieurs navires de petit tonnage furent également construils. Ce furent, de 1878 à 1882, le Solent, l'Esk et l'Eden, de 90 mètres, 2.000 tonneaux et 2.000 chevaux, — de 1892 à 1895, pour les lignes côtières de Sainte-Lucie, de la Grenade, de Trinidad et Tabago, les vapeurs Yare. Wear, Tees, Taw, Spey, Arno et Kennel de 180 à 800 Lonneaux et de 420 à 1.309 chevaux.Puis le Dee, de 1.871 tonneaux, et l’Erder, de 1.236 tonneaux, y furent ajoutés.

Conformément au nouveau contrat intercolonial, deux paquebols à deux hélices ont été construits en 1909 : Berbice et Balantia, de 2.500 lonneaux.

Enfin, depuis 1905, la Royal Mail a construit une nouvelle série de grands paquebots à deux hélices pour sa ligne d'Amérique du Sud, : Aragon, Amazon, Araguaya, Avon, Asturias, Arlanza. Construits dans Îles chantiers Harland et Wolff de Belfast (saufl'Araquaya, construit chez Workman,Clark et C‘),les cinq premiers paquebots mesurent de 196 à 163 mètres de longueur, IS m. 50 de

largeur, 10 m.60 de creux. Leur tonnage varie de 9.441 à

12.000 tonneaux, et leur puissance de 7.500 chevaux leur permet de soutenir une vitesse moyenne d'environ 16 nœuds.

Cette vitesse n’est pas élevée, mais il faut tenir compte de la distance considérable (presque double de celle d'Europe à New-York) que les navires des lignes de l’Amérique du Sud ont à parcourir. La distance entre Southampton et Buenos-Ayres étant d'environ 6 200 miles, pour atteindre la vitesse des paquebots de l'Atlantique Nordilfaudrait doubler la quantité de charbon embarquée pour chaque voyage, et vu les conditions du trafic sudaméricain, une ligne extra-rapide serait ruineuse. Les Compagnies s’attachent donc avec raison plutôt à la régularité du service qu'aux records de vilesse.

Ces paquebots, aux aménagements très luxueux, peuvent recevoir de 286 à 350 passagers de 1"° classe, environ 110 de 2 classe el 1.000 émigrants.

L’A rlanza, entré en service en 1912, mesure 178 mètres de longueur, 19 m. 80 de largeur, avec un tonnage de 14.000 tonneaux et une puissance de 8.000 chevaux. Il a

trois hélices. Un navire semblable est en construction (1).

(1) La Compagnie française Sud Atlantique a pris la suite des services des Messageries Maritimes sur l'Amérique du Sud, en octobre 1912. Le plus grand navire de sa flotte est le Burdigala de 180 mètres de long, 19 m. 50 de large, 12.500 tonneaux, 24.000 chevaux, 19 nœuds, ? hélices. Elle fera entrer en ligne, en 1913, deux magnifiques paquebots à 4 hélices, Gallia et Lutelia. Un troisième, Massilia, sera terminé en 1914, Ces paquebots auront 180 m. KX 19m. 55, 13.000 tonneaux. Leurs machines motrices (turbines et triple-expansion) d’une force de 19.000 chevaux leur imprimeronl une vitesse

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