CHAPITRE II
peut d’ailleurs, pendant les 15 ans, répartir le travail comme il lui convient, à condition d’y employer annuellement au moins 100.000 francs. Ces charges qui paraissent très lourdes au premier abord sont compensées de la façon suivante :
1° On exonère la Société da 50 0/0 des droits de douane; les sommes provenant de cette remise doivent être consacrées aux travaux publics;
2° Pendant deux ans après l'approbation ministérielle donnée aux travaux publics la Société peut choisir en pleine propriété dans la concession un territoire de 300 à 400.000 hectares.
3° Des terres lui sont accordées en pleine propriété proportionnellement aux kilomètres de routes créées à l’amélioration de la navigabilité de l’Ogoôué;
4° Sur les routes créées par elle, la Société peut percevoir un droit de péage sur les marchandises qui ne sont destinées ni à ses agents, ni à l'Etat, ni à la colonie. Elle pourra percevoir ce droit de péage pendant 30 ans après la création de la route.
Depuis l’avenant de 1897, la Société a toujours été prospère; son capital social de 2 millions au début était porté en 1895 à 3 millions, à 4 millions en 1900.
Aux détracteurs systématiques du régime concessionnaire, on peut opposer l'exemple de la Société du Haut-Ogoôué. Elle n’a jamais abusé des avantages qu’elle possède sur les Sociétés créées à la suite des décrets du 28 mars 1899 ; sans doute elle a fait porter son exploitation de début sur l’ivoire et le caoutchouc, mais c'était une nécessité imposée par les circonstances; dès qu’elle l’a pu, elle s’est appliquée aux entreprises agricoles : une plantation de cacao commence à lui donner des résultats très satisfaisants; elle a procédé aussi à des replantations de caoutchouc, d’une façon moins heureuse toutefois. Elle a trouvé une main-d'œuvre assez facile chez les Pahouins qui ne répugnent pas trop naturellement au travail et qu'elle a su s’attacher par la bienveillance et l’habileté de ses procédés : elle aide l’administratoin à introduire chez eux l’usage de la monnaie et se préoccupe de tous les moyens d'amélioration de leur vie matérielle et intellectuelle; nous citerons pour mémoire la création à Bogué d’un établissement hospitalier destiné aux Européens et aux travailleurs indigènes.
Respectueuse des conventions passées avec l’administration, elle avait, dès 1905, complètement terminé les travaux qui lui avait été imposés; il est fâcheux que l'administration locale n’ait pas témoigné en sa faveur des mêmes égards; on a bien institué en 1903 une Commission pour l’examen des
CHAPITRE Il 37 travaux publics, mais on s’en est tenu là; ce qui n’empéchait pas d’ailleurs un lieutenant gouverneur du Gabon de reconnaître, en 1907, que la concession du Haut-Ogoôué avait été « un bienfait » et qu'elle avait toujours joué un rôle prépondérant dans le mouvement des exportations.
Une loi du 13 juillet 1914 a autorisé le Gouvernement général de PA. E. F. à contracter un emprunt de 171 millions de francs pour construction de chemins de fer et travaux d'aménagement et d’installation; une des lignes de chemin de fer projetée, celle de N'Djolé à Kandjama doit parcourir, sur 280 kilomètres, d’Alembé à Kandjama, des territoires appartenant à la Société du Haut-Ogoôué; aussi, le département des colonies ne voulant pas qu’elle seule tirât tous les avantages de la ligne engagea-t-il avec elle des pourparlers qui aboutirent à une entente en date du 7 août 1913.
La Société renonçait au bénéfice de l’attribution éventuelle de propriété pour les terres mises en valeur sur les territoires de sa concession limités au Sud par l’Ogoôué, à l'Est par lIvindo, à l'Ouest et au Nord par les limites de la concession.
Dès que les travaux de la voie ferrée seraient arrêtés, elle remettrait au domaine la portion de terrain déterminée par l’axe de la voie et s'étendant sur 500 mètres de part et d’autre de cet axe; ce terrain serait remis au fur et à mesure de l’avance-
ment des travaux et jusqu’à une distance de 20 kilomètres en avant du premier chantier.
Dès que la ligne sera exploitée, de N’Djolé au neuvième degré de longitude Est de Paris, sa zone dattraction, soit une superficie de 9.270 kilomètres carrés, fera retour à la colonie libre de toute servitude; par contre, la Société recevra en toute pro-
priété :
1° Les emplacements actuellement occupés par les factoreries, à raison de 50 hectares par factorerie et: pour un nombre maximum de 10 factoreries sur l'étendue de la zone rétrocédeée;
2° Un terrain de 2 hectares aux abords des stations créées au moment de l’ouverture à l’exploitation de la totalité de la ligne;
3° Différents lots de terrain représentant une superficie globale de 2.500 hectares.
Lorsque la ligne sera exploitée jusqu'à Kandjama, la deuxième zone d'attraction correspondant à cette section, soit 13.950 kilomètres carrés, sera rendue au domaine, la Société recevant en toute propriété sur cette deuxième zone des territoires déterminés comme pour la première.
La Commission des affaires extérieures, chargées de lexamen du projet de loi autorisant l'emprunt,
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