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CHAPITRE II

entre Kakamoeka et Kitabi, et renonçait à la convention du Fernand-Vaz et aux autres petites concessions. Elle obtenait en échange une concession d’une très grande importance territoriale et d’un seul tenant, avantage que ne possédait pas la société antérieure.

C'était 3 millions d’hectares situés en moyenne partie sur les deux rives du Kouilou-Niari concédés en pleine propriété; seulement, cette propriété ne s'étendait pas comme dans l’ancienne concession du Fernand-Vaz aux produits du sous-sol.

Cette nouvelle concession fut attaquée aussi violemment que l’avait été celle du Fernan-Vaz : par une négligence impardonnable, il n’est parlé ni des devoirs du concessionnaire vis-à-vis des indigènes, ni des restrictions résultant de l’acte de Berlin; on n’exige d’elle aucune redevance pécuniaire; on se contente simplement d'apporter quelques entraves légitimes à son droit de propriété.

À l'heure actuelle, la Compagnie propriétaire du Kouilou-Niari, qui a remplacé en 1899 la Société commerciale et industrielle du Congo français, est dans une situation difficile. Elle a été très éprouvée par la baisse du caoutchouc qui a suivi la crise américaine de 1907; sa situation financière est mauvaise; cela vient de ce que ses territoires sont contigus à la route des caravanes traversés par des cours d’eaux

navigables; les commerçants libres en profitent pour lui faire une concurrence victorieuse.

Dévant cet état de choses, la Compagnie avait résolu de céder son droit de propriété; elle avait trouvé acquéreur dans un syndicat anglais et américain; ce projet de cession ne s’est pas réalisé: si la vente avait été conclue elle aurait eu pour résultat de faire passer 3 millions d'hectares de terre française entre des mains étrangères.

La concession du Haut-Ogooué résulte d’une convention passée le 30 octobre 1893 entre M. Delcassé, alors sous-secrétaire d'Etat aux Colonies, et un commerçant ayant des établissements au Gabon depuis 1865, M. Daumas. Ce sont des considérations politiques qui ont présidé à sa constitution : la délimitaion du Congo et du Cameroun n’était pas définitivement arrêtée; d’un autre côté, notre prise de possession au Congo n’était que très imparfaitement réalisée à ce point que la région située au nord du fleuve n’avait fait l’objet d’aucune exploration; aussi craignait-on que les maisons étrangères installées au Gabon, notamment la Maison Woermans de Hambourg, ne fassent de la pénétration.

Pour parer à ces difficultés, M. Daumas s’engageait à constituer une Société anonyme au capital minimum de 2 millions; en raison des considérations politiques indiquées plus haut, tous les membres du conseil d’administratoin devaient être être de natio-

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