‹ Les Grandes Concessions: Au Congo FrançaisChapitre 32 sur 89 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

mais c'était leur seul moyen de subsister; c’est ainsi qu'elles purent tourner les difficultés du début, c’est ainsi qu’elles purent former un petit noyau de travailleurs.

Le procédé ne valait que par sa nécessité; mais les Sociétés devaient arriver à se conformer aux prescriptions des actes organiques et ne pas continuer exploitation ruineuse à laquelle s'était livré le commerce libre, puisqu'elles avaient été spécialement créées pour y mettre un terme. Il fallait s’adonner à une culture raisonnée, procéder aux replantations d’arbres à caoutchouc et à l’aménagement de certaines cultures

Pour ce faire, un travail régulier, méthodique, fourni par des équipes de travailleurs liés par un contrat était nécessaire. Or, il était impossible d’en former avec les noirs congolais en raison de leur paresse invétérée et de la trop faible densité de leur population : Ja question de la main-d'œuvre se posait toujours et toujours entourée des mêmes difficultés. Le système du travail forcé écarté, on en présenta d’autres.

Enthousiasmé par les résultats obtenus à Madagascar, certains voulaient appliquer à notre Congo le procédé du général Galliéni : les Sociétés concessionnaires passeraient avec les noirs des contrats de louage à long terme que ladministration se chargerait de faire respecter; au cas de rupture du contrat

par le noir, l'administration interviendrait pour le contraindre au travail stipulé par son engagement, sauf, lorsqu'il payerait à la Société concessionnaire une indemnité ou qu’il lui présenterait un remplaçant.

En 1909, un auteur anonyme proposait de recourir au système de limmigration réglementée (1). Puisque la population congolaise est incapable de fournir une main-d'œuvre suffisante, il faut la chercher dans les pays à population surabondante, la Chine, la Malaisie, l'Inde, peuvent fournir à notre Congo des travailleurs qui produisent beaucoup et se contentent de peu. Ils y seraient amenés nantis d’un contrat énonçant toutes les obligations qu’eux et les Sociétés concessionnaires auraient à remplir; le temps de leur engagement révolu, les Sociétés seraient tenues de les rapatrier sur leur demande (2).

Le procédé serait intéressant car il aplanirait d’une manière très appréciable cet écueil dangereux que constitue pour les Sociétés le manque de maind'œuvre, mais il ne serait pas sans présenter des inconvénients incontestables; les travailleurs ainsi im-

(1) Les Sociétés concessionnaires du Congo depuis 1905.

(2) A signaler en 1901 l'essai intéressant fait pour former un noyau de travailleurs avec des nègres de la Louisiane.

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