‹ Les Grandes Concessions: Au Congo FrançaisChapitre 50 sur 89 · CHAPITRE vi · texte numérisé non relu

CHAPITRE vi

Ainsi s’écroulait sur toute sa ligne l’argumentation adroite et tendancieuse des adversaires anglais des Sociétés concessionnaires; cependant ils ne désarmèrent pas et, se sentant appuyés en Allemagne et même en France, ils continuèrent leur campagne toujours dans le même but : obtenir la réunion d’une nouvelle conférence africaine pour préciser la poriée dé l'acte de Berlin; tel fut le vœu qu’émit, sur les indications de M. John Holt, l'Association des Chambres de commerce du Royaume-Uni. Non seulement les Sociétés concessionnaires de notre Congo étaient en cause, mais encore celles de l'Etat indépendant que M. Holt déclarait responsables de l’établissement du système concessionnaire dans le bassin conventionnel.

Quelque temps après, à la Chambre des Communes, après une interpellation de sir Charles Dilke en ce sens, M. Herbert Samuel déposait un projet de résolution en vue de la réunion d’une nouvelle conférence africaine; cette motion était adoptée et la campagne allait définitivement entrer dans la voie diplomatique lorsqu’intervint le traité du 8 avril 1904 marquant un rapprochement sensible entre les politiques anglaise et française, mais, en 1905, le Foreign-Office revient à la charge en unissant les réclamations particulières de MM. John Holt, Hatton et Cookson à l'interprétation générale de Pacte de Berlin. En avril 1906, il précisait les exigences

des deux maisons qui consentaient à traiter, moyennant :

1° La suppression pure et simple de tous les procès alors engagés contre elles par les Sociétés concessionnaires;

2° Une indemnité globale de 2.500.000 francs à se partager par moitié entre les deux maisons.

Cette fois-ci, le Gouvernement français céda et, le 14 mai 1906, intervenait un accord par lequel notre colonie s’engageait à verser une somme de 1 million 500.000 francs à partager par moitié entre les deux maisons anglaises; de plus, M. John Holt recevait une dotation foncière de 30.000 hectares à choisir, pendant 5 ans, en plusieurs lots. Pour le paiement de l’indemnité, 500.000 francs devaient être versés dans le délai d’un mois, le surplus en dix annuités avec les intérêts à 4 0/0.

En retour, les deux maisons ne maintenaient plus leurs réclamations; elles pouvaient le faire après les importantes compensations qu’elles recevaient : l’indemnité à verser pèse lourdement sur le budget de notre colonie et les dotations foncières portent sur un ensemble de territoires destinés à prendre une valeur considérable.

Un incident est intervenu dans le réglement de

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