‹ Les Grandes Concessions: Au Congo FrançaisChapitre 5 sur 89 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Quant aux ressources minières, elles sont encore incomplètement connues; cependant le minerai de cuivre est abondant dans la région du Haut-Niari.

Malheureusement, si les richesses naturelles y sont réellement abondantes, les bras manquent pour les exploiter; sur une étendue équivalente au triple de la France vivent une dizaine de millions d’habitants. Or, les nègres du Congo appartiennent aux races les plus primitives qu’il y ait au monde. M. Félicien Challaye, dans un de ses réquisitoires contre les sociétés concessionnaires, s’exprime ainsi à leur sujet : « Les nègres de la forêt équatoriale, vivant en groupes peu nombreux au sein d’une nature exubérante et féconde, trouvent autour d'eux, sans peine, les aliments dont ils ont besoin pour ne pas mourir de faim : fruits, racines, produits de chasse et de pêche. La douceur du climat leur permet de vivre à peu près sans vêtements et de n'avoir pour habitation que des cases extrêmement simples. Satisfaisant sans grands efforts le peu de besoins qu’ils ont, ils sont rarement sollicités au travail et d’ailleurs la lourde chaleur-les incline à la paresse (1). » Donc, le noir congolais, « calme et fataliste, qui se satisfait de l’heure qui passe sans rien demander au futur », « reste toute sa vie un enfant (2) ».

(1), (2) Félicien Challaye : « Le Congo français » (Cahiers de la Quinzaine, 15 février 1906).

Dans presque toutes les peuplades, vingt-cinq environ, règnent la polygamie, l'esclavage et l’anthropophagie; cependant il en est qui sont supérieures tant au point de vue de leur civilisation qu’à celui de leur perfectibilité : sur le littoral, Loangos et Mayembès, malheureusement décimés par le portage, fournissent une assez bonne main-d'œuvre. Dans le Bas-Congo on trouve les Batékès, industrieux et commerçants; les populations de lOubangui-Chari, depuis longtemps en contact avec les Musulmans, ont une mentalité supérieure, ils ne pratiquent pas notamment l’anthropophagie et aime le commerce et l’agriculture. Malgré ces exceptions, on peut dire que le nègre du Congo est plus près de la vie animale que de la vie civilisée.

Par conséquent la population indigène est absolument inapte à l’exploitation des richesses de son pays; elle ne remplit pas les conditions nécessaires pour qu’une colonie ait une main-d'œuvre suffisante, ainsi définies par M. Bernard dans son rapport présenté au Congrès colonial international de 1900 : « Deux conditions principales doivent être remplies. Il faut d’abord que la population soit assez nombreuse, il faut ensuite qu’elle soit susceptible de fournir un travail convenable ou consente à fournir ce travail. » |

Est-ce à dire que les Européens émigrant en grand nombre au Congo pourront fournir une maïn-d’œu-

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