‹ Les Grandes Concessions: Au Congo FrançaisChapitre 11 sur 89 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

pant de l'outillage économique de la colonie et connaissant parfaitement l’indifférence de la métropole à ce sujet, eut recours à M. Lechâtellier.

On sait que, si le Congo constitue une superbe voie navigable de la mer à Matadi, et en amont de Stanley-Pool, il est absolument innavigable entre ces deux endroits et les chutes de la Yellala. Or, on voulait suppléer à cette innavigabilité par une voie de communication reliant Brazzaville à la côte; depuis 1889 que la question était posée, plusieurs solutions avaient été apportées; mais le choix était difficile et ne pouvait résulter que d’études sérieuses. M. Lechâtellier proposa de constituer une société d’études ce qui fut accepté en 1893 par la colonie; en récompense des résultats de l'étude remise par la société au Gouvernement local, celui-ci lui allouerait des portions des terres domaniales comprises dans certaines régions spécifiées, produits du sous-sol exceptés. :

Cette société anonyme, « Société d’études et d’exploitation du Congo français », fut constituée au capital de 600.000 francs. A peine avait-elle commencé ses travaux que paraissait un avenant assimilant aux études auxquelles elle devait se livrer les études géologiques, botaniques et zoologiques; de plus cet avenant l’autorisait à se livrer à toutes les exploitations commerciales.

Non seulement la Société se livra scrupuleusement

aux études prescrites, mais encore elle fit ouvrir, entre Kakamoeka et Kitabi, une route longue de 40 kilomètres destinée à contourner les rapides du Kouilou. En récompense de ses travaux, la Société reçut des petites concessions comprises, en tout ou en partie, dans le bassin du Kouiïlou-Niari et aussi des concessions ayant le caractère régional.

Malheureusement, on adjoignit à ces concessions une autre concession s’écartant par sa nature des précédentes et se rapprochant de celles qui résulteraient, quelque temps plus tard, des décrets de 1899 (1). Cette concession de plus de deux millions d'hectares s'étend sur le bassin du Fernan-Vaz et de ses affluents. C’est une concession de jouissance, avec, au bout de trente ans, pour les terres mises en valeur, attribution de propriété, pour toutes les richesses contenues dans son territoire : terres, forêts et mines; ce sont là des avantages considérables qu’on eut le tort de ne pas contre-balancer par des charges imposées à la Société, celle-ci n'étant, en effet, assujettie à aucune redevance. à

Aussi, cette concession fut violemment attaquée dès sa constitution; elle disparut à la suite d’une convention en date du 5 juin 1897 par laquelle la société rétrocédait à la colonie la route construite

(1) Décret du 30 juillet 1894.

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