‹ Les Grandes Concessions: Au Congo FrançaisChapitre 57 sur 89 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

une certaine suspicion sur nos Sociétés, et la publication franche et nette du rapport de Lanessan n’eût-elle pas été préférable? Alors il arriva ceci : la Mission de Brazza, instituée pour enquêter principalement sur les agissements de l’administration, épisodiquement sur ceux des Sociétés concessionnaires, arrivait, en fin de compte, à jeter un voile sur les scandales administratifs et à charger les Sociétés concessionnaires des pires méfaits.

Dès ce moment, elles sont abandonnées de tout le monde; quelques voix isolées s'élèvent seulement en leur faveur. En 1907, le Gouvernement manifesta ses sentiments envers elles en exigeant de leur part l'exécution de certains travaux publics (1). Or l’obligation d'exécuter des travaux publics ne fait l’objet d'aucune mention des actes organiques; l’article 9 des décrets indique seulement que les Sociétés qui, de leur propre gré, ont effectué des travaux publics, ont droit à une indemnité de l’administration si elle profite de ces travaux (2).

(1) Circulaire ministérielle du 16 juin 1907. Thèse reprise par M. Jaurès, Chambre des Députés, 6 avril 1911.

(2) Art, 9. __ Dans le cas où les Sociétés concessionnaires exécuteraient des travaux ou des ouvrages qui, bien qu’entrepris dans son propre intérêt, pourraient être utilisés dans l'intérêt général, le Gouvernement se réserve la faculté d’en percevoir la remise au domaine public, moyennant une juste et préalable indemnité.

Cette hostilité se manifeste encore dans les rapports annuels sur le budget des Colonies; avant 1908, ils étaient favorables aux Sociétés; depuis, c’est le contraire et leur condamnation semble l'écho d’un mot d’ordre. Enfin, en 1909, le Courrier Européen publie, dans un but évidemment hostile aux Sociétés, des rapports des fonctionnaires du Congo.

Nous avons vu déjà combien cette campagne menée contre nos Sociétés était peu justifiée : les arguments juridiques ne résistent pas à un examen sérieux; quant aux faits, ils apportent un démenti formel aux assertions des détracteurs du régime. Certes, il eût été extraordinaire que son application se soit faite sans erreurs et sans fautes de la part des Sociétés; mais il ne fallait rien généraliser et ne pas faire du principe concessionnaire la cause initiale de ces abus que M. Challaye a relevés et énumérés si consciencieusement.

Dès 1904, les efforts des Sociétés concessionnaires tendaient indubitablement vers une mise en valeur judicieuse du sol; malheureusement, elles n’y avaient pas entièrement réussi, mais il n’est pas exagéré de dire que la plupart avaient fait de leur mieux.

À la suite de sérieuses recherches, l'irch (funlumia elastica) avait été reconnu comme l'essence pouvant donner les meilleurs résultats dans nos

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