‹ Les Grandes Concessions: Au Congo FrançaisChapitre 7 sur 89 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

la vendre à grand bénéfice dans les villages de l’intérieur; en échange ils apportent quelque temps après, une très bonne huile de palme, de l’ivoire, du bois d’ébène ou de santal, du caoutchouc, de la gomme copal, un peu de café grossièrement préparé. Ce commerce, qui peut être évalué à 4 millions et qui est entièrement libre, est pratiqué beaucoup plus par les Anglais et les Allemands que par les Français. »

Puis s’enhardissant, ces Anglais, ces Allemands et quelques Hollandais établirent des factoreries dans la région côtière, au Gabon, pays d’un accès vaste et facile, délaissant complètement les régions de Pintérieur. Là, recourant toujours au procédé de la traite, ils se procuraient les produits naturels du pays sans se soucier de l’avenir et gaspillaient les richesses de la colonie. Un jugement du tribunal de Libreville, en date du 11 janvier 1902, constate que « les lianes à caoutchouc ont disparu près de la côte et au voisinage des grandes rivières »; de plus, c’étaient les pays de ces commerçants pour la plupart étrangers qui tiraient tous les bénéfices de ce petit mouvement commercial qu’ils alimentaient eux-mêmes. Ainsi les deux tiers des marchandises importées venaient de l’étranger et quatre cinquièmes des marchandises exportées étaient dirigées vers des ports étrangers. Ce mouvement commercial était d’ailleurs stationnaire, le même en 1898 qu’en 1894,

Donc, nos rivaux économiques profitaient, presque exclusivement, des dépenses françaises. Le budget de la colonie ne suffisant pas à ses besoins, la métropole devait lui venir en aide. Naturellement, il y eut des protestaions au Parlement; les rapporteurs du budget s’en mêlèrent et on commença d’agiter la question de l’exploitation méthodique des richesses naturelles du Congo français.

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