‹ Les Grandes Concessions: Au Congo FrançaisChapitre 45 sur 89 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

La campagne anglaise contre nos Sociétés concessionnaires

du Congo

Nous avons vu qu’au moment de linstauration du régime concessionnaire, le mouvement commercial était assez développé au Gabon; quelques maisons, pour la plupart étrangères, se procuraient des indigènes, par le procédé de la traite, les produits naturels du sol : l’ivoire et le caoutchouc formaient la base de leurs opérations. |

Qu’allaient-elles devenir, devant la situation créée par les décrets de concession qui faisaient des Sociétés les propriétaires des produits naturels recueillis sur les territoires concédés ? Nécessairement, elles se voyaient dans l'obligation de cesser des échanges qui étaient délictueux et de chercher leur avenir dans d’autres voies; le Département des Colonies

s'en était préoccupé et, prévoyant le conflit, qui, fatalement, s’élèverait entre les Sociétés concessionnaires fortes de leurs droits, et les maisons de commerce fortes de leur situation acquise, des instructions ministérielles du 24 mai 1899 recommandaient à l'Administration locale d’user de son influence pour rapprocher les intérêts des antagonistes. En fait, certains commerçants, obéissant aux suggestions de l'Administration, entrèrent dans quelques Sociétés, mais ce mouvement d’entente amiable ne fut pas suivi de tous, notamment de deux maisons anglaises très importantes : celles de M. John Holt, Vice-Président de la section africaine de la Chambre de Commerce de Liverpool, et celle de MM. Hatton et Cookson. Ces maisons continuèrent leurs opérations comme par le passé, c’est-à-dire le trafic avec les indigènes des produits naturels provenant des terrains concédés aux Sociétés. Celles-ci n’hésitèrent pas alors à s'adresser aux tribunaux qui, dans plusieurs jugements, confirmèrent le droit des Sociétés à être les seules à recueillir les produits naturels sur le territoire de leur concession (1). Les Sociétés

() Justice de paix à compétence étendue du Loango (24 septembre 1900); Tribunal de Libreville (plusieurs jugements s'échelonnant entre le 25 février 1901 et le 14 mars 1903); Conseil d’appel de Libreville (plusieurs jugements du 24 octobre 1901 au 17 juin 1902); Cour de Cassation (arrêts du 8 mars et du 6 mai 1905),

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