CHAPITRE IX
toire que l’on attribuait aux exactions de ses agents (1); quant aux trois autres Sociétés, elles n'avaient connu que des déboires.
Ces huit Sociétés signaient, le 25 février 1908, une convention qui se proposait de « mettre un terme aux difficultés qui naissent chaque jour et qui pourraient s’aggraver dans l'exploitation de leurs territoires limitrophes et d'arriver à une exploitation plus rationnelle, moins onéreuse tant par la réduction des frais généraux que par la fixation de tout ce qui peut être nécessaire au fonctionnement des services d'Afrique ».
D’après l’article 1° de cette convention, chaque Société conservait son autonomie complète, financière et administrative, le siège social de son choix et son conseil d'administration; l’article 2 consacrait l'exploitation collective des territoires concédés à chaque Société pour ce qui est du caoutchouc, de l'ivoire, des produits forestiers et des opérations qui s’y rattachent. j
Cette exploitation en commun donna dès les débuts de si heureux résultats que les Sociétés de la combinaison qui étaient en mauvaise posture pu-
(4) L'enquête ne révèle rien contre les agents de la M’Poko, les seuls crimes qui aient été déférés aux tribunaux
du Congo était imputables à des employés de lAdministration,
rent amortir la majeure partie de leurs pertes; en 1910 vinrent s’adjoindre au premier groupement deux nouvelles Sociétés peu prospères : l'Ibenga et le Baniembé ; enfin, une onzième Société, la Compagnie des Produits de la Sangha, tout en gardant son existence propre, lui rétrocéda une partie de sa concession. C’étaient 17 millions d’hectares que le Consortium avait à exploiter.
Ce groupement des Sociétés était, quoiqu’on ait prétendu le contraire, légal, puisque les Sociétés adhérentes au Consortium gardaient leur autonomie; seulement le jeu des actes organiques de 1899 se trouvait modifié du fait de deux comptabilités, la comptabilité en commun et la comptabilité particulière à chaque Société. Comment fallait-il caleuler les bénéfices pour prélever les 15 0/0 qui revenaient au budget local? Le département des Coloniés, estimant qu’il aurait dû au moins être averti, saisit de la question le Comité du contentieux; celui-ci décida que l'intervention ministérielle était nécessaire : on aboutit ainsi à une convention passée entre le Ministre des Colonies et la Haute-Sangha le 13 juin 1910 et à un avenant en date du 31 janvier 1911; les autres Sociétés groupées dans la forestière signèrent chacune une convention analogue le même jour.
Les Sociétés font abandon des concessions accordées en 1899 ainsi que de tous les droits et avanta-