CHAPITRE VII
travail des noirs congolais (1). Enfin, cette maind'œuvre s’est considérablement améliorée; c’est ce que constate M. Poulet, gouverneur général par intérim, dans son discours d'ouverture du Conseil du gouvernement de l'A. E. F. à sa session de novembre
Ainsi les indigènes participent d’une façon directe à la prospérité économique de notre Afrique équatoriale; il n’est pas jusqu’à la métropole qui n’y soit aussi intéressée : en effet, les importations de France ont passé de 1.125.000 francs en 1892 à 7.670.000 francs en 1911, accusant un progrès de 700 0/0 environ, alors qu’en 1892 elles ne représentaient que 33 0/0 de l'importation totale, en 1911 elles en représentaient 52 0/0. II en est ainsi des exportations : en 1892, 350.000 francs de produits locaux étaient dirigés sur la métropole; en 1911, 14.096.000 francs,
(1) M. Merlin, dans son discours déjà cité, s'exprime ainsi : « La production (dans l’Oubangui-Chari) augmente rapidement. Dans la région de Fort-Sibut, où le caoutchouc abonde, le commerce devient de plus en plus actif sur la route de Bangui à Fort-Sibut et à Fort-Possel, où toutes les transactions se font maintenant en numéraire. C’est là un progrès à noter et qui témoigne bien que partout où l’argent circule le commerce prospère. »
Un peu plus loin il remarque que dans la vaste région de la Likouala-Mossaka, l'impôt de capitation est recouvré en argent, (Influence de la Compagnie française du Haut- Congo.)
soit 40 fois plus environ. C’est donc le commerce français qui a bénéficié d’une façon prépondérante des progrès réalisés.
Toutes ces constatations sont favorables au régime concessionnaire; il aurait donc fallu le soutenir et le protéger tout en corrigeant les imperfections que l’expérience nous laissait entrevoir. Gagné par ses adversaires, le gouvernement ne fit rien en ce sens et se montra neftement hostile aux Sociétés, favorable au commerce libre. Il ne fallait cependant pas recourir au rachat d’office qui aurait coûté très cher, d’autre part la déchéance était une arme trop lourde à manier et son usage aurait peut-être été imprudent. Aussi eut-on recours au moyen terme déjà proposé par M. Caillaux en 1906 au Ministre des Colonies : c’est celui du cantonnement ; sachant les sentiments peu bienveillants que le gouvernement professait à leur endroit, les Sociétés ne pouvaient s’y refuser.